La Gazette Drouot
La collection Audoin-Dubreuil
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L’aventure, c’est l’aventure
Au menu, des photos, des tableaux, des souvenirs de la collection de la fille
de Louis Audouin-Dubreuil, l’un des chefs des expéditions Citroën. Embarquement immédiat !
Adjugé 7200 euros l'ensemble.
Plaque de verre colorisée, d’un ensemble de 110, illustrant le débarquement
à Beyrouth lors de la Croisière jaune, 8,5 x 10 cm (détail).

Lundi 18 octobre,
salle 7 - Drouot-Richelieu,
11 h et 14 h.
Claude Aguttes SVV.
Mmes David, Daffos, MM. Coissard, Mordente, Estournel.

Son destin semblait tout tracé, mais il en a choisi un autre. C’est tout à son honneur... Les choses paraissaient évidentes, probablement trop pour Louis Audouin-Dubreuil (1887-1960), dont le père et l’oncle, négociants en cognac à Saint-Jean-d’Angély, dirigent les établissements Audouin-Frères fondés sous Louis XV. Après une enfance paisible, deux années passées en Angleterre pour se préparer à reprendre l’affaire familiale et un service militaire dans la cavalerie, Louis Audouin-Dubreuil fait ses débuts dans le négoce du précieux alcool charentais. Notre homme a le sens du devoir, mais rêve d’un autre destin...
La Première Guerre mondiale le lui offre bientôt. Pendant quatre ans, il est sur tous les fronts, ou presque. En 1920, il fait la connaissance de celui qui a reconverti son usine d’armement en industrie automobile, André Citroën. Assisté de son fidèle bras droit, Georges-Marie Haardt (1884-1932), il s’est lancé dans la fabrication de la première voiture européenne produite en série, la Citroën Type A. De la rencontre de l’entrepreneur avec Adolphe Kégresse, inventeur d’autochenilles pour le tsar Nicolas II de Russie, un fabuleux projet va naître : la mise au point de curieux engins, capables de se mouvoir dans la neige et bientôt dans le sable. Partis de Toggourt (Algérie), le 17 décembre 1922, Georges-Marie Haardt, Louis Audouin-Dubreuil, une dizaine de militaires et de géographes relient au volant de cinq autochenilles Tombouctou, au Soudan, en vingt jours. Qui a parlé de traversée du désert ?
Pour la marque aux chevrons, le succès est éclatant et une nouvelle “croisière” est bientôt sur les rails. Ou plutôt sur les roues. Le 28 octobre 1924, après un an de préparation, c’est le départ pour la “mission Centre Afrique”, qui va relier Colomb-Béchar (Algérie) à Tananarive (Madagascar). Huit autochenilles sillonnent l’Afrique jusqu’au 26 juin 1925. Aux côtés de Haardt et d’Audouin-Dubreuil, une équipe de mécaniciens, bien sûr, mais aussi un cinéaste, Léon Poirier, des scientifiques et un peintre, Alexandre Iacovleff, pour ramener une moisson de documents d’une valeur ethnographique énorme.
Et comme on n’arrête pas une équipe qui gagne, le 4 avril 1931, la troisième expédition Citroën motorisée, dite “mission Centre Asie” s’élance. Deux ans de préparation ont été nécessaires. Le but ? Relier les territoires sous mandat français du Moyen-Orient (Liban et Syrie) à ceux d’Extrême-Orient, l’Indochine et le Tonkin. Une quarantaine d’hommes sont réunis, parmi lesquels Alexandre Iacovleff, le père jésuite et géologue Teilhard de Chardin, le conservateur au musée Guimet Joseph Hackin, des cinéastes, des photographes... Deux groupes sont constitués : Pamir, dirigé par Haardt et Audouin, voyage à partir de Beyrouth d’ouest en est, Chine, sous les ordres de Victor Point, roule de Pékin vers l’ouest. Après s’être retrouvés au Xinjiang, tous deux doivent se diriger vers Pékin. Sur le papier, ça paraît simple ; sur les pistes, il en va tout autrement. Des autochenilles sont abandonnées, les membres du groupe de Victor Point kidnappés par des rebelles chinois. Le 12 février 1932, les hommes sont réunis à Pékin. Une douloureuse épreuve les attend encore, à Hong-Kong, sur le chemin qui doit les mener, par mer, en Indochine : la mort de Haardt, le 16 mars 1932. Certains territoires ne s’apprivoisent pas...
Claire Papon
http://www.gazette-drouot.com/static/resultat_vente_encheres/liste.html http://catalogue.gazette-drouot.com/ref/ventes-aux-encheres.jsp