La Gazette Drouot
Les journées marteau, Vues dépliantes à perspective
EN RÉGIONS / Jours de fête

Les «Journées Marteau» seront l’occasion de pousser les portes des salles de ventes... où sont proposés des objets insolites, telles ces vues en perspective. Un coup d’oeil ?

Une visite de l’Exposition universelle de 1867 pour seulement 600/800 euros ! Voici l’un des prodiges auxquels vous assisterez lors des «Journées Marteau». L’événement fêtera les 27, 28 et 29 mars prochains son dixième anniversaire. Rappelons qu’il est organisé sur toute la France par le Symev et vise à promouvoir les ventes aux enchères auprès du grand public. Ce dernier méconnaît en effet bien souvent les salles des ventes et n’ose pas en pousser les portes... à tort ! D’aucuns pensent bien souvent que les €uvres d’art qui y sont vendues sont inabordables, alors qu’en réalité une grande partie des enchères n’excède pas les quelques centaines ou milliers d’euros. La galerie de Chartres en fournit un bel exemple, avec ses nombreuses ventes de petites collections, à l’image des poupées de collection, des voitures miniatures, de la TSF, de la photographie, du cinéma et autres objets de curiosité, telles ces vues dépliantes en perspective. Véritables ancêtres de la photographie et du cinéma, celles-ci sont le résultat des multiples recherches menées depuis la Renaissance sur la perspective. Depuis le traité De pictura d’Alberti, publié en 1436, de nombreux objets ont été inventés pour aider les peintres à visualiser une scène en deux dimensions, notamment la célèbre «chambre noire». Très populaires au XIXe siècle, les vues dépliantes donnaient l’illusion de la perspective au spectateur. Illustrées de gravures, souvent rehaussées à l’aquarelle, elles permettaient de découvrir des lieux et villes célèbres, mais aussi des événements, tranquillement installé dans son fauteuil. On peut ainsi visiter la Cathédrale de Reims (présentée à cette vente à 600/800 euros), partir à la rencontre du Tsar Nicolas II et du président Félix Faure sur les champs Elysées en 1896 (200/300 euros). Voulue par l’empereur Napoléon III, l’Exposition universelle de 1867, la deuxième réalisée à Paris après celle de 1855, devait révéler aux yeux du monde le «nouveau Paris» d’Haussmann. Prêts pour la découverte ? Au premier regard, on aperçoit le bâtiment principal, construit sur le Champ-de-Mars par l’architecte Léopold Hardy et l’ingénieur Jean-Baptiste Krantz, en maçonnerie et en fer. Un dénommé Gustave Eiffel fut d’ailleurs chargé de réaliser une des six galeries thématiques, celle des machines. De forme ovale, ce palais de près de 500 mètres de longueur a été élevé en seulement deux années. Il était entouré de jardins accueillant de petits pavillons... et plus de dix millions de visiteurs, parmi lesquels les rois Léopold II de Belgique, Louis II de Bavière, le tsar Alexandre II, le prince de Galles, l’émir Abd el-Kader, Bismarck ou le prince japonais Tokugawa Akitake. En regardant de plus près nos vues, on découvre par les petites alvéoles des hommes et des femmes évoluant à l’intérieur même du bâtiment, où l’on pouvait admirer un «musée de l’histoire du travail», un «parc égyptien» créé par Auguste Mariette, le premier ascenseur des américains Otis ou encore un scaphandre. Un monde où la photographie en est encore à ses balbutiements... heureusement pour les vues dépliantes en perspective et autres jeux d’optique !

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Vues dépliantes à perspective
Exposition universelle de 1867, Paris, à quatre vues découpées, décor de fond, façade à trois guichets ronds, 22 x 28 cm.

QUAND ?

Samedi 28 mars 2015

OÙ ?
Chartres. Galerie de Chartres SVV

COMBIEN ?
Estimation : 600/800 €

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Détail
La Gazette Drouot n° 11 du vendredi 20 mars 2015 - Caroline Legrand


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