Coup de coeur - Toile de Charles-henri Contencin
 |
 |
| Retour au sommaire |
 |
| La montagne magique |
|
Sommets, lacs ou villages... Les Alpes ont les faveurs des peintres de cette vente.
Au total, une centaine d’oeuvres pour étancher l’ivresse des cimes !
|
 |
|
|
 |
Adjugé 15 800 euros au marteau.
Charles-Henri Contencin (1898-1955),
Le Lac Lérié et la Meije, huile sur toile, 60 x 81 cm.
Paris, vendredi 22 février, salle 1.
Blanchet & Associés SVV. |
|
 |
À quoi bon soulever des montagnes quand il est si simple de passer par dessus", disait Boris Vian. Facile à dire, beaucoup moins à faire...
Le premier à affirmer avoir gravi une montagne est Pétrarque, qui, le 26 avril 1336 est venu à bout du mont Ventoux (1 909 m). La première ascension officielle date toutefois du 28 juin 1492, une année décidément riche en découvertes ! Missionné par Charles VIII, Antoine de Ville, capitaine à Montélimar, atteint le sommet du mont Aguille (2 085 m), dans le Vercors. L’exploit est notifié par un huissier. Les siècles passent, les montagnes toujours impressionnent, les athlètes comme les peintres...
Les premières compositions à leur être totalement consacrées apparaissent au XVIIIe siècle. Sur le terrain, l’alpinisme est en train de naître. Le 7 août 1786, le médecin Gabriel-Michel Paccard, vingt-neuf ans, et le chasseur savoyard Jacques Balmat, vingt-quatre ans, parviennent au sommet du mont Blanc, relevant ainsi le défi lancé par Horace-Bénédict de Saussure, jeune scientifique genevois qui a promis une forte récompense à qui atteindrait le point culminant de l’Europe. Dans le domaine de la peinture, les romantiques voient dans la montagne le berceau du «sublime» où se mêlent peur et plaisir. Dès la fin du XIXe, leurs successeurs n’hésiteront pas à se rendre sur les lieux, pour peindre des panoramas d’après nature. Sur les lieux justement, les choses bougent. Saussure, le 3 août 1788, effectue sa première «randonnée» au Mont-Blanc et peut ainsi effectuer ses chers calculs. La montagne est dangereuse, comme en témoigne l’ascension du Cervin, à la frontière helvético-italienne, le 14 juillet 1865, par le Britannique Edward Whimper.
Accompagné de six personnes, il parvient au sommet (4 478 m), devançant de quelques heures une cordée d’Italiens. Mais lors de la descente, quatre équipiers dévissent. Seuls Whimper, le guide Peter Taugwalder et son fils rentrent à Zermatt. Un seul sommet des Alpes est alors encore vierge de toute trace humaine : la Meije, dans le massif des Écrins.
Mythique pour de nombreux alpinistes, la «reine Meije», comme on l’appelle parfois, tire son nom du provençal miegjorn, qui tout à la fois signifie «midi» et désigne le sud. Il est en effet midi quand le soleil passe au-dessus d’elle... Ce sont Emmanuel Boileau de Castelnau et son guide Pierre Gaspard qui la conquièrent, le 16 août 1877. Majestueuse, la Meije «est et reste la Grande Difficile». Dominant le superbe plateau d’Emparis et le lac Lérié, dans les eaux duquel se reflète sa silhouette, la Meije est l’une des plus belles courses de montagne.
Si Boileau de Castelnau est l’homme d’une seule victoire il arrête ses expéditions après cette ascension les artistes font de ses paysages leur motif favori. En 1898, naît la Société des peintres de montagnes. Ses membres ? Des graveurs, des sculpteurs et des peintres bien sûr Wilbault, Contencin, Communal, Abrate, Samivel... , mais aussi des guides, l’architecte Frantz Jourdain, le conservateur du musée du Luxembourg Léonce Bénédicte, des écrivains, le prince Roland Bonaparte, des explorateurs, ethnologues, géographes...
Autant de voyageurs, autant de quêtes ! |
 |
| Claire Papon |
|
|
|
 |
 |
|
|