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| Les ailes du désir |
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Une vente célébrant 200 ans de légende aéronautique fait la part belle aux machines imaginées par Marcel Dassault, un ingénieur doublé d’un homme d’affaires visionnaire.
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Estimation : 3 200/3 500 euros.
Avions Marcel Dassault. Album de 102 tirages argentiques, Flamant 315, Ouragan 450, Mystère IV, Mirage III, Falcon 10, 30, etc., et intérieurs des usines Dassault. 36 x 51 cm.
Vendredi 29 octobre 2010,
Hôtel Marcel-Dassault. Artcurial Briest - Poulain - F. Tajan SVV. M. Molveau. |
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Un mirage sur les champs-elysées ? Non, vous ne rêvez pas ! Il trône derrière les grilles noir et or de l’hôtel Marcel-Dassault, sis place Marcel-Dassault. Quoi de plus normal, pour un avion signé Dassault... Diantre, le marquis de Barbentane n’habite-t-il pas le château de Barbentane à Barbentane ?
À l’époque moderne, les lettres de noblesses ne s’acquièrent plus au fil de l’épée, mais dans la haute finance ou l’industrie. Deux événements décisifs sont à l’origine de la vocation de Marcel Dassault, né Bloch (1892-1986). Déporté à Buchenwald, il changera en effet de nom après la Seconde Guerre mondiale, choisissant le pseudonyme de résistant de son frère, le général Paul Bloch. Auparavant, le 18 octobre 1909, le jeune Marcel aperçoit pour la première fois un avion doubler la Tour Eiffel, une vision digne d’un tableau de Robert Delaunay : il s’agit du Wright Flyer du comte de Lambert, intrépide pionnier formé par Wilbur Wright en personne. Après l’école d’électricité Breguet, le jeune homme intègre l’école supérieure d’aéronautique, dont il sort diplômé en 1913. Il entre alors au laboratoire d’aéronautique de Chalais-Meudon, où il coordonne notamment la fabrication du Caudron G3. Ayant constaté le médiocre rendement de l’hélice de l’appareil, il en met aussitôt une au point, qu’il baptise Eclair et dont le succès sera aussi vif.
L’armistice vient abréger l’aventure de son premier avion et décider d’une nouvelle orientation professionnelle, dans l’immobilier. Le pas symbolique que constitue la traversée de l’Atlantique par Charles Lindbergh, en mai 1927, entraîne son retour à l’aéronautique. Dès l’année suivante, il fonde la Société des avions Marcel Bloch, à qui le ministère de l’Air, tout juste créé, commande un trimoteur postal. Jusqu’en 1940, son entreprise imagine plus d’une vingtaine d’appareils, aussi bien civils que militaires, tous désignés par ses initiales suivies d’un nombre. Si le nom de Bloch s’attache à la propulsion par hélice, celui de Dassault incarnera celle à réaction. Dès 1945, l’industriel relance en effet ses activités aéronautiques notamment avec le bimoteur de liaison militaire Flamant et participe au concours d’avions de chasse d’interception lancé par le ministère de l’Air. En dix-huit mois, ses équipes concrétisent le premier avion à réaction de conception nationale pour l’armée de l’Air française. L’Ouragan prend son envol en 1949 et permet à la France d’exporter en 1953 des avions de combat, pour la première fois depuis les années folles. Suit la série des Mystère (1951), qui permet la mise au point des commandes hydrauliques et le passage du mur du son, en 1953. Après 1957, la grande famille des Mirage s’élève au firmament à la vitesse de croisière Mach 2.
Les Mirage III, 5 et 50 ont suscité plus de quatre-vingts versions différentes, vendues à vingt-et-un pays. Ces succès s’expliquent par l’audace des choix techniques et industriels de Marcel Dassault. Faisant fi des desiderata des états-majors français, l’entreprise développe rapidement sur ses propres fonds des projets plus adaptés aux réalités techniques et commerciales ; ainsi sont par exemple nés les Mirage III, F1 ou 2000. On n’hésite pas non plus à développer de nouvelles filières, comme celle consacrée à l’électronique, née en 1954 à l’occasion de la mise au point d’un radar aéroporté. Cette même année, est lancé un projet de biréacteur d’affaires basé sur l’expérience acquise avec les avions de chasse. Il va donner naissance à la série des Falcon, qui permet aujourd’hui à Dassault d’être leader mondial de l’aviation d’affaires haut de gamme. Vous avez dit visionnaire ? |
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| Sylvain Alliod |
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