La Gazette Drouot
Coup de coeur - Une photographie de Alfons Alt
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Blond aux yeux bleus...
Une quarantaine de photos signées Alfons Alt nous permettent d’entrer dans l’intimité de l’Académie du spectacle équestre de Bartabas. Royal !

Adjugé 3 700 euros frais compris.
Alfons Alt (né en 1962), Passa di Sotto,
photographie numérotée 1/3, 110,2 x 110,3 cm.
Samedi 22 novembre 2008, Marseille. Damien Leclere
Maison de ventes aux enchères SVV. M. Benarroche.

Un regard bleu azur, une robe immaculée, une crinière blonde : si Bartabas est à juste titre surnommé "l’homme cheval", ses équidés, c’est sûr, possèdent des atours terriblement humains. D’ailleurs, le grand cavalier affirme apprécier les fidèles lusitaniens pour leur grâce féminine... Un autre homme sait parfaitement comprendre et transmettre cette beauté, l’artiste allemand Alfons Alt. Le photographe arrive en France en 1985, un an après la création du théâtre équestre Zingaro par Bartabas. Dès 1988, il réalise des expositions personnelles en France, comme à l’étranger, et ses clichés sont achetés par de nombreux musées, d’Arles à Londres en passant par Ulm et Amsterdam. Une belle chevauchée durant laquelle les chemins des deux hommes n’ont pas tardé à se croiser. Après avoir consacré plusieurs ouvrages à Zingaro, Alfons Alt s’est rapproché de Bartabas. Le photographe a appris à connaître l’homme – à l’état civil, Clément Marty, né le 2 juin 1957 –, mais aussi l’artiste dresseur de chevaux, le chorégraphe de talent. En toute logique, le «compagnon d’art» de Bartabas participera à la grande entreprise du maître écuyer : l’installation d’une Académie du spectacle équestre à Versailles. Après le fort d’Aubervilliers en 1989, Bartabas a en effet investi la Grande Écurie du château en 2003. Juché sur sa roulotte de gitans, l’homme a au passage bousculé bien des idées reçues... et hissé le spectacle équestre au rang des arts majeurs, de ceux que l’on protège par peur de les voir disparaître, de ceux que l’on transmet avec méthode et application. Par la création de cette école et par ses spectacles – pour lesquels il s’inspire aussi bien de Kurosawa que des tziganes –, Bartabas a aussi propulsé l’art équestre dans le XXIe siècle. Au-delà des chorégraphies équestres, notre photographe, pour son ouvrage La Voie de l’écuyer paru en juillet dernier (éd. Actes Sud), a pu s’attacher à la vie quotidienne au coeur de cette école. Mettre en images la passion de la quinzaine de cavalières vivant dans la Grande Écurie versaillaise. Eh oui, les femmes sont en effet majoritaires à l’Académie équestre. Le fait, loin de se révéler un principe pour Bartabas, s’est tout simplement imposé à lui. Celles-ci sont donc logées dans ce lieu hors du commun, où, jour après jour, elles tissent les liens indispensables avec leur monture – et gagnent la confiance du maître. Sensibilité esthétique et dextérité équestre sont principalement enseignées aux jeunes élèves écuyers. Dans ces photographies se succèdent les gestes entre un cavalier et son cheval, des attitudes fières, une beauté discrète, le repos mérité... C’est une quarantaine de clichés choisis parmi les illustrations de l’ouvrage qui sera dispersée lors de cette vente marseillaise. Exposées aux anciens Ateliers SNCF d’Arles l’été dernier, ces photographies proviennent d’une édition à trois exemplaires, les nôtres étant numérotées 1/3. Dernier scoop : Si une oeuvre papier ne vous suffit pas et que vous voulez voir les artistes «pour de vrai», alors, ne ratez pas la séance de signatures de La Voie de l’écuyer assurée par Bartabas et Alt la veille de la vente, le vendredi 21 novembre à 18 h 30. L’occasion de côtoyer d’un peu plus près "l’homme cheval" et d’apprivoiser l’artiste...
Caroline Legrand
http://www.gazette-drouot.com/static/resultat_vente_encheres/liste.html http://catalogue.gazette-drouot.com/ref/ventes-aux-encheres.jsp