Coup de coeur - Une toile de Robert Pinchon
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| Balade impressionniste |
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En plein été, un paysage enneigé transportera les habitués du rendez-vous traditionnel
de Deauville au coeur de l’hiver. Effet garanti !
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Adjugé 18 230 € frais inclus.
Robert Pinchon (1886-1943), Promeneurs sur les quais de Seine à Rouen, huile sur toile, 50 x 81 cm.
Deauville, jeudi 16 août.
Artcurial Deauville SVV. Cabinet Marc Ottavi-André Pacitti.
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La lumière argentée, fine et changeante de la Haute-Normandie inspire l’impressionnisme.
Rouen suscite ainsi plusieurs chefs-d’oeuvre aux disciples de Monet. Logé sur le quai, à l’hôtel de Paris, Camille Pissarro mène une importante campagne de peinture en 1896, se donnant "un mal de chien" pour transcrire la beauté de la nature, au gré des modulations de la lumière.
À cette époque, le peintre Joseph Delattre crée l’Académie libre, où se retrouvent de jeunes peintres amateurs rouennais. Véritable accoucheur de talent, Delattre les entraîne sur le motif au Pré-du-Loup ou sur la côte Sainte-Catherine, d’où ils peuvent contempler Rouen, la Seine et ses bateaux. Au sein de cette foisonnante effervescence artistique, Robert Pinchon réalise ses premiers paysages de plein air. Fils d’un bibliothécaire, également journaliste et ami intime de Guy de Maupassant, le jeune Robert se passionne pour la peinture dès ses études au lycée Corneille.
C’est l’industriel normand François Depeaux, défenseur inconditionnel du courant pleinairiste, qui favorise la carrière du jeune homme : lors de la première exposition de Robert Pinchon, en avril 1905 chez Legrip, le "père Tanguy" des impressionnistes rouennais, un tiers des vingt-quatre tableaux proviennent de sa collection. François Depeaux le présente également aux grandes figures de l’impressionnisme, Albert Lebourg et Claude Monet. Ceux-ci lui reconnaissent d’emblée une étonnante qualité de coloriste. Utilisant des tons purs, tels qu’ils sortent du tube, notre peintre participe à la manifestation des fauves au Salon d’automne, en 1905. Ses bords de Seine, notamment À l’île aux cerises, traduisent avec enthousiasme les couleurs automnales ou les éclats rougeoyants du soleil. Robert Pinchon montre aussi une vive préférence pour les vues enneigées, aimant observer les vibrations de la lumière dans l’eau. Il capte à l’état pur les fluidités superposées, saisit cet univers sans pesanteur, fait de transparences diaprées. Des oeuvres tels Effet de neige ou Péniches dans la brume, conservées au musée des beaux-arts de Rouen, transcrivent avec beaucoup de poésie les éclairages ouatés des ports enneigés. Révélant une sensibilité extrême aux nuances les plus ténues de l’atmosphère, notre toile montre les quais de Rouen en hiver.
Transfigurant le port, la neige rayonne de sa propre lumière ; une brume rosée recouvre le parapet et les maisons. Mais le flou n’est qu’apparence, enveloppant en fait une construction parfaitement équilibrée. Le blanc des neiges sur les toits et le pont, plus soutenu que celui du ciel, met en valeur les silhouettes des personnages et des péniches. Indiquées en quelques touches accrochant les reflets, ces formes sont étonnantes de vie. Percevant le moindre détail, Robert Pinchon recrée une unité de ton, trouve l’harmonie. Tout comme les accords répétés d’une composition de Maurice Ravel... |
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| Chantal Humbert |
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