Coup de coeur - Une paire de lampes d'Albert Cheuret
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| Le bronze et l’albâtre |
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Simplicité, raffinement et technique au service du luminaire :
tel pourrait être défini le travail d’Albert Cheuret. Un artiste art déco encore à découvrir !
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Adjugé 33 000 € (prix marteau).
Albert Cheuret (1884-1966),
paire de lampes en bronze patiné,
ornées de plaques d’albâtre. H. 32,5 cm.
Orléans, samedi 24 mars 2007.
Binoche - De Maredsous SVV. M. Maury. |
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Toujours rare sur le marché, l’oeuvre d’Albert Cheuret se révèle cependant un peu plus d’année en année. Provenant d’une succession parisienne, sept ouvrages proposés à Orléans ne manqueront pas de confirmer cette reconnaissance. De plus, on y verra des modèles du décorateur jusque-là inconnus, même de l’arrière-petit-fils de l’artiste, aujourd’hui ébéniste à Orléans. En tête de ces inédits, une sculpture de 92,5 cm de haut.
Ce bronze doré en forme de cobra sur un socle de pierre de Bourgogne devrait se dresser à 60 000/80 000 euros. D’autres serpents entourent quant à eux une paire de lampes en bronze patiné ornées de plaques d’albâtres, attendue à 55 000/60 000 euros (voir photo). Autres raretés, une paire d’appliques Algues, estimée 35 000/40 000 euros et une Truite en bronze à 3 000/4 000 euros. Plus habituel dans son répertoire, l’aloès ornera un grand lustre, dont on attend 60 000/80 000 euros. Albert Cheuret s’est en effet inspiré à plusieurs reprises de cette plante tropicale aux feuilles acérées. Ainsi, un guéridon de la collection de Karl Lagerfeld présentait-il un pied arborant cette forme. Plus récemment, le 2 juin 2006, la maison parisienne Camard adjugeait 160 000 euros une lampe Aloès, une somme prouvant l’effervescence autour des arts décoratifs de cette époque. Mais rejoignons le monde animal, grâce aux deux dernières oeuvres de cet ensemble, une suspension Héron, toutefois dépourvue de ses plaques d’albâtre d’origine (25 000/30 000 euros), et une applique Échassier sans son cache-ampoule, évaluée à 15 000/20 000 euros.
Si en 1978, dans son ouvrage consacré aux Luminaires art nouveau et art déco, Alastair Duncan pouvait regretter que le seul luminaire de Cheuret ayant subsisté soit le chandelier à trois fleurs de tulipe, de style plutôt art nouveau, depuis, de nombreux modèles art déco, plus représentatifs de son cursus, ont été dévoilés au public. Au lendemain de l’exposition des Arts décoratifs et industriels de 1925, Cheuret, tout comme son alter ego Pierre Chareau, orienta son travail vers des formes simplifiées : fonctionnalisme, décors plus sobres, matériaux modernes et raffinés, comme le métal et l’albâtre. Véritable symbole du progrès technique, le métal a donné corps à un grand nombre de ses créations et la blancheur de l’albâtre, largement utilisé pour ses vertus de diffuseur de lumière, éclipsa les verres multicolores chers à l’art nouveau. Mais, à côté de ces innovations, Albert Cheuret ne renonça pas aux ornements issus de la nature et de l’exotisme. Animaux et végétaux peuplent ainsi ses luminaires, arborant des silhouettes tout à la fois douces et épurées. Élève du sculpteur Jacques Perrin, Cheuret s’est spécialisé dans le luminaire. Pour autant il n’abandonna pas la sculpture, en témoigne le cobra dressé de notre vente, mais aussi les cache-radiateur, les pendules ou les miroirs sortis de son atelier parisien. Bref, une oeuvre riche... qu’il est grand temps de découvrir un peu mieux. |
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| Caroline Legrand |
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