Coup de coeur - Calendrier perpétuel de Armand-Albert Rateau
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| Intemporel... |
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Un style reconnaissable entre tous et une imagination sans limites.
Telles sont les qualités d’Armand-Albert Rateau, à la base d’un succès passé, présent et à venir.
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Adjugé 109 175 € frais compris.
Armand-Albert Rateau (1882-1938),
calendrier perpétuel,
Femme agenouillée au disque, épreuve d’époque en bronze à patine d’origine
vert Antico et cadran, prise et disque tournant en bronze doré. H. 32 cm.
Granville, dimanche 27 avril 2008.
Rois SVV. M. Marcilhac.
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Comme atlas soutenant la Terre, notre déesse antique porte le temps. Si on pouvait l’interroger, sans doute aurait-elle beaucoup à raconter. Le temps s’est écoulé sous ses yeux attentifs depuis les années 1920, cette époque bénie qui a vu triompher son créateur, Armand-Albert Rateau. Elle nous raconterait les grandes dames, Jeanne Lanvin, la duchesse d’Albe, mais aussi madame Blumenthal, qui défilèrent devant elle et retenaient un soupir devant le calendrier perpétuel, les jours et les mois qu’elle affiche fièrement aujourd’hui encore. Toutes furent séduites par sa patine vert antique du plus bel effet, mais aussi par les charmants petits oiseaux musardant sur son cadran. Notre déesse à la pose hiératique aurait, par ailleurs, aisément trouvé sa place dans l’appartement du 17, quai Conti, où emménage Rateau en 1930. Créations des années 20 y côtoyaient des réalisations plus récentes, dans une parfaite harmonie. Ces aimables volatiles retrouveraient ainsi quelques-uns de leurs congénères gambadant sur les pieds des guéridons ou dans la salle de bain. Ils auraient eu également bien d’autres compagnons de jeu, comme des papillons au bord de cendriers soutenus par des chats, ou des scarabées se promenant sur l’entretoise d’une table basse. Omniprésent, ce fantastique bestiaire animalier inspiré de l’art perse a largement participé au succès de Rateau. Rappelons que ce dernier est désormais le créateur du XXe le plus cher au monde dans le domaine des arts décoratifs, avec les 4 168 000 euros récoltés par une paire de jardinières en bronze lors de la vente de la collection Dray, chez Christie’s
Paris en juin 2006. Notre Femme agenouillée au disque est un nouveau témoignage de ses plus belles réalisations en bronze. Ce matériau lui porta chance, devenant sa “marque de fabrique”. S’inspirant librement de l’Antiquité, de l’Orient et de la nature, le décorateur a su créer un style très personnel, en marge de celui de ses compères de l’art déco. De ses voyages, notamment à Pompéi, naquirent nombre de meubles et d’objets d’art singuliers, parfois même assez exubérants, certains n’hésitant pas à le qualifier d’”artiste baroque”.
Notre calendrier perpétuel, à l’image de la majorité de ses pièces, est à l’opposé de ce qui se fait à cette époque. Au purisme d’un Mallet-Stevens, Rateau privilégie ornement et décor, jusqu’à en exprimer l’essence même des formes. Notre jeune femme drapée est bien le corps de ce calendrier entre sculpture et objet d’art. S’il a lui-même suivi des études de sculpture à l’école Boulle, Rateau est assisté d’autres praticiens, Paul Plumet notamment.
À l’écart des groupes d’artistes, le décorateur a établi son succès auprès de riches clients, pouvant ainsi créer des oeuvres à deux ou trois exemplaires maximum. Étrusque dans la simplicité et la rondeur des lignes de ses sculptures, assyrien ou perse dans son attirance pour un bestiaire fabuleux, grec ou romain dans le choix formel, Armand-Albert Rateau n’est pas toujours facile à cerner. Au final, ce créateur inclassable laisse une oeuvre innovante... à perpétuité. |
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| Caroline Legrand |
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