Coup de coeur - Un tableau de Sablet
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| Une famille idéale |
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Un portrait de famille signé par Jacques Sablet plongera les amateurs au coeur
de l’anglomanie de la fin du XVIIIe. Bienvenue dans un monde parfait.
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Adjugé 156 000 €.
Jacques Sablet (1749-1803),
Portrait du comte et de la comtesse de La Roche Saint-André
et de leur fils,
toile, 60,5 x 72,5 cm.
Marseille, samedi 20 octobre.
Damien Leclere SVV. M. Millet.
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Au lendemain de la Révolution, les familles nobles veulent encore croire que leur mode de vie n’a pas changé.
À cette époque aussi, rien de mieux que l’image pour entretenir l’illusion, celle donnée par les "portraits modèles" à l’anglaise. Ainsi Jacques Sablet s’est-il constitué une importante clientèle, la France entière se montrant désireuse de passer entre ses mains expertes. C’est certainement par son frère Jean-François, qui travaille dans la région nantaise avant de s’installer définitivement à Nantes, en 1805, qu’il est entré en contact avec les commanditaires de notre tableau, la famille de La Roche Saint-André. Mais revenons un instant sur la formation de Jacques Sablet. Né à Morges, en Suisse, d’un père marchand et peintre, il est placé chez les décorateurs Lyonnais et Cochet avant de rejoindre son aîné de quatre ans à Paris, dans l’atelier de Marie-Joseph Vien. Personnage clé de la carrière de notre artiste, Vien est nommé directeur de l’Académie à Rome, en 1775. Jacques Sablet le suit et restera en Italie jusqu’en 1794, période entrecoupée de quelques séjours en Suisse. De retour en France, il conquiert les faveurs de grands personnages, comme le cardinal Fesch qui possède jusqu’à vingt et une de ses oeuvres, ou encore Napoléon Bonaparte, auprès duquel il est introduit par le ministre de France à Florence et à Rome, François Cacault. Il se rend également en Espagne aux côtés de Louis Napoléon Bonaparte et réalise plusieurs portraits de Pauline. Sa carrière, relativement courte - il meurt en 1803 à l’âge de cinquante-quatre ans -, est dédiée à la peinture de genre, montrant des personnages revêtus de costumes italiens, puis aux fameuses conversation pieces. Ces portraits collectifs sur fond de paysage ou de ruines antiques sont alors en vogue, tant en Italie qu’en France. Leur origine ? L’Angleterre. Introduit par Van Dyck et perpétué par Reynolds ou Gainsborough, ce genre se développe durant tout le XVIIIe siècle et bien au-delà. Ainsi Jacques Sablet se détache-t-il du néoclassicisme de son maître dans son approche du portrait, mais aussi du paysage. Après tout, de l’anticomanie à l’anglomanie,
il n’y a qu’un pas... franchi avec allégresse par notre peintre. Si les Anglais ont introduit en France leur mode de vie à travers leurs jardins, vêtements et loisirs équestres, leur peinture a bien sûr marqué les artistes français, notamment en ce qui concerne le paysage et le portrait, ces deux sujets formant souvent un seul thème. Peint en 1748 par Thomas Gainsborough, Mr et Mrs Andrews, aujourd’hui à la National Gallery de Londres, demeure une référence du genre, où les personnages portraiturés semblent parfaitement unis à leur environnement. De la même façon, Sablet nous convie à rencontrer dans ses terres la famille de La Roche Saint-André au complet... sans oublier le chien de chasse sans qui son maître n’est rien ! Force est de relever les qualités de dessinateur et de coloriste du peintre, mais aussi son talent de paysagiste, qui accorde toute sa place au ciel vibrant de naturel et au jardin à l’anglaise. L’horizon, libre, ouvre sur une charmante scène de personnages s’adonnant dans la joie à leurs loisirs. Bref, la réalité rêvée... |
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| Caroline Legrand |
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