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Coup de coeur - Assiette en faïence de Nevers
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Si les assiettes de ce modèle, créé à Nevers, sont rarissimes, il en va tout à fait différemment de celui que l’on nomme jeu des rois et roi des jeux. En piste...
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Adjugé 29 597 euros frais compris.
Assiette en faïence de Nevers à décor polychrome en plein représentant Le Jeu de paume.
Inscription sur l’aile Caré 1757. Diam. : 25 cm.
Paris, mercredi 24 octobre, espace Tajan, 15 h 30.
Tajan SVV. MM. Lefebvre.

Que seraient le tennis, le badminton, la pelote basque ou le squash sans le jeu de paume ? C’est à des moines en mal d’exercice, au XIIe siècle, que l’on doit son invention : le sol, les murs, les poutres du cloître, une balle de chiffon (l’esteuf), la paume de la main... et le tour est joué. Il évoluera, bien sûr. On durcit la balle pour un meilleur rebond, des gants, renforcés par des cordages, viennent protéger les mains. De rudimentaires battoirs en bois précèdent les raquettes, dont la première mention date de 1505. Bientôt prisé des étudiants, qui le pratiquent sous les auvents ou les toits, le jeu de paume séduit aussi les nobles, puis l’ensemble de la population. Joué en plein air, dans les jardins du Luxembourg notamment, il se nomme longue-paume, tandis qu’en salles – apparues au XIVe –, il prend le nom de courte-paume, ou tripot, car on parie sur les résultats des parties. Les rois de France en sont fous.
On raconte que Louis X le Hutin mourut, le 5 juin 1316, d’avoir bu trop froid après une partie de paume, que François Ier aurait été le plus robuste joueur de son temps et Henri II, le meilleur parmi les monarques. Henri IV ne fut pas non plus le dernier compétiteur : le 25 mars 1594, au lendemain de son entrée royale dans Paris, le Vert-Galant dispute une partie qui fera beaucoup pour sa popularité dans la capitale. En 1610, les paumiers s’organisent en corporation pour lutter contre certaines pratiques étonnantes... Prêts à tout pour gagner, des joueurs n’hésitent pas à bourrer leurs balles de pierres, certaines provoquant des accidents mortels ; on compte, parmi les victimes, le frère de Montaigne. Toutefois, si corporation il y a, d’arbitre il n’est toujours pas question. C’est le jugement des spectateurs, massés dans les galeries, qui fait foi. Le jeu consiste à se renvoyer la balle au-dessus d’un filet, venu remplacer une corde par trop objet de contestations. Si le nombre de rebonds sur le toit ou les murs n’est pas limité, un seul est autorisé sur le sol. On le pratique en individuel ou en double, mais aussi jusqu’à quatre contre quatre. Mais, attention ! Il est interdit de se mettre en colère et obligatoire de changer de chemise à la fin de chaque jeu... La partie est immédiatement stoppée si l’un des joueurs n’est plus apte physiquement ! Au début du XVIIe siècle, la France compte 1 800 salles et terrains de plein air, en 1657, 114 sont recensés à Paris. Louis XIV lui donne le coup de grâce, préférant le billard. Une seule salle subsiste dans la capitale au début du XIXe, qui sera détruite en 1861 pour construire l’Opéra. À l’initiative de Napoléon III, une autre voit le jour l’année suivante, aux Tuileries ; ce sera un musée en 1907. Fini l’âge d’or de la Renaissance et le jugement de sir Robert Dallington (1561-1637) : "La France est un pays semé de jeux de paume, plus nombreux que les églises, et de joueurs plus nombreux que les buveurs de bière en Angleterre". Difficile à croire de nos jours...
Claire Papon