Coup de coeur - Une gouache de Calyo
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| En rade de Boston |
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Embarquement immédiat pour la capitale du Massachusetts,
grâce à une gouache de Calyo, prochainement proposée à Lyon. Panorama.
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Adjugé 43 320 €.
Nicolino Calyo (1799-1884),
Vue du port de Boston
avec la navette à vapeur
Boston-Providence,
«le Narrangasett», 1838,
gouache, 66 x 100 cm.
Lyon, dimanche 21 octobre.
Anaf Arts Auction SVV.
Cabinet de Bayser.
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Sur la côte atlantique, dans la baie du Massachusetts, le port de Boston bénéficie d’une situation géographique exceptionnelle, qui lui permit de développer un important trafic maritime. Fondée en 1630, la ville ne cessera de s’étendre au XIXe siècle, croissance économique aidant. Boston, en effet, est vite devenu l’une des portes d’entrée aux États-Unis, accueillant de nombreux Européens. Parmi les immigrés italiens, rencontrons aujourd’hui le vicomte Nicolino Calyo, descendant d’une famille aristocratique calabraise. Né à Naples, le jeune homme étudie la peinture à l’académie royale, se distinguant dans l’art de la gouache. Plus rapide que le procédé à l’huile, cette technique, en plein essor au début du XIXe siècle, permet de multiplier les vues du golfe de Naples, alors souvenir idéal pour les nombreux «voyageurs d’agrément". S’en faisant vite une spécialité, Nicolino Calyo a par exemple représenté une Frégate américaine dans la baie de Naples. Après l’avènement, en 1830, de Ferdinand II, roi très hostile aux libéraux napolitains et siciliens, l’artiste doit émigrer avec sa famille aux États-Unis. Il s’installe d’abord à Baltimore, puis gagne le Nord, se fixant à New York. Témoin, en décembre 1735, du terrible incendie qui ravagea le sud de la ville, l’artiste a immortalisé l’évènement dans deux tableaux, ensuite gravés par l’aquafortiste William-James Bennett.
À partir de 1840, Nicolino, aidé de son fils John. A. Calyo (1818-1893), dirige un atelier et enseigne à de nombreux élèves l’art de la veduta, à l’exemple de notre gouache. Se plaisant à poser son chevalet dans la rade du port de Boston, il représente, à droite, le quartier de Beacon Hill, devenu dans les premières décennies du XIXe siècle l’endroit le plus huppé de la ville. On reconnaît le dôme en cuivre de la Massachusetts State House, siège principal du pouvoir dont l’architecture, dessinée par Charles Bulfinch, sera reprise dans de nombreux hôtels de ville américains. À proximité, on devine la flèche d’Old North Church, la plus ancienne église de Boston, ainsi que celle de Park Street Church, bâtie sur l’emplacement d’un ancien grenier à grain. Avec une constante précision, Nicolino Calyo a aussi peint diverses fabriques et entrepôts. Ceux-ci symbolisent la prospérité de Boston grâce au commerce maritime, comme l’illustre aussi la navette à vapeur. En effet, deux cours d’eau, la Charles River et la Mystic River, facilitent la communication avec l’intérieur des terres. Pour donner de la profondeur au panorama, Calyo anime le premier plan de pêcheurs, de portefaix et d’une jeune mère accompagnée de ses enfants et d’une servante noire. Ces personnages pleins de verve sont rehaussés d’une palette claire, vivement colorée. Répartissant habilement la lumière, notre gouachiste se distingue enfin par une sensibilité réelle aux variations de l’atmosphère. Les recherches impressionnistes ne sont pas loin... |
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| Chantal Humbert |
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