Coup de coeur - Un paysage d'Hubert Robert
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| Hubert Robert voyageur de l’imaginaire |
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Les paysages animés de ruines d’Hubert Robert ne manquent pas.
Plus rares en revanche sont ses oeuvres inspirées de l’Égypte. Focus sur l’une d’elles.
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Adjugé : 87 000 € .
Hubert Robert (1733-1808),
Paysage animé à l’obélisque cassé et trois pyramides,
huile sur toile, 114,5 x 82,5 cm.
Vendredi 30 juin 2006, salle 5-6.
Jean-Marc Delvaux SVV. M. Millet.
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Les pyramides du plateau de Gizeh - Khéphren, Mykérinos et Khéops - constituent la dernière
des Sept Merveilles du monde. Celle-ci est la plus haute jamais construite. Mais ses 146 mètres se sont réduits à 139. Prélèvements, érosion, sable et pollution sont passés par là. Considérant le site comme une carrière bon marché, certains entrepreneurs y ont même fait leur marché, réduisant ses bases d’environ 3 mètres. Autre effet du temps, ou de la main de l’homme : la disparition du parement de calcaire blanc qui habillait sa partie supérieure et sa pointe enduite d’électrum (un composite d’or et d’argent), visibles à plusieurs dizaines de kilomètres.
Hubert Robert a-t-il fait le voyage en Égypte ? Pas que l’on sache, mais cela ne l’empêche en rien
de réaliser des tableaux sur ce thème. L’homme visite la France, notamment la Normandie et la Provence, et, surtout, parcourt l’Italie durant près de onze ans.
Il y est emmené en 1754 par l’ambassadeur de France, le comte de Stainville (futur duc de Choiseul), et en rapporte le sujet de nombreux dessins et tableaux. Grottes, ruines, fontaines et autres sites enchanteurs de la péninsule, qu’ils soient réels ou le fruit de son imagination, n’ont plus de secrets pour lui... Et puis, bien qu’il n’ait jamais mis les pieds à Athènes ni à Tsarskoïe Selo, il laisse des vues du Parthénon et de la petite ville des environs de Saint-Pétersbourg, résidence d’été des tsars. Pour Hubert Robert, il suffit d’imaginer le voyage pour qu’il devienne réalité... Si l’Égypte a toujours été une source d’inspiration pour l’Occident, notamment à travers ses monuments, elle devient au siècle des lumières l’objet de nombreuses représentations fantaisistes. Après Nicolas Poussin et son Moïse sauvé des eaux, mettant en scène un sphinx, une pyramide et des palmiers dans la campagne romaine, Hubert Robert donne, avec cette danse autour des monuments égyptiens une version toute personnelle, fantasmatique et rêvée. Un tableau proche de celui-ci, appartenant d’ailleurs au musée des Beaux-Arts de Montréal, montre deux farandoles de jeunes femmes sur fond de pyramides et d’obélisque cassé. Au cours de la campagne d’Égypte de 1798, époque de ces tableaux, Dominique Vivant Denon et la commission des Sciences et des Arts mesurent et dessinent les monuments du pays, en vue de La Description de l’Égypte. Les ouvrages paraissent en 1802, qui permettent aux Européens de découvrir la richesse et la beauté des édifices. Hubert Robert a-t-il eu les précieux livres entre les mains ? Pas sûr, à voir cette vision de l’Égypte, certes séduisante, mais pas forcément réaliste... Quant à Napoléon, il calculera que les pierres ayant servi à la construction de la pyramide de Khéops auraient permis d’édifier un mur de trois mètres de haut le long des frontières terrestres de la France. Mieux vaut ne pas penser à ce qu’il aurait imaginé bâtir avec le colosse de Rhodes, le phare d’Alexandrie ou la statue de Zeus à Olympie ! |
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| Claire Papon |
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