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| Une histoire mise en laumière par Ingres |
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Ingres ne pouvait qu’être séduit par l’histoire d’Auguste, premier empereur,
dont il donnera plusieurs versions peintes et notre magistral dessin. L’émotion à l’état pur.
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Estimation : 100 000/120 000 euros.
Jean-Auguste-Dominique Ingres (1780-1867), Virgile lisant l’Énéide devant Auguste, Livie et Octavie : Tu Marcellus eris..., plume et encre noire, petites reprises à la plume et encre brune, estompe, et rehauts de craie blanche, lavis gris et touches de lavis jaune sur papier bleu, 38 x 32,2 cm.
Vendredi 26 juin, salle 5-6 - Drouot-Richelieu.
Jean-Marc Delvaux SVV. MM. de Bayser.
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Ingres arrive à Rome en 1806, année où il envoie au Salon des oeuvres qu’il sait importantes et qui, pense-t-il, doivent lui assurer reconnaissance, honneurs et commandes...
Hélas ! les critiques pleuvent. Blessé, il décide de les ignorer, d’affirmer sa personnalité et, surtout, l’originalité de sa peinture. En novembre, il confie dans une lettre adressée à la famille Forestier : "L’ambition me dévore, vous le savez, et je veux tout ou rien". L’artiste se protège, choisissant, à la fin de son pensionnat à l’académie de France à Rome, de rester dans la ville Éternelle. Installé dans un nouvel atelier-appartement de la via Gregoriana, Ingres cherche des commandes pour assurer sa subsistance. Grâce au directeur de la Villa Médicis, Guillon-Léthière, et à de nombreux amis, il se voit confier les portraits de hauts fonctionnaires en poste à Rome, des dessins ou des tableaux qu’il considère avant tout comme alimentaires. Car son idéal est ailleurs, dans la grande composition historique... Justement, Napoléon annonce sa visite dans la capitale italienne pour 1812. L’ancien palais pontifical de Monte Cavallo, au Quirinal, est choisi comme demeure impériale. Tout un programme de rénovation - et de commandes - est bien sûr mis au point par l’administration. Ingres reçut deux offres fermes, mais semble avoir proposé cinq sujets de tableaux, dont Virgile lisant l’Énéide devant Auguste et Livie. S’il fut alors refusé, ce thème plut au général Sextius Alexandre François de Miollis, gouverneur de Rome, pour sa résidence, la villa Aldobrandini. Dans une correspondance du 2 février 1812 au peintre François Gérard, Ingres indique : «J’ai exécuté dernièrement deux grands tableaux : l’un est Romulus qui triomphe des dépouilles opimes [...] L’autre est Virgile qui lit son Énéide devant Auguste, Octavie et Livie. J’ai fait de celui-ci un effet de nuit ; la scène est éclairée par un candélabre». Cette fois, le tableau est fort admiré, le talent d’Ingres enfin reconnu. Attaché à cette composition, il en donnera deux autres versions, l’une destinée au Salon de 1814, amputée par la suite et désormais visible au musée de Bruxelles, puis, après 1832, celle conservée dans son atelier jusqu’à sa mort. Cette dernière toile épouse la même composition verticale que notre dessin daté 1809, repassé au crayon noir en 1810 ou 1819. Virgile est face à Auguste assis, soutenant Octavie évanouie, sous le regard impassible de Livie. La scène est surmontée par la statue de Marcellus nu - Ingres l’habillera dans le tableau -, Agrippa et Mécène, amis du poète, servant de témoins à cet acte visiblement tragique. Sans avoir recours aux paroles de l’Énéide, Ingres a parfaitement illustré le drame qui se joue entre les trois personnages principaux. Mais laissons plutôt le peintre livrer lui-même une description de la scène, en 1832 : "Virgile se tenant devant eux et lisant. Il a déjà atteint l’endroit où il s’écrit : "Tu Marcellus eris" (Tu seras Marcellus) ; alors l’émotion de tendresse maternelle saisit Octavie, elle tombe à la renverse sur les genoux d’Auguste qui la soutient. Livie se possède et, froide comme le marbre en face de l’incident qui pourrait la compromettre, elle écoute, immobile, sa coupable conscience"... |
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| Anne foster |
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