Coup de coeur - Un bois gravé de Gauguin
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| Le Sourire de Gauguin |
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Un bois gravé est l’occasion de retrouver Gauguin journaliste et illustrateur.
Souriez, c’est la vedette d’une vente organisée à Lyon.
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Adjugé 51 900 €.
Paul Gauguin, bois gravé double face pour le journal Le Sourire, Tahiti, 1898-1899, 10,3 x 18,5 cm.
Lyon, lundi 22 et mardi 23 mai 2006,
Alpha Arts Enchères. Cabinet Bonafous-Murat. |
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| Le 3 juillet 1895 à Marseille, Paul Gauguin embarquait à bord du vapeur L’Australien pour son ultime voyage vers les Tropiques. Durant ce séjour tahitien, le peintre se consacre à son art et notamment à l’une de ses principales oeuvres, D’où venons-nous ? Que sommes-nous ? Où allons-nous ? Mais, à la fin de sa vie, Gauguin semble également éprouver le besoin de coucher sur le papier ses idées, son testament philosophique, en somme, écrit en complément de sa peinture. Ainsi, ses dernières années seront-elles jalonnées de nombreux projets littéraires en tant qu’auteur, mais aussi comme journaliste. Après Noa Noa, il achèvera, aux Marquises, Racontars de rapin, Avant et Après et L’Esprit moderne et le catholicisme, dans lequel il affiche son anticléricalisme. Ses attaques contre les institutions religieuses et contre l’administration coloniale ont débuté dès 1899, par voies de presse. En juin, Gauguin collabore au journal local Les Guêpes, rédigeant plusieurs articles pour ce papier satirique de Papeete. Au mois d’août, il décide de publier son propre journal, Le Sourire, une critique ouverte de l’Église et de l’État. Il s’improvise alors rédacteur, illustrateur, mais aussi éditeur. Chaque mois, grâce au Miméographe Edison, un procédé standard et bon marché de duplication, il publie un journal de quatre à six pages. La couverture est souvent illustrée d’une gravure : une figure et un motif accompagnés du titre en gros caractères. En novembre 1990, à New York, un ensemble de ce mensuel comprenant les numéros d’août 1899 à avril 1900, date de la fin de l’aventure, avait trouvé preneur à 297 000 $ (Christie’s). Pour les illustrations, Gauguin a recours à la gravure sur bois, comme pour la célèbre "suite Vollard" réalisée entre 1898 et 1899, soit quelques mois auparavant. À l’instar de cette série de quatorze gravures, l’artiste utilise des planches irrégulières de bois local, au format paysage le plus souvent. La technique est celle des origines, celle des gravures sur bois médiévales. Gauguin avouera dans une lettre adressée à Daniel de Monfreid, en 1901 : "C’est justement parce que cette gravure retourne aux temps primitifs [...] qu’elle est intéressante". Ce retour aux sources correspond d’ailleurs aux recherches de ses amis parisiens, Alfred Jarry et Remy de Gourmont, fondateurs de la revue L’Ymagier, qui présente au public d’anciennes planches. Ce bois, provenant de la collection d’un gouverneur de Tahiti, appartient à la série réalisée pour le journal de Gauguin. Le titre, Le Sourire, apparaît sur les deux faces ; au recto, Aux Roches noires (souvenir de Bretagne), inspiré d’un dessin de 1888-1889, le verso montrant une Tahitienne allongée. Deux sujets dont on ne connaît que peu d’épreuves. "Je suis sûr, affirmait Gauguin dans sa lettre à Daniel de Monfreid, que dans un temps donné mes gravures sur bois, si différentes de tout ce qui se fait en gravure, auront de la valeur." À Paris, en décembre 2001 (Piasa), les 71 760 € prononcés par la Bibliothèque nationale de France sur l’un de ses bois lui ont assurément donné raison... |
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| Stéphanie Perris-Delmas |
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