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| Triste destin de prince |
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Promis à devenir le troisième souverain de la dynastie qadjar,
le prince Abbas Mirza engagea le premier des réformes pour un Iran moderne.
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Adjugé 29 000 € sans frais.
Attribué à Allahverdi Afshar, Portrait d’Abbas Mirza (1789-1833), huile sur toile marouflée
sur contreplaqué, 198 x 89,5 cm.
Lundi 21 décembre 2009, salle 1-7 - Drouot-Richelieu.
Pierre Bergé & Associés SVV. Mme David.
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S’il ne régna pas, Abbas Mirza fut le premier de la lignée de tous les souverains de la dynastie qadjar, fondée par Agha Mohammed Khan (1742-1797). Ce dernier, castré à l’âge de sept ans, était le chef du clan qoyunlu, importante tribu turcomane d’Iran.
Avec persévérance et beaucoup de diplomatie, il travaille à l’unité des clans qadjars, mariant son neveu, Fath Ali Shah, à Assieh, fille du khan des develu. Avant sa mort, il désigne comme prince héritier Abbas Mirza, bien qu’il ne soit pas le fils aîné ; son père avait en effet quelques centaines d’épouses et enfants...
L’héritier du trône du paon reçoit une éducation traditionnelle, se nourrissant d’oeuvres d’historiens persans, notamment le Shahnamé de Ferdowsi, racontant la prestigieuse histoire de l’Iran depuis la création du monde. Nommé à un jeune âge gouverneur de l’Azerbaïdjan, Abbas Mirza s’engage dans des conflits avec les Russes, où il subit des revers. L’Iran perd toute influence en Asie centrale, l’Arménie, l’Azerbaïdjan et le Karabagh.
Cependant, malgré l’hostilité de certains de ses frères et de quelques ulémas, le prince construit les bases d’une armée moderne, avec des officiers français et anglais et des transfuges de l’armée du tsar. Il installe sa cour à Tabriz, où son palais reçoit volontiers les ambassadeurs occidentaux ; la ville, sous son impulsion, se transforme en «foyer d’occidentalisation de la Perse». Il établit un programme d’industrialisation, non seulement pour répondre aux besoins militaires avec l’exploration de gisements de cuivre, la création d’arsenaux, de fonderies, de fabriques de tissage, mais aussi pour développer la diffusion du savoir, avec une imprimerie. Sur les murs de son palais, on peut voir des portraits de Napoléon Ier et du tsar de Russie. Le prince héritier ne manque pas de se tenir au courant des événements politiques européens.
Il tisse aussi des liens importants, d’abord avec les Français, recevant par exemple l’orientaliste Amédée Jaubert, en 1806, et le général Gardane l’année suivante. Napoléon ayant conclu le traité de Tilsit avec les Russes, Abbas Mirza se tourne alors vers les Britanniques. Cette année-là naît son fils, Mohammed, futur shanhanshah («roi des rois»), dont les descendants régneront sur l’Iran jusqu’en 1925, alors renversés par la dynastie Pahlevi. Tous les hôtes d’Abbas Mirza se sont plu à vanter ses connaissances, son ouverture d’esprit et sa tolérance religieuse ce qui le mènera à des conflits avec le clergé. Il envisage même de construire un musée de la civilisation occidentale.
Durant cette période, une nouvelle forme de peinture, à l’huile et de grand format, se développe. Rappelons que les portraits des souverains sont souvent offerts en cadeau diplomatique. Notre prince héritier est ici représenté grandeur nature, en tenue d’apparat et coiffé du haut turban porté par les princes. Un poignard rehaussé de pierres à la ceinture, il s’appuie sur une épée aux attaches agrémentées de perles et porte les décorations de l’ordre du Lion créé par son père, lui-même représenté dans un médaillon autour du cou. La première médaille iranienne, le Hursid (soleil), sera instituée en 1807 à la suite du traité signé entre la France et l’Iran. L’ordre Sir-i Hursid (lion et soleil), inspiré de la Légion d’Honneur française, sera créé en 1814.
Mais, Abbas Mirza perd la faveur des Anglais lorsqu’il tente de reconquérir le Khorassan et met le siège devant Hérat, en 1833, pendant lequel il meurt de tuberculose osseuse compliquée d’une affection du foie. |
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| Anne Foster |
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