La Gazette Drouot
Coup de coeur -La Jaguar XK 120
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Vous avez dit mythique ?
Une allure féline et un moteur puissant, la Jaguar XK 120 est une icône des années cinquante, celle qui a lancé la gamme des voitures de sport. Histoire d’une naissance...

Adjugé 75 000 € frais compris.
Jaguar XK 120 Roadster, 1951.
Cannes, mardi 22 juillet 2008, Grand Hôtel,
Besch Cannes Auction SVV. Jean-Pierre Cornu.

Le point commun entre Liz Taylor, Humphrey Bogart, François Sagan, le duc de Talleyrand, l’empereur Bao Dai ?
Une voiture, la mythique Jaguar XK 120 Roadster. Lignes élégantes et profilées, moteur véloce, la petite anglaise avait en effet tout pour séduire stars du cinéma et jet-setters impénitents. La naissance d’une légende nécessitant toujours des circonstances particulières, celle-ci ne déroge pas à la règle. Nous sommes en 1948. William Lyons, qui a créé la Swallow Sidecar Company devenue en 1945 la firme Jaguar, ne dispose que de deux mois pour participer, à Earl’s Court, au London Motor Show, le grand rendez-vous des constructeurs automobiles de l’après-guerre en Europe. Il détient déjà un petit bijou révolutionnaire : le moteur, construit par Jaguar.
Le nouveau bébé, baptisé XK 120, est doté de six cylindres développant 160 chevaux à 5 000 tours/mn.
Mis en oeuvre plusieurs années auparavant dans l’usine de Coventry, le projet X (pour eXperimental) en est alphabétiquement à la lettre K en 1948. Avec son bloc fonte et sa culasse à double arbre à cames en tête, la mécanique atteint désormais la vitesse de 120 miles à l’heure, soit 196 km. Mais si le moteur est fin prêt, la carrosserie, elle, est bien loin de l’être ! On projette une berline. Avec génie et intuition, William Lyons décide que le nouvel enfant du baby-boom sera une voiture de sport mythique. Il imagine alors une carrosserie, qui devait rester un prototype de salon. L’acier, rappelons-le, est alors réglementé et les contrats pour l’exportation valent de l’or. Sans réaliser de plans ni même de maquette, notre homme façonne directement l’aluminium sur une armature de bois, ce qui vaudra d’ailleurs une maxime à Jaguar : "Inutile de gaspiller son argent quand on peut improviser !". Tel un sculpteur travaillant son argile, Lyons a créé ce roadster profilé et élégant, longue décapotable de deux places, à l’arrière d’une grande finesse. L’année suivante, sur l’asphalte belge de Jabbeke, la XK 120 Super Sport Model – c’est son nom – atteint 213,4 km/h, ce qui fait d’elle la voiture de série la plus rapide du monde. Son palmarès ne s’arrêtera pas là. Elle remporte de nombreux rallyes, dont celui des Alpes en 1950, avec à ses commandes Ian et Pat Appleyard, la fille de William Lyons. Les modèles suivants concrétiseront la plus grande des aspirations : la XK 120 Type-C gagne pour la première fois les 24 Heures du Mans en 1951, pour renouveler l’exploit en 1953, 1955, 1956 et 1957... Au départ, seuls 200 exemplaires étaient prévus, finalement 12 000 furent produits et, en 1950, on changea la carrosserie en aluminium par des panneaux d’acier moulé, plus faciles et moins coûteux à usiner.
Car le rapport qualité-prix a aussi assuré la réussite de cette voiture de sport : à 1 028 £, le séduisant bolide était à la portée de beaucoup. La Jaguar devint la voiture des stars américaines, notamment Errol Flynn et Clark Gable, puis d’une clientèle élitiste et jeune cherchant à se démarquer et à afficher sa branchitude.
Pieds nus et cheveux aux vents... à 160 km à l’heure !.
Carolline Legrand
http://www.gazette-drouot.com/static/resultat_vente_encheres/liste.html http://catalogue.gazette-drouot.com/ref/ventes-aux-encheres.jsp