Plaque en terre cuite émaillée
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| Ciao bella ! |
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Vous connaissiez Sigismond Malatesta, voici son épouse Isotta, troisième du nom,
dont le profil serait l’oeuvre de Luca della Robbia et Agostino di Duccio. Présentations.
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Estimation : 15 000/20 000 €.
Fin XVe siècle,
Luca della Robbia (1400-1482)
et Agostino di Duccio (1418-1481).
Plaque en terre cuite émaillée ornée du profil
en bas-relief d’Isotta
Malatesta, 40,5 x 35 cm.
Mardi 30 juin 2009, espace Tajan,
17 h. Tajan SVV. MM. Lefebvre.
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Le conditionnel s’impose quant aux auteurs de notre portrait, Luca della Robbia et Agostino di Duccio n’ayant pas, selon l’usage à l’époque, signé leur travail. Mais, les figures blanches se détachant sur le fond bleu sont facilement attribuables au premier, et l’on sait que le second travailla à la décoration intérieure du Temple Malatesta à Rimini. Formé auprès de Donatello et de Michelozzo, Duccio, architecte et sculpteur, travaille à Modène, à Pérouse on lui doit la façade de Saint-Bernardin , et à Florence, sa ville natale, où il laisse une madone en marbre au Bargello. Autre destin que celui de Luca della Robbia. Issu d’une famille de lainiers florentins, il commence par une brillante carrière d’orfèvre avant de mettre au point, dans les années 1450, la technique de la sculpture en terre cuite émaillée (terra cotta invetriata).
Sa grande réussite, poursuivie par ses neveux et petits-neveux, Andrea et Giovanni ? Avoir associé à la pratique de la terre cuite modelée, bien établie à Florence, les acquis de la majolique, c’est-à-dire l’utilisation de l’émail. Les scènes se lisent clairement, les coûts de production sont raisonnables, la matière résiste aux intempéries. Quant à la parfaite maîtrise du modelage de la terre par les della Robbia, elle leur permet de passer au four des pièces de grandes dimensions. C’est le succès ! Aux premières réalisations blanches sur fond bleu, voire monochromes blanc, qui rivalisent avec les reliefs de marbre polis et luisants, succède, dans les années 1470-1480, une palette aux couleurs de plus en plus vives.
D’abord spécialisé dans les blasons, l’atelier reçoit bientôt la commande de nombreux retables, reliefs, statues, tabernacles, fonts baptismaux, bustes ou groupes, et autres pavements pour des décors architecturaux... Comme les vitraux, les reliefs en terre cuite émaillée doivent attirer et guider le chrétien vers une dévotion et une recherche spirituelle riches de sens. Mais, si la production des della Robbia fut abondante, elle fut aussi anéantie pour une bonne partie. Difficile, donc, de dresser le catalogue raisonné de l’oeuvre, la créativité des six artistes de la famille s’étalant sur trois générations, les pièces ayant été parfois réalisées à plusieurs mains, parfois même avec l’intervention d’artistes extérieurs au groupe familial. Mieux vaut donc parler d’«atelier des della Robbia»... Une fabrique qui sera évincée dans les années 1525, la peste n’ayant pas épargné la famille et, surtout, le «secret» de fabrication ayant été divulgué par l’une des femmes, paraît-il. La gent féminine est ici dignement représentée par le profil d’Isotta degli Atti, dernière épouse de Sigismond Malatesta (1417-1468), seigneur de Rimini.
Comme son mari et d’autres membres de la célèbre famille de podestats, qui gouvernèrent la ville de la fin du XIIIe au début du XVIe siècle, Isotta repose dans le célèbre mausolée transformé par Alberti, le Temple Malatesta. Notre plaque pourrait provenir de l’une des chapelles funéraires de ce monument de la Renaissance italienne. En haut à droite, figure le cimier du blason des Malatesta, où l’on reconnaît un éléphant, symbole de férocité... Rien d’étonnant quand on sait que Sigismond, surnommé «Le loup de Rimini», fut célèbre tant pour sa grande culture que pour ses talents militaires, mais aussi pour ses trahisons et ses provocations envers les moeurs de l’époque. Une vie qui a pu inspirer Dante et Montherlant...
Tout le monde ne peut en dire autant. |
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| Claire Papon |
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