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| Artistique... mais ludique |
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Calder, actuellement exposé au Centre Pompidou à Paris,
sera bientôt maître du jeu des enchères, à Limoges. Éblouissantes voltiges en perspective !
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Estimation : 250 000 euros / 300 000 euros.
Alexandre Calder (1898-1976)
Stabile, 1968, base tripode,
cinq plaques et fils de métal
peints rouge et noir, répertoriée
dans les archives de la Fondation Calder sous le n° A 16373, 58,5 x 50,8 cm.
Limoges, dimanche 21 juin.
Galateau SVV.
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Au siècle dernier, la sculpture se libère des entraves du réalisme. Prospecteur, l’artiste s’érige créateur de formes, en inventant un univers inédit. Telle fut la démarche de l’artiste américain Alexandre Calder, qui révolutionna les concepts admis pour faire de la sculpture un art du (et en) mouvement. Né à Lawton, en Pennsylvanie, ce fils d’artistes davantage intéressé par «les outils du mécanicien que par la glaise et les pinceaux» choisit d’abord des études d’ingénieur, avant d’intégrer en 1923 l’Art Students League de New York. Émerveillé par le monde du cirque, le jeune homme crée plusieurs figurines faites de fils de fer et peintes de couleurs vives ; il les met encore lui-même en scène et les donne en spectacle à Paris, en 1926.
Le jeu, l’adresse, mais aussi la jubilation animent toutes ses premières créations métalliques, conçues durant les années parisiennes. Basées sur la théorie de la tension entre équilibre et déséquilibre, elles sont sensibles à l’espace et insufflent vie aux modèles, à l’exemple de la danseuse Joséphine Baker. Familier du groupe Abstraction-Création, Alexandre Calder veut tout simplement sculpter «des Mondrian qui bougent !», et faire du mouvement un matériau à part entière. Comment capter la fébrilité de la vie, simplifier une ligne, jouer avec le vide et le plein, les formes et les couleurs, passer du plan à la troisième dimension ? Toujours mû par cet idéal, Calder expose en 1932, à la galerie Percier, une trentaine d’oeuvres. Renversant les acquis de la sculpture traditionnelle, elles font tout ensemble référence au monde naturel et aux lois de la physique. Un moteur électrique, une manivelle à actionner entraînent les éléments mobiles des oeuvres. Forcément conquis, Marcel Duchamp, l’inventeur des ready-made, les baptise aussitôt Mobiles. Adoptant un langage sculptural entièrement abstrait, Alexandre Calder leur oppose d’autres sculptures géométriques, cette fois exclusivement animées par le souffle de l’air : formées de plaques d’acier découpées et rivetées, les pièces statiques sont posées sur le sol de façon stable, et naturellement nommées Stabiles par Jean Arp. La Seconde Guerre mondiale, cause de pénurie de métal, incite Calder à se tourner vers le bois, le plâtre, les matériaux recyclés et autres objets trouvés. Adaptant et affinant toujours l’idée de composition abstraite en mouvement, notre artiste partage son temps, à partir de 1963, entre les États-Unis et Saché, en Indre-et-Loire. Il fait d’ailleurs fabriquer par les entreprises Biémont, à Tours, la plupart des stabiles et mobiles monumentaux, tel L’Homme. Façonné en acier inoxydable, celui-ci dominait de ses vingt-quatre mètres le belvédère du parc des îles lors de l’Exposition universelle de Montréal, en 1967. De dimensions plus modestes, notre sculpture a été acquise l’année suivante par Dorothy Dudley. Authentifiée et dûment répertoriée, elle arbore les couleurs vives des célèbres jouets-personnages pour enfants. Harmonieusement composé, notre Stabile joue des effets plastiques, tout en alliant la pesanteur à la grâce. Départ pour une bien soutenable légèreté, où la poésie n’est pas loin !
À VOIR "Alexandre Calder. Les années parisiennes (1926-1933)", Centre Pompidou. Jusqu’au 20 juillet.
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| Chantal Humbert |
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