Coup de coeur - Une sculpture d'Henry Clews
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| L’étranger de La Napoule |
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La découverte de l’univers insolite d’Henry Clews nous est offerte grâce à ce buste.
Histoire d’un rentier américain exilé au château de La Napoule.
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Adjugé 13 500 € (prix marteau).
Henry Clews (1876-1937),
Visage de femme expressif, bronze
à patine verte et nuancée,
signé et daté 1913, marque du fondeur "Roman bronzes works N.Y.", H. 39 cm.
Cannes. Mercredi 25 octobre 2006.
Azur Enchères Cannes SVV. |
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| Guidé par la devise Myrth, Myth, Mystery, Henry Clews est une personnalité et un artiste à part. Le buste en vente mercredi prochain à Cannes va permettre à son oeuvre de se frotter au marché de l’art fait inédit à notre connaissance. La cause en est simple. Petits-fils d’un riche potier et faïencier anglais, fils d’un magnat de la finance américain, Clews n’a jamais eu besoin de travailler, faisant de son art une activité à plein temps, mais sans visée lucrative. Ses créations, le plus souvent en exemplaire unique, n’étaient jamais proposées à la vente, mais, de temps en temps il en offrait une, ce qui fut a priori le cas de ce bronze donné à un homme de l’arrière-pays cannois. Comment ce New-Yorkais arriva-t-il dans le sud de la France ? Peintre de formation, Henry Clews étudie au Amherst College en 1898, avant de s’adonner, en 1907, à la sculpture. Lassé des mauvaises critiques de la presse américaine, il décide, en 1911, de s’exiler en France. Il fréquente alors l’atelier de Rodin à Paris et devient l’ami de Bartoldi. En 1918, Henry et son épouse, Elsie Whelen Goelet rebaptisée Marie par le sculpteur, s’installent au château de La Napoule, à l’écart des mondanités. Superbement située en front de mer, la demeure fut habitée par les comtes de Villeneuve avant de devenir une manufacture verrière au XIXe. Fasciné par ce lieu chargé d’histoire et de mystère la légende le dit hanté par le fantôme d’une comtesse de Villeneuve assassinée par son mari , le couple s’attache à reconstruire le château, en lui conférant un aspect romantique et décoratif. Ainsi deux tours, l’une romane, l’autre sarrasine, seront adjointes à la bâtisse. Dans la cour d’honneur, les statues et les chapiteaux sculptés par Henry utilisent un bestiaire fantastique. Marie quant à elle recrée les jardins, où évoluaient des paons et des échassiers en liberté, mêlant influences française, anglaise et même mauresque. Leur château est l’un des rares endroits renfermant des oeuvres de l’artiste, qui conservait tout son travail, les peintures dans l’ancienne chapelle, les sculptures demeurant dans l’atelier. Cependant, le Metropolitan Museum de New York, la Pennsylvania Academy of Fine Arts et le musée Jacquemart-André lui ont consacré des expositions. Emmené dans ses valises par Clews, notre buste fut réalisé aux États-Unis, comme en témoigne le cachet du fondeur. Il illustre la phase art nouveau et symboliste de l’artiste. Très fantasque, se laissant parfois aller à la caricature, celui-ci fut ensuite influencé par les arts primitifs, en particulier Incas. Afin de poursuivre l’oeuvre de son époux, en 1951, Marie créa l’association d’art de La Napoule Memorial Henry Clews, refuge artistique où colloques et expositions favorisent les échanges culturels. Là, vous pouvez aussi vous recueillir devant la tombe des deux époux, édifiée dans la crypte d’une tour du château. |
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| Caroline Legrand |
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