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| Un Masson de la collection Jean-Pierre Jouët |
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Alors que la nouvelle édition de la FIAC battra son plein au Grand Palais, les tableaux rassemblés par son fondateur, Jean-Pierre Jouët, seront dispersés.
Histoire d’une révélation.
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Estimation : 200 000/300 000 euros.
André Masson (1896-1987), Têtes d’animaux, 1927,
huile et collage sur toile, 53 x 49,5 cm.
Samedi 24 octobre 2009, Drouot-Montaigne, à 20 h.
Millon & Associés - Cornette de Saint Cyr maison de ventes SVV. M. Lebon.
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Au début des années 1970, quelques personnes oh ! on les compte sur les doigts d’une main croient en l’avenir d’un salon d’art contemporain à Paris. Jean-Pierre Jouët, lui, n’hésite pas à quitter la SPODEX pour fonder sa propre société (OIP, pour Organisation idées promotion), qui s’engage auprès des organisateurs. Fin janvier 1974, la gare de la Bastille accueille quatre-vingts galeries d’art contemporain. L’année suivante, vu le succès, la FIAC s’installe au mois d’octobre au Grand Palais. Au fil du temps, les murs des bureaux de l’OIP se couvrent de tableaux, «souvenirs de mes fréquentations avec les galeristes», explique Jean-Pierre Jouët. Ce tableau d’André Masson, toutefois, a fait l’objet d’un achat motivé par une optique de plus-value ; quelques mois après, recevant une galerie italienne qui lui en propose une somme plus que coquette... Jean Pierre Jouët se rend compte qu’il est définitivement séduit, et refuse l’offre.
Cette anecdote souligne la puissance suggestive de Masson. Avec ses pleins et ses déliés, la ligne agile fait ici apparaître, comme dans une vision automatique, des têtes d’animaux, belette ou poissons, les plumes suggérant des oiseaux. Les formes se fondent les unes dans les autres grâce au trait incisif, les touches de couleurs essaiment comme un clapotis de vagues : une peinture sensuelle, s’affirmant par sensations dans le subconscient. André Masson «surréaliste de naissance» selon ses propres mots trouve dans cette expression l’aboutissement de sa quête «de la renversante merveille de la révélation», comme l’écrit Bernard Noël dans André Masson, la chair du regard. D’abord au moyen de l’écriture automatique que l’artiste pratiquait somme toute déjà quand il était correcteur pour le Journal officiel. Puis il transpose les surgissements, les apparitions, dans une composition picturale où les fragments s’associent de manière allusive. Le geste du peintre dépendant de sa liberté, le regard du spectateur est lui aussi libre... Un dialogue fait de non-dits peut s’établir. Car il s’agit de «faire jaillir le fond, physiquement, c’est-à-dire selon les lois physiques de la matière et du corps», remarque encore Bernard Noël.
Il faut trouver de nouveaux moyens plastiques, oublier sa formation de peintre, ses solutions de l’époque cubisante. Fin observateur de la nature, André Masson en connaît les moindres éléments, du brin d’herbe aux forêts, des insectes aux animaux marins et terrestres. Il les transforme à son gré pour les intégrer dans une tout autre dimension. "Il suffirait de dessiner, par exemple, un corps de femme [...] pour qu’il soit aussi le ciel, la terre", écrit-il avant de terminer par cette superbe évocation : "Il aurait la fraîcheur de l’eau, la chaleur secrète du fruit mûr.
Il commencerait torrent, deviendrait flamme et s’achèverait dans le vent."
André Masson, l’enchanteur, sait magistralement en quelques lignes, quelques taches de couleur, illuminer un monde qui ne cesse de se métamorphoser, pour l’inscrire durablement dans l’inconscient émotionnel du spectateur. |
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| Anne Foster |
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