La Gazette Drouot
Coup de coeur - Souvenirs du Concorde
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Une vente supersonique
L’ultime chance d’acquérir un souvenir du “bel oiseau blanc” sera bientôt offerte
aux nostalgiques du Concorde. Un millier de pièces pour un dernier envol...

Adjugé 23 935 € frais compris.
Horizon de vol, 4 kg.
Toulouse, halle aux grains, du vendredi 28 septembre au lundi 1er octobre 2007.
Maître Labarbe.

Voler à plus de Mach 2.
Tel est le rêve accompli par quelque 1 276 000 passagers du Concorde, durant ses trente-quatre années d’existence.
Malgré l’échec commercial, le nom de Concorde demeure ancré dans l’esprit de chacun, comme une idéale vision.
Le “bel oiseau blanc” n’a pas encore trouvé son égal, ses fans le savent bien. Aussi seront-ils nombreux à assister à cette vente toulousaine, qui se déroulera du 28 septembre au 1er octobre prochains. On y dispersera 835 lots de pièces de rechange. Certifiées d’origine, elles servaient à remplacer ou réparer des pièces défectueuses ; certaines ont donc volé ! Parfois accompagnées de leur caisse ou emballage d’origine, toutes seront pourvues d’un écorché de 70 x 22 cm, sous conditionnement, indiquant leur localisation sur l’appareil. Autre bonne nouvelle : pas de prix de réserve et les estimations s’échelonnent de 20 à 3 000 euros. Après la vente organisée par Air France à Paris en 2003 (Christie’s), où 212 pièces avaient totalisé 3,2 Meuros, le rendez-vous toulousain fait donc figure de dernière chance pour s’approprier un souvenir tangible. Au plus haut des enchères pourrait se tenir un train avant de l’appareil. Affichant à la pesée 1,2 tonne, il sera présent dans la salle... sur grand écran. Parmi les autres pièces, citons pêle-mêle machmètres, altimètres, élevons, casques d’équipage, horizons de vol, mais aussi un four, des assiettes, une porte issue de secours et des toilettes ! Enfin, sachez que le produit de la vente sera en totalité reversé par l’aérothèque, association gérant le patrimoine historique des usines aéronautiques de la ville, à Aeroscopia, parc de découverte aéronautique qui devrait ouvrir ses portes en 2010. Ainsi, la folle aventure débutée en 1947 avec le célèbre vol de Chuck Yeager se perpétuera.
Dépasser le mur du son... L’objectif a fait cogiter bien des chercheurs de par le monde. Grâce aux forces conjuguées de la France et de l’Angleterre, naquit donc, en 1969, le premier avion de transport supersonique. L’entreprise a ouvert la voie à l’industrie aéronautique française et européenne – et donné au monde entier une image moderne de l’Europe. Elle fut à l’origine d’un grand nombre d’innovations, telles que le réacteur Olympus 593, les commandes de vol électriques, le système de freinage Spad ou un nouvel alliage léger. Alors que son concurrent russe, le Tupolev, s’écrasait au Bourget, le Concorde effectuait un exceptionnel vol d’observation de l’éclipse en 1973 et, quelques années plus tard, en 1992, battait le record de vitesse, bouclant son tour du monde en 33,27 h !
Mais, le fameux “bang” bruyant et peu écologique, l’accident de Gonesse en 2000 et le peu de rentabilité causèrent la perte du Concorde. Le voici donc de retour sur la terre qui a vu naître et voler le premier de ses vingt modèles. Sa silhouette gracile, son nez cassé et son aile gothique sont désormais inscrits au panthéon iconographique du XXe siècle. Quant à l’aventure aéronautique, les Français et les Japonais travailleraient à un nouvel avion supersonique. Rendez-vous en 2017 ?
Caroline Legrand
http://www.gazette-drouot.com/static/resultat_vente_encheres/liste.html http://catalogue.gazette-drouot.com/ref/ventes-aux-encheres.jsp