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| Des Polonais à la mode russe |
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Prochaine étape de l’épopée russe sur le marché de l’art : la dispersion du mobilier
de la villa Meleniewski à Hyères. Une famille polonaise au goût russe très sûr...
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Adjugé 12 000 euros frais compris
Karl Fabergé, Saint-Pétersbourg, vers 1899-1908. Coupe-papier en bowénite,
or, argent, diamants et rubis, l. 16,5 cm.
Toulon, samedi 18 octobre 2008. Hôtel des Ventes de Toulon SVV, Mes Maunier - Noudel-Deniau. M. Boulay.
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Les Meleniewski, vous connaissez ? Rassurez-vous, bientôt ce nom n’aura plus de secret pour vous. Issue de la plus haute noblesse polonaise, cette famille est originaire de Podolie, région du sud-ouest de l’Ukraine conquise en 1793 par l’Empire russe. En 1870, Félix et Ernestine Meleniewski cèdent à la mode du moment : ils achètent une résidence d’été en France, à Hyères précisément. De lieu de villégiature, cette maison va devenir lieu d’habitation pour leur fille. Épouse d’un Français, le baron de Blonay, Marie-Aline vit entre Genève et Hyères, où elle reconstituera l’atmosphère du château familial de Naraëwska. Mais revenons à la généalogie familiale, qui ne manque pas d’impressionner.
Félix Stanislas Meleniewski fut commandeur de l’ordre de Saint-Jean de Jérusalem et de l’ordre souverain de Malte, député de l’assemblée de la noblesse de Kiev et conseiller au ministère de l’Intérieur de Kiev. À ce curriculum vitae déjà bien rempli, s’ajoutent ses nominations à l’ordre pontifical de Saint-Grégoire et à celui de Saint-Stanislas. Au petit jeu des références, son épouse n’a toutefois rien à lui envier. Ernestine est née comtesse Rzewuska. La généalogie de la famille remonte au XVe siècle et compte dans ses rangs quelques héros de l’histoire de la Pologne, notamment Wenceslas Rzewuski, chef de l’armée qui repoussa les invasions tartares, en 1739, et s’opposa à la mainmise de la Russie sur la Pologne. Quant au père de notre comtesse, il fut ambassadeur à Copenhague, sénateur et maréchal, son oncle étant général dans l’armée impériale russe et aide de camp du tsar Nicolas Ier. Mais, côté France, on retiendra un personnage plus romanesque : sa tante, la comtesse Evelyne Rzewuska, connue sous le nom de Madame Hanska, le grand amour d’Honoré de Balzac, qui l’épouse en 1850.
À Hyères, villa Meleniewski, le temps semble s’être arrêté depuis plus de cent ans. Archives familiales et historiques, orfèvrerie, porcelaine, peinture et mobilier russes garnissent la demeure. Et à propos d’art russe, un nom vient tout aussitôt à l’esprit : Fabergé. Summum du chic, trois objets issus de cette maison prouveront le bon goût des Meleniewski : ce coupe-papier, un cadre porte-photographie en bowénite (8 000/12 000 euros) et une icône de voyage (12 000/15 000 euros). Fabergé, ou le culte de l’ostentatoire. Notre coupe-papier est un exemple éloquent du luxe et de l’élégance appliqués à un petit objet usuel, qui, la plupart du temps, passe inaperçu. Pour Karl Fabergé, la mise en valeur passe par le jeu des matières, pas seulement de l’or ou des pierres précieuses, mais aussi des pierres dures.
La néphrite avait sa préférence, mais il utilisait également la bowénite, cette serpentine d’un vert laiteux des massifs de l’Oural. Comme beaucoup d’objets de ce type, notre coupe-papier ne présente pas de poinçon apparent. Il pourrait cependant être attribué au talentueux maître orfèvre Michaël Perchin, à la tête de l’atelier Fabergé de Saint-Pétersbourg entre 1886 et 1903. Une autre fameuse cliente de la maison, la reine Elisabeth II soi-même, possède aussi dans ses collections un coupe-papier en bowénite de forme incurvée. Au-delà des oeuvres d’art, cette vente offre aux amateurs tout un pan de l’histoire de la Pologne et de la Russie.
De quoi lever un fort vent d’est ! |
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| Caroline Legrand |
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