La Gazette Drouot
Coup de coeur - Manuscrit
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Sur les traces de Champollion
L’égyptologue Serge Sauneron s’est aussi attelé à comprendre les nuances des hiéroglyphes, ce "sceau mis sur les lèvres du désert". Décryptage.
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Adjugé 550 € prix marteau,
avec un ensemble de 45 ouvrages de Serge Sauneron.
Manuscrit moderne contenant des transcriptions de textes égyptiens (détail d’une page).
Paris, vendredi 29 février 2008, salle 11.
Drouot Estimations SVV. M. Nicolas.

Année 1824. En déchiffrant les hiéroglyphes, Champollion bouleversait les connaissances archéologiques. Quelque cent ans plus tard, après avoir trouvé en novembre 1922 l’escalier menant à la sépulture intacte, Howard Carter livrait au monde les trésors de la tombe de Toutankhamon. L’égyptomania était bel et bien lancée, qui ne se démentira plus. Né en 1927, Serge Sauneron est séduit par cette civilisation et décide de suivre les traces indiquées par Champollion dans son discours inaugural au Collège de France : « Les innombrables produits de l’art égyptien arrivés jusqu’à nous à travers les injures du temps [...] sont tous, en effet, à très peu d’exceptions près, accompagnés d’inscriptions plus ou moins étendues, relatives à leur destination et précisant soit le motif, soit l’époque de leur exécution [...] C’est principalement au domaine de ces deux sciences réunies, l’archéologie et la philologie qu’appartiennent, par leur propre essence si l’on peut s’exprimer ainsi, les monuments de la vieille Égypte». Fasciné par ces signes – les hiéroglyphes ne sont-ils pas, conformément à l’origine grecque du mot, des caractères sacrés ? – Serge Sauneron n’a de cesse d’en pénétrer les moindres nuances. Une véritable aventure...

En effet, cette écriture – medou-netjer, "parole divine" selon les Égyptiens eux-mêmes – mêle allégrement idéogrammes, signes consonantiques (unilitères, bilitères et trilitères) et déterminants. Elle connaît aussi trois types de calligraphie. Les hiéroglyphes proprement dits, le plus souvent gravés, sont utilisés pour les textes religieux ou officiels, les formules funéraires. La hiératique, de forme cursive, est réservée aux documents administratifs ou privés, la démotique se révélant une simplification extrême de cette dernière. "C’est un système complexe, écrit Champollion, une écriture tout à la fois figurative, symbolique et phonétique dans un même texte, une même phrase, je dirais presque dans un même mot." De plus, au fil du temps des signes étaient inventés, pour transcrire des sons et mots nouveaux. Ainsi, de quelque sept cents hiéroglyphes utilisés dans l’Ancien et le Nouvel Empire, on en dénombre à l’époque gréco-romaine environ six mille. Les signes déterminants (humains, divinités, animaux, plantes, etc.), caractères muets, sont employés au sens propre comme au figuré, servent à indiquer le sens, les homographies étant très courantes dans une écriture sans indication de voyelles. D’autres signes indiquent le féminin ou le pluriel. Pour compliquer le tout, le scribe peut changer à sa convenance la place du mot, pour des raisons esthétiques ou de bienséance. Assurément, la lecture des hiéroglyphes est un exercice ardu. Mais les objets ont tant de secrets à livrer...
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Adjugé 520 euros,
Carl Werner "le Nil.24 aquarelles d'après nature"
Paris, A. Lévy, 1882

Drouot Estimations SVV. M. Nicolas.

Anne Foster
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