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| Début de règne |
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Ce gracieux bureau de pente d’époque Régence bouleverse l’histoire du mobilier en laque.
Sur les pas d’une technique mystérieuse et fascinante.
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Estimation : 65 000/80 000 euros.
Époque Régence, vers 1710-1720. Bureau de pente en laque de Chine et vernis européen à fond noir, bois de rose et bronze ciselé, 79,5 x 67,5 x 45,5 cm.
Lyon, dimanche 27 juin 2010.
Etienne De Baecque SVV. |
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Il est des secrets difficiles à percer. L’art de la laque fut ainsi l’un des plus importants mystères de l’histoire du mobilier français. Tandis que durant tout le XVIIe siècle les bateaux en provenance d’Extrême-Orient déchargent leurs cargaisons d’objets de curiosité dans les ports de Nantes, Lorient ou d’Amsterdam, les marchands merciers se précipitaient afin de pourvoir aux nombreuses commandes lancées par l’aristocratie française. Tissus, porcelaines, ivoires et meubles intriguent. Sans parler des objets en laque. Nul n’a percé la nature de cet étrange matériau, d’une solidité éprouvée et d’un raffinement certain. La technique sera finalement mise au jour par Athanase Kirchere, puis révélée par Louis Le Comte, qui s’exclame en 1697 : "On s’est trompé quand on a cru que le vernis était une composition et un secret particulier ; c’est une gomme qui dégoute d’un arbre, à peu près comme la résine".
Bien vu ! Mais cette découverte ne résolut pas pour autant le problème des ébénistes. La pratique est complexe, la réalisation, longue et délicate... L’alternative sera simple, il s’agit d’apposer sur des meubles de confection française des panneaux de laques chinoises ou japonaises. Les difficultés ? Ne pas casser ledit panneau et habilement unifier l’ensemble du décor, à l’aide de bronzes ou de vernis européen, parfaits pour masquer les jointures. Objectifs atteints sur notre petit bureau de pente, qui appartient à la toute première génération de meubles plaqués de laques asiatiques. Dès la fin du règne de Louis XIV apparaissent les premières réalisations arborant des décors constitués de petites plaques de laques, au début simplement enchâssées, notamment dans des créations de Pierre Gole. Bientôt, les ébénistes décident d’adopter une technique plus complexe. Prélevés sur des paravents ou des cabinets chinois ou japonais, les panneaux sont fendus dans leur épaisseur, rabotés, puis cintrés sous l’effet de la chaleur avant d’être collés sur le nouveau bâti.
Aujourd’hui encore, cette technique s’avère fort délicate, surtout sur des surfaces galbées. D’aucuns pensent que les laques envoyées en Europe au XVIIIe étaient encore suffisamment souples, puisque récentes, pour être ainsi manipulées. Avec sa fine rosace en ceinture, ses pieds légèrement cambrés et cette apparente simplicité juste rehaussée de discrets bronzes et d’un écran à crémaillère, notre bureau de pente est un bel exemple de création Régence. Peu de modèles similaires sont recensés et un seul est orné d’un décor de laque, celui de la collection du duc de Bauffremont, dispersée à Paris en décembre 2006 (Christie’s).
Notre meuble se présente donc comme l’un des rares témoins d’une production précoce de meubles en laque orientale. Désormais, la date charnière de 1737, celle de la commode réalisée pour Marie Leszczynska par BVRB en laque et vernis, aujourd’hui conservée au musée du Louvre, s’efface résolument devant des créations antérieures.
Art et histoire sont une perpétuelle remise en question... |
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| Caroline Legrand |
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