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| Sous protection ducale
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À l’époque Louis XVI, la manufacture de Dihl et Guérhard a pu concurrencer Sèvres,
grâce au patronage du duc d’Angoulême. Les belles heures d’une production raffinée. |
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Cette pendule ne devrait pas laisser de marbre les amateurs, les raffinements horlogers dont elle dispose étant de solides atouts, tout comme le biscuit qui la compose. En effet, si pour la mesure du temps le bronze constitue le matériau le plus souvent utilisé au XVIIIe siècle, à partir de la période néoclassique il cède du terrain au marbre, au biscuit, à la porcelaine et, plus rarement, à la terre cuite ou même à l’ivoire. Quelle couleur mieux que le blanc peut exprimer les "noble simplicité et calme grandeu" du modèle antique ? Dans son ouvrage de référence sur la faïence et la porcelaine de Paris aux XVIIIe et XIXe siècles (éd. Faton), Régine de Plinval de Guillebon souligne que «Guérhard et Dihl ont atteint la perfection dans le genre difficile de la simplicité». Or, ces deux noms se cachent derrière la manufacture du duc d’Angoulême, qui a produit notre pendule. En 1780, un an avant de s’associer avec les époux Guérhard, Christophe Dihl était déjà signalé comme fournisseur de bustes et de figures en biscuit. Cinq ans plus tard, la mode de cette pâte de porcelaine non émaillée bat son plein et la jeune manufacture emploie une douzaine de sculpteurs, qui s’acharnent à produire les figures immaculées destinées à l’ornement de la table ou, plus généralement, des intérieurs. Les modèles, eux, étaient souvent dus à Lemire. La manufacture excelle aussi bien dans la production de pièces non émaillées que recouvertes de la précieuse substance vitreuse. Le Musée national de la céramique, à Sèvres, conserve une plaque peinte en 1797 du portrait de Dihl, face à son bureau avec sa palette de couleurs, mais aussi un grand biscuit représentant un enfant lisant, une élégante tasse à cols de cygne et un vase décoré en trompe l’oeil par Sauvage, sur un fond agate au grand feu. Un véritable plaidoyer du savoir-faire de la manufacture, qui, après la Révolution, adopte l’appellation "Dihl et Guérhard". Tout simplement la concurrente directe de Sèvres par la qualité de ses productions, la dépassant même occasionnellement par son volume de ventes. |
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Estimation : 30 000/40 000 euros
Fin de l’époque Louis XVI, Paris, manufacture du duc d’Angoulême.
Pendule en biscuit naturel
et partiellement émaillé, ornée de bronzes dorés, grisailles à la manière de Piat-Joseph Sauvage, 48 x 48 x 13 cm
Lundi 28 novembre, salle 1 – Drouot Richelieu. Rieunier & Associés, M. Rieunier. |
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Dès 1782, la duchesse de Bourbon et son amie, la baronne d’Oberkirch, fréquentent la rue de Bondi, où son installés les ateliers. Ceux-ci prendront leurs aises, en 1789, dans le splendide hôtel particulier du financier Bergeret, rue du Temple. C’est là que le gouverneur Morris, représentant les tout jeunes États-Unis d’Amérique, achète des porcelaines pour George Washington, notant dans son journal : "Nous trouvons la porcelaine ici plus élégante et meilleur marché qu’à Sèvres"... À la fin de l’Ancien Régime, la concurrence atteint son paroxysme – et la manufacture royale fait feu de tout bois pour défendre ses privilèges. Un subterfuge consiste à placer les manufactures parisiennes sous la protection d’un haut personnage, fût-il enfant. Ainsi, le duc d’Angoulême a six ans lorsqu’il accorde, en 1781, sa protection à Dihl et aux Guérhard ! De leur côté, nos jeunes allégories de la peinture et la littérature surveillent un cadran au mécanisme hautement raffiné, battant la demi-seconde et affichant la date, les jours de la semaine, leur symbolique ainsi que leur correspondance planétaire. Si aucune signature ne permet d’identifier le concepteur de cette horlogerie, cette dernière a fait l’objet d’un entretien soigné, le premier ressort étant de Monymot, à la date de 1820, le deuxième de Juldrieu en 1832. Pour durer dans le temps... |
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| La Gazette Drouot N°41 - 25 novembre 2011 - Sylvain Alliod |
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