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| Un siège d’honnête homme |
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Le pau brasil, "bois de braise", a donné son nom au Brésil. Pas étonnant, donc,
que le bois soit encore largement utilisé par les créateurs brésiliens, Carlos Motta en tête...
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Adjugé 4 000 euros sans les frais.
Carlos Motta (né en 1959), chaise basse Cuica, 2007,
amendoim et cèdre massif, 60 x 60 x 60 cm. Dimanche 23 novembre 2008,
salle 5-6 - Drouot Richelieu. Camard SVV.
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La côte ouest américaine n’est pas la seule à cultiver un art de vivre où perce une certaine nonchalance. Le cool californien se conjugue également en brésilien, comme en témoigne la photographie de Carlos Motta reproduite dans le catalogue de la vente où figurent quelques-unes de ses créations. Il est saisi jeune homme, déambulant en short de bain sur une longue plage de sable sur laquelle s’écrasent des rouleaux d’océan. Une lecture un peu trop rapide de cette image pourrait laisser penser qu’il tient sous son bras une planche de surf activité qu’il pratique avec assiduité. Mais, à mieux y regarder, il s’agit d’une simple planche de bois récupérée sur la plage. N’imaginez cependant pas qu’elle soit destinée à alimenter un feu de bois auprès duquel, fumant et grattant la guitare, une bande de jeunes de São Paulo, la ville natale de Carlos Motta, s’adonne aux plaisirs faciles de la vie en ce début des années 1970. De fait, le designer utilise le bois qu’il ramasse pour créer des assemblages et des sculptures, ainsi que ses premiers meubles. Car le jeune homme a des principes.
En vertu de quoi il plaque par exemple ses études de publiciste, après avoir constaté le caractère inconciliable de la promotion des hot-dogs et autres shampoings de marques avec son mode de vie, plutôt tourné vers la recherche d’une certaine qualité issue des choses de la nature. Son shampoing, il ne l’achète pas, il le fait lui-même : yaourt et aloès. Côté idoles, il cite John Lennon, Jimmy Hendrix, Timothy Leary et Allen Ginsberg. En juin 1970, un voyage en Californie lui donne une nouvelle assurance : avoir les cheveux longs n’empêche pas de réussir dans la vie... Doté de ces quelques certitudes, Motta entame en 1971 des études d’architecture, domaine en phase avec ses préoccupations sociales, touchant aussi bien aux problèmes de logement, d’urbanisation que d’environnement. L’université lui permet d’avoir accès à un atelier de menuiserie parfaitement équipé. Car le bois, rappelons-le, fait partie intégrante de l’identité brésilienne. Le père du design brésilien, Sergio Rodrigues (voir Gazette n° 4, page 176), a défini dans les années 50 le "made in Brazil" une subtile alliance entre modernité et traditions vernaculaires , et développé toute une gamme de meubles en bois, des sièges notamment.
Le pau, Carlos Motta va apprendre à le connaître et l’apprivoiser au cours de ses premières expériences de récupération, au long de ses études, mais aussi en vivant avec les populations rurales, qui lui transmettent leur savoir. En 1976, encore étudiant, notre jeune homme vend deux projets à une société hollandaise et utilise l’argent pour partir étudier le travail du bois en Californie.
En 1978, il ouvre son premier atelier et à partir de là, des sièges aux maisons, s’enchaîne une oeuvre aux lignes sobres, élémentaires et confortables, où les bois rares ou vulgaires sont simplement choisis pour leur résistance et leur beauté. Les meubles de Carlos Motta portent souvent le nom de lieux qu’il aime ; notre chaise, elle, porte celui d’un tambour typiquement brésilien, particulièrement prisé dans les écoles de sambas. Un siège qui a le rythme dans le bois ! |
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| Sylvain Alliod |
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