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| Petits modèles |
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Un an après la disparition de leur extraordinaire propriétaire, la Galerie de Chartres dispersera les poupées miniatures de Dina Vierny. Une collection d’exception.
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Estimation : 3 000/5 000 euros.
La Malle poste, jouet mécanique de fabrication allemande en tôle peinte, fin du XIXe siècle, h 25 cm. Appartient au grand ensemble du restaurant Chez Maxim’s réalisé par Dina Vierny (vendu en cinq lots).
Chartres, samedi 27 mars.
Galerie de Chartres SVV.
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Dina vierny était une passionnée. La même inaltérable détermination attisait sa vie privée ou professionnelle. Ce caractère de battante, la muse d’Aristide Maillol se l’est forgé au fil des années. Née en 1919 dans l’URSS de Staline, elle quitte son pays avec toute sa famille, de religion juive, en 1925. La jeune fille vive et brillante est encore lycéenne lorsqu’elle croise le chemin de son Pygmalion ; elle devient le modèle du sculpteur à l’âge de quinze ans. Mais, leur vie commune ne durera que peu de temps, l’artiste trouvant la mort dans un accident de voiture en 1944. Durant la décennie passée ensemble, Maillol et Vierny partagèrent tout, notamment les folles aventures de la résistance. Dina fut alors un membre actif de l’armée de l’ombre, aidant au passage des combattants vers l’Espagne. Devenue après la guerre une galeriste de renom, elle mettra la même énergie à soutenir les surréalistes, mais aussi les artistes russes, tel Poliakoff. Du tempérament, il lui en a encore fallu pour créer la fondation Aristide Maillol.
Ce projet avait germé dans son esprit dès les années soixante, peu après sa donation à l’Etat français des sculptures du maître, installées dans les jardins des Tuileries. Il ne lui fallut pas moins d’une trentaine d’années et beaucoup de sacrifices pour le mener à bien. Curieuse de tout, Dina Vierny fut aussi naturellement une insatiable collectionneuse. Porcelaines, vitraux, objets d’Amazonie, meubles anciens, carnets de bal viennois... Rien n’échappait à cet esprit ouvert. Elle attrapa la "collectionnite aiguë" à quatorze ans, achetant avec l’argent du déjeuner de petits objets étrusques. Les poupées devaient aussi séduire cette "Rêveuse éveillée", pour reprendre sa biographie livrée par Alain Jaubert (Gallimard, 2009). Dina Vierny avait choisi de vivre au milieu de cet incroyable monde miniature.
Dans son appartement du dernier étage de la fondation Maillol étaient confortablement installés, il y a encore un an, les 462 lots qui seront prochainement dispersés à Chartres, au total estimés à 200 000 euros. "Pour moi, les objets ce sont des personnages, je les considère comme des êtres vivants", disait-elle. Pour financer la création de sa fondation, elle avait déjà dû consentir à se séparer d’une partie d’entre eux. Ses 654 grandes poupées de collection s’en allaient dans d’autres mains, en 1996 à Londres, pour plus de 22 MF (Sotheby’s).
"J’ai conservé les tout petits sujets avec lesquels j’ai commencé", disait-elle. Ce monde en miniature, elle l’a façonné année après année, au gré des ventes aux enchères, tant à l’étranger qu’à la Galerie de Chartres. À l’aide de poupées et d’accessoires du XIXe ou du début du XXe siècle, elle a patiemment créé de multiples univers en réduction, comme notre salle de réception de Chez Maxim’s, estimée 8 000/10 000 euros (voir détail, page de gauche), ou le magasin d’une modiste vers 1900 (600/1 000 euros). Elle meublait son incroyable maison de poupée anglaise de plus d’un mètre de hauteur (6 000/8 000 euros) d’innombrables petits objets de décoration, un lustre de style Restauration (200/300 euros) pouvant côtoyer une table de bureau de style hollandais du XIXe siècle (200/300 euros). Bien sûr, elle choisissait avec grand soin la garde-robe de chacune de ses poupées, hautes d’une dizaine à une quarantaine de centimètres, et leurs accessoires, tels un éventail en os (70/100 euros) et un sac de voyage attribué à Huret (300/500 euros). Pour Dina Vierny, les poupées étaient sans conteste des oeuvres d’art. L’effervescence autour des ventes de ses collections prouve qu’elle a su convaincre bien des amateurs... |
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| Caroline Legrand |
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