Coup de coeur - Bureau biedermeier
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| Un Lyonnais à Athènes |
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C’est la rencontre d’un peintre voyageur, d’une impératrice et de la plus ancienne République. Chronique d’une épopée moderne...
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Estimation : 20 000/30 000 euros.
Pierre Bonirote (1811-1891), Pêcheur contant ses aventures, le soir, devant le cap Sounion,
huile sur toile datée 1869, 97,5 x 130 cm.
Lyon, hôtel des ventes de Lyon Presqu’île,
dimanche 27 avril.
Chenu - Scrive - Bérard SVV.
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À la faveur de la redécouverte de l’art antique, suite aux fouilles des sites italiens de Pompéi et Herculanum, certains artistes ne se contentent pas des copies romaines et prospectent la voie classique jusqu’à sa source même, en Grèce. La République, Socrate, Le Parthénon et Platon, l’origine de l’art classique et de la philosophie, le berceau culturel de l’Europe... Mais, en 1821, un autre évènement attire l’attention vers l’Olympe des arts : les Grecs se révoltent contre le joug ottoman. C’est la guerre d’indépendance. Partout, des intellectuels se rallient à la cause, les sociétés philhellènes fleurissent, avec pour chefs de file Chateaubriand, lord Byron et le banquier Jean-Gabriel Eynard, entre autres. Cette guerre marqua les esprits, par sa violence et le courage des Grecs, élevés au rang de héros par les écrivains et peintres romantiques. Enfin, grâce à l’appui des flottes russes, françaises et britanniques, l’indépendance est déclarée en 1830. Alors que se déroulent ces hauts-faits, l’auteur de notre toile, Pierre Bonirote, étudie aux beaux-arts de Lyon, sous la direction de Claude Bonnefond et Pierre Révoil. Ce dernier fut l’un des tout premiers peintres troubadours, a reçu les leçons de David et ne manqua pas de réaliser des oeuvres sur le thème de cette guerre. En 1836, Pierre Bonirote part en Italie. Il y passera trois années durant lesquelles il rencontre notamment, à Rome, Flandrin et Ingres. C‘est d’ailleurs sur la recommandation de ce dernier qu’il est choisi par la duchesse de Parme pour créer une école de peinture en 1840... à Athènes.
"Un peu de vie et d’expression"
Petite précision, non sans importance : sous le nom de duchesse de Parme, on aura reconnu l’ancienne impératrice de France Marie-Louise, qui, depuis 1816, est donc duchesse de Parme et de Plaisance, région sous domination autrichienne. Elle eut à coeur d’y raviver les arts, portant sa préférence vers le néoclassicisme, d’où son intérêt pour la Grèce.
Bonirote sera donc le directeur de cette école pendant trois années, avant de repartir à Lyon où il enseignera à son tour à l’école des beaux-arts.
De son séjour en Grèce, il rapporte de nombreux souvenirs et des tableaux de paysages, monuments ou scènes de la vie quotidienne. Notre tableau s’éloigne résolument du style romantique d’un Delacroix, dont le célèbre Massacre de Scio, conservé au Louvre, décrit l’un des moments les plus dramatiques de la guerre d’indépendance.
Le Lyonnais a choisi de se tourner vers une peinture «orientaliste» du quotidien, plus classique et réaliste. Il s’intéresse ici à un moment de communion réunissant hommes et femmes. Dans son journal, paru dans La Revue du Louvre, il explique qu’il a exposé le tableau à Lyon, en 1862, avant de le retravailler et l’exposer à nouveau, à Paris et à Grenoble en 1870. "Je repris donc dans mon nouvel atelier nos pêcheurs grecs, dont le principal personnage raconte ses aventures, qui, loin d’être gaies, effraient les auditeurs. On aperçoit le cap Sounion dans le fond. J’ai cherché dans ce tableau avec effet du soir à mettre un peu de vie et d’expression sur la physionomie de mes personnages, ainsi que la vérité dans les attitudes. Aurais-je réussi ?".
À vous, aujourd’hui, de le dire... |
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| Caroline Legrand |
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