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| C’est tout naturel !
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S’il est une fabrique française qui s’est taillée une solide réputation pour les pièces
en trompe-l’oeil, c’est bien Strasbourg. La preuve par l’image. |
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| Aussi agressif que courageux, le sanglier ne craint nullement de se confronter à un adversaire, quel qu’il soit. L’orateur romain Elien prétendait toutefois qu’on l’attirait et l’ensorcelait au son de la flûte. Peut-on imaginer suggérer cela à un chasseur ? Quant au gastéropode qui transporte sa maison sur le dos, sa lenteur proverbiale lui vaut d’être le symbole de la paresse, mais aussi celui de la patience, pour tout le temps qu’il passe enfermé dans sa coquille à attendre le printemps. Difficile de trouver un point commun entre le quadrupède à poil dur et l’escargot... Tous deux eurent toutefois les faveurs de la fabrique de Paul Hannong, à Strasbourg, entre 1748 et 1754. À la fin du XVIIe siècle, l’introduction de nouveaux mets, comme le ragoût de viande, s’accompagne de récipients. Forcément. Terrines et pots à oille permettent de garder au chaud, participant aussi au décor de la table par la richesse de leur ornementation. Les orfèvres rivalisent déjà d’imagination en la matière ? Qu’à cela ne tienne, les céramistes en feront autant. Paul Hannong, à la tête en 1732 de la manufacture fondée en 1721 à Strasbourg par son père, Charles-François, se révèle un céramiste de talent doublé d’un homme d’affaires avisé. Pendant les vingt-huit années de sa direction, il ne cessera d’innover, créant notamment, vers 1750, la première porcelaine dure française, introduisant dès les années 1740 la polychromie, s’entourant de peintres, modeleurs et même de chimistes particulièrement talentueux. La fin justifiant souvent les moyens, Hannong n’hésite pas à débaucher de la manufacture de Meissen des artistes comme Chrétien-Guillaume de Löwenfinck, son frère Adam-Frédéric et son épouse, Jean-Gottlieb Roth ou Jean-Jacob Ringler. Sans oublier Jean-Guillaume Lanz. |
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Adjugé 225 000 euros
Strasbourg, vers 1750-1754. Terrine en forme de hure de sanglier,
avec son présentoir orné de glands, feuillages, libellules, papillons et sauterelles. 46 x 41,5 x 29,5 cm (sanglier), 59 x 50 cm (plateau). Estimation : 60 000/80 000 euros.
Mercredi 30 mars 2011, salle 10 - Drouot-Richelieu. Fraysse & Associés SVV. M. Vandermeersch. |
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| L’époque est à l’exubérance, dans la forme comme dans le décor. Côté couleurs aussi. La cuisson au petit feu, où les pièces déjà cuites passent une seconde fois au four, autorise toutes les audaces, ou presque. Le catalogue s’étoffe de pièces de forme utilitaires ou purement décoratives, tels les personnages de la comédie italienne, les chinois allégories des saisons ou des quatre parties du monde, bergers et bergères, musiciens, chasseurs... Ces derniers sont nombreux dans cette région de forêt, comme en Allemagne voisine, à aimer traquer le gibier à poil ou à plume, mais aussi le déguster. Plaisir des papilles, mais aussi des yeux quand apparaissent sur les tables ces schaugerichten (objets à montrer) inspirés des porcelaines de Meissen. Étonnants trompe-l’oeil, radis, fraises, truites, quartiers d’oeufs et autres cerneaux de noix sont disposés sur des assiettes ou des raviers. Les boîtes et bonbonnières, elles, affectent volontiers la forme du melon, de grappe de raisin, orange, pomme, pêche... Plus spectaculaires encore sont les terrines. Posées pour certaines sur le plateau assorti, elles semblent une parfaite reproduction de la nature. Dindons, oies, canards, coqs de bruyère, hures de sangliers, jambons à l’os, choux et salades sont rarement signés, mais illustrent à merveille l’apogée de la fabrique de Paul Hannong, même si ces sujets lui reviennent cher. Quand il y a de la gêne, il n’y a pas de plaisir... |
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Non vendu
Strasbourg, vers 1750-1754. Paire de boîtes en forme d’escargots
rampant sur un tertre herbeux. 12 x 18 cm.
Mercredi 30 mars 2011, salle 10 - Drouot-Richelieu. Fraysse & Associés SVV. M. Vandermeersch. |
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| La Gazette Drouot N°12 - 25 mars 2011 - Claire Papon |
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