Coup de coeur - Un panneau décoratif d'Ico Parisi
 |
 |
| Retour au sommaire |
 |
| L’utopie maîtrisée |
|
Entre rationalisme et pop art, le design italien d’après-guerre est particulièrement inventif. Le mobilier de villas conçu par Ico Parisi en témoigne cette semaine.
|
 |
|
|
 |
Adjugé 11000 € (13434 € avec frais)
Ico Parisi (1916-1996) - Enzo Degni.
Panneau décoratif formant claustra,
acier chromé et trois éléments en Perspex polychrome transparent.
H. 289, l. 171 cm.
Dimanche 19 novembre 2006,
salle 5-6. Camard SVV.
Mme Colombari, M. Legrand.
|
|
 |
Le site est grandiose, un éden terrestre niché entre Préalpes et lac de Côme. Jusqu’à Bellagio s’égrènent des lieux enchanteurs, les rives rythmées de villas dans des écrins de verdure. La Casa Fontana, à Lenno, mire son architecture épurée dans le lac. Édifiée en 1967-1968 par Ico Parisi, architecte, designer, scénographe, photographe et peintre, sa décoration intérieure est un modèle du design italien d’après-guerre... débuté dès les années 30, en particulier par les architectes et artistes réunis dans le «groupe de Côme». Nombre d’idées en restèrent alors au stade du prototype, par manque de savoir-faire technologique de l’industrie mobilière italienne. Par exemple, les meubles dessinés à l’époque par Giuseppe Terragni furent édités dans les années 1960 et 1980. Ico Parisi entre dans son cabinet d’architecture en 1935. Né à Palerme, Parisi arrive très jeune à Côme, où son père est nommé professeur de dessin. La scène artistique cisalpine est pour le moins effervescente, en particulier dans cette région, entre Turin et Milan. Le futurisme laisse des traces profondes dans l’imaginaire du designer. En témoigne le panneau conçu avec Enzo Degni (voir photo) pour animer le départ de l’escalier, où le jeu des silhouettes colorées s’intègre dans la vie de la maison. Le cinétisme est aussi omniprésent, sans parler de la théorie d’un environnement intérieur complet, intégrant la peinture, la sculpture et le moindre objet usuel. Les principes rationalistes prônés par Le Corbusier et Mies van der Rohe perdurent en effet dans les réalisations de Parisi. Toutes ces idées arrivent à maturité après la guerre et trouvent leur apogée leur remise en cause, aussi dans l’exposition de 1972, «The New Domestic Landscape» organisée par le Museum of Modern Art à New York, avec des formes libres, organiques et ludiques, dans des matériaux modernes qui se plient à l’invention de l’artiste.
"Je dessine d’abord, je mesure ensuite", affirme Parisi. Avec ses amis artistes et décorateurs Fontana, Ponti, Colombo, Radice, Rho, etc., il trouve un juste milieu entre la provocation et la ligne claire, imbriquant les deux dans un espace vivant, à taille humaine et confortable. Avec son épouse, Luisa Aina, il conçoit dans leur atelier de "La Ruota" des décors complets d’une girouette en lames d’acier mobiles entrecroisées, ici estimée 5 000 euros, à une sculpture en verre réalisée par Barovier & Toso, à Murano en 1964. Cette Polenta, pour laquelle il faut compter 2 000 euros, est composée d’une fourchette en métal fichée dans une galette de verre de couleur ambre. Bref, une utopie réalisable, selon le titre d’un ouvrage de Parisi publié en 1978. |
 |
| Anne Foster |
|
|
|
 |
 |
|
|