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| Lyrique en diable...
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L’un des compositeurs les plus prolifiques de son temps, Jules Massenet,
doit beaucoup à l’éditeur qui lança sa carrière, Georges Hartmann. Partition d’un succès. |
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| La maison Heugel a marqué l’histoire de l’édition musicale française des XIXe et XXe siècles. Pas étonnant, donc, de trouver dans les archives et les souvenirs de cette famille d’éditeurs un rare florilège des grands compositeurs, depuis Hector Berlioz jusqu’à Francis Poulenc, sans oublier Jules Massenet. Ce dernier occupe une place de choix, étant ici représenté par tout un ensemble de manuscrits. Jules Massenet avait en horreur son prénom ; sur ses cartes de visite – d’un format insolite, «larges et luisantes comme le bassin d’un barbier», écrira Léon Daudet dans ses Souvenirs et polémiques –, était juste inscrit «Monsieur Massenet». Cela suffisait, tant le compositeur était connu, couvert de gloire et d’honneurs. Il a composé pas moins de vingt-six opéras, quatre oratorios, plus de deux cent quatre-vingts mélodies… Ces dernières avaient pour avantage de facilement se répandre dans les salons en vue, asseyant la réputation de leur auteur et lui assurant de confortables revenus. Il a aussi composé pour orchestre, mais beaucoup moins. Sa septième suite, sous titrée Scènes alsaciennes, demeure la plus connue. Pour la première fois jouée en 1882, c’est aussi la dernière composée. À cette époque, Henri Heugel (1844-1916) n’est pas l’éditeur du compositeur. Celui-ci fait confiance à un certain Georges Hartmann. Fils de l’éditeur de musique Jean Hartmann, Georges fonde en 1868 sa propre société. À partir de 1870, il est l’éditeur exclusif de Massenet. Le jeune compositeur n’a pas encore rencontré le succès et, pour subvenir à ses besoins, occupe la fonction de timbalier au théâtre de la Porte Saint-Martin et donne des leçons. La reconnaissance ne tarde cependant pas à venir. En avril 1873, son oratorio Marie-Magdeleine, oeuvre d’inspiration très personnelle, rencontre le succès. Elle est jouée à l’Odéon par le Concert national fondé par Hartmann, qui vient de nommer à sa tête un violoniste appelé à devenir un brillant chef d’orchestre, Édouard Colonne. |
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Estimation : 900/1200 euros.
Jules Massenet, Cendrillon au Théâtre national de l’Opéra-Comique, lithographie en couleurs d’André Devambez,
imprimerie Devambez, Paris, 80 x 60 cm.
Jeudi 26 mai, salle 9 - Drouot-Richelieu. Ader SVV. MM. Bodin, Weill. |
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| On le voit, l’éditeur ne recule devant aucun sacrifice pour promouvoir son poulain ! L’année suivante, un autre oratorio, Éve, est à nouveau acclamé. Un grand opéra en cinq actes, Le Roi de Lahore, donné pour la première fois en avril 1877 au tout jeune palais Garnier, apportera la consécration. Admirée par Tchaïkovski, l’oeuvre fut à l’origine de la réputation internationale de Massenet. L’année suivante, à trente-six ans, celui-ci est nommé professeur de composition au Conservatoire, puis entre à l’Institut – au nez et à la barbe de Camille Saint-Saëns. Il possède son propre bureau chez Hartmann, qui, en 1886, emmène à Bayreuth un Massenet déjà très admirateur de Wagner. Dès 1889, dans Esclarmonde, il introduit le leitmotiv cher au maître allemand. Entre-temps, Hartmann a fait faillite, son fonds et ses droits sur l’oeuvre de Massenet sont repris par Henri Heugel. Dans les années 1890, Massenet est très joué, mais connaît toutefois quelques revers. Le mécénat du prince Albert Ier de Monaco accompagnera la dernière décennie de sa vie. C’est dans la principauté qu’est créé, en 1902, Le Jongleur de Notre-Dame, dont la mise au net manuscrite et corrigée, dédicacée à madame Henri Heugel, est offerte à la vente. Dans son journal, le créateur a noté, concernant cette oeuvre : «J’ai écrit un opéra dans lequel j’ai mis tout ce que mon coeur possède d’amour, de foi, de tendresse, une oeuvre d’art pur, d’art élevé»… On y perçoit le regain d’intérêt qui se manifestait alors pour le chant grégorien et la musique médiévale. Homme de son temps, Massenet était décidément un compositeur éclectique. |
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Estimation : ?20 000/25 000 euros.
Jules Massenet (1842-1912), Le Jongleur de Notre-Dame, miracle
en 3 actes, 1900,
manuscrit autographe signé, 195 pages montées sur onglets, reliure vélin ivoire.
Jeudi 26 mai, salle 9 - Drouot-Richelieu. Ader SVV. MM. Bodin, Weill. |
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| La Gazette Drouot N°20 - 20 mai 2011 - Sylvain Alliod |
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