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| Une icône Saint Laurent |
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Le couturier nous a définitivement fait ses adieux, mais la légende se perpétue
à travers certains vêtements mythiques. Au défilé, la saharienne.
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Estimation : 700/800 euros.
Saint Laurent Rive Gauche, 1969.
Saharienne en gabardine beige.
Paris, Lundi 30 juin 2008, salle 10 - Drouot-Richelieu.
Lasseron & Associés SVV. Mme Daniel.
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En juillet 1968, Vogue publie une série de photos de Veruschka.
ne image se voit tout particulièrement remarquée des lecteurs. La sculpturale comtesse devenue mannequin regarde droit le spectateur, un fusil sur les épaules, légèrement déhanchée. Bien sûr, elle est fort attrayante, belle et sexy, mais ce qui a frappé les esprits, c’est la sorte du tunique qu’elle porte, lacée, ceinturée de gros anneaux.
Bref, la saharienne revisitée par Yves Saint Laurent, une commande spéciale du magazine pour son mannequin fétiche à l’époque. Certains détails étaient apparus dans les collections de 1967. Les quatre poches plaquées par exemple, sur des vestes printemps-été dont une découpe forme ceinture, et sur des robes tuniques de l’automne-hiver. La ceinture à anneaux a aussi été repérée en plus petit toutefois. Elle agrémentait une veste de la collection hivernale «bambara», d’inspiration africaine dans ses matières des fibres aux toiles coloniales , mais aussi dans ses couleurs. Des gammes neutres d’ocre, de brun, de noir et de blanc, soulignées de quelques explosions de couleur dont les Africains ont le secret, un rouge côtoyant un orange ou un rose alors impensable en France. Un souvenir d’enfance en Algérie ressuscité et magnifié par le Maroc Yves Saint Laurent et Pierre Bergé ont acheté une maison à Marrakech. Le laçage apparaît dès les collections du printemps de l’année suivante. "Cette élégante robe dont la large ceinture se ferme sur le côté par un laçage qu’on note très souvent dans la collection printanière de ce jeune et grand couturier", relève L’Officiel de la mode en 1968. En quelques grammes de toile kaki, Saint Laurent donne une véritable leçon d’élégance : un vêtement qui épouse les formes tout en laissant le corps libre, une ligne pure qui architecture la silhouette. Les élégantes libérées de cette fin des années 60 voient tout de suite le parti à en tirer. Sur un pantalon celui que Saint Laurent a proposé aux femmes, portable du matin jusqu’au soir, en tweed, coton, soie, grain de poudre pour le fameux «smoking» (1966) ou sur une jupe fleurie, façon hippie chic. Ou encore sur rien du tout, avec des cuissardes pour accentuer la sensualité mystérieuse et androgyne. Lorsque la saharienne est proposée en prêt-à-porter, au printemps 1969 dans les boutiques Saint Laurent Rive Gauche, elle est achetée aussi bien par les hommes que par les femmes. Version haute couture, le laçage est remplacé par un boutonnage et elle est dotée d’un pantalon. Sur une photo d’Helmut Newton de 1969, Yves Saint Laurent et sa soeur Brigitte portent tous deux cette version, Betty Catroux, à leurs côtés, ayant endossé le modèle prêt-à-porter. La saharienne devient un des éléments indispensables dans la garde-robe Saint Laurent, aux côtés des tailleurs pantalons, du smoking et de la robe Mondrian. Ces indémodables font partie de son célèbre style, "un classicisme qui est sans époque et de notre époque" selon le couturier, qui se veut avant tout "artisan, fabricant de bonheur". Ainsi reprend-il à travers diverses collections cette saharienne, la transformant par exemple en robe pour le défilé printemps-été 1990. Accessoires, bijoux, foulards, ceintures et chapeaux (la signature d’une tenue) suffisent bien souvent à personnaliser ses modèles.
Yves Saint Laurent confiait en janvier 2002 : "Je suis très fier que les femmes du monde entier portent des pantalons, des smokings [...] Je me dis que j’ai créé la garde-robe de la femme contemporaine, que j’ai participé à la transformation de mon époque." |
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| Anne Foster |
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