Coup de coeur - Un service d'argenterie du paquebot normandie
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| Dînez en première classe ! |
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Bientôt à l’honneur à Nantes, le mythe des paquebots sera notamment évoqué
grâce aux arts de la table. En tête, le service première classe du Normandie.
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Adjugé de 70 à 8 260 euros pièce frais compris.
Service d’argenterie de la salle à manger des première classe du paquebot Normandie,
créé par Luc Lanel pour Christofle. Nantes.
Mardi 14 novembre 2006.
Couton & Veyrac SVV. M. Boucher. |
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Luxueux palais, chef-d’oeuvre de la technologie et destin tragique... Tous les ingrédients étaient réunis pour faire du Normandie une légende. En 1942, lors des travaux des Américains en vue de sa transformation pour le transport de soldats, l’incendie, suivi du naufrage dans le port de New York, mit fin à sept années de bons et loyaux services du bâtiment. Si ce paquebot est resté dans les mémoires comme le premier ayant traversé l’Atlantique en cinq jours, son décor demeure aussi une référence. Le Normandie a perpétué une mode lancée par l’Ile-de-France en 1927, celle de se consacrer aux arts vivants. Ainsi est-il devenu un véritable musée des années 30. La Société des artistes décorateurs en obtint la charge, qui regroupait non pas des modernistes, mais des représentants d’un art français plus traditionnel, tels Leleu, Süe et Mare, Dupas et Janniot... Centre névralgique de tout navire français, la salle à manger des première classe est l’un des joyaux créés par les architectes Patout et Pacon. Jugez plutôt : 86 mètres de long, 9,50 de haut, une véritable «cathédrale» occupant l’équivalent en hauteur de trois ponts. Un escalier permettait d’atteindre l’une des cent cinquante tables réservées à cette élite qui composait plus de la moitié des passagers, soit environ huit cent trente privilégiés... Le décor, majestueux, jouait la brillance des parois de verre taillé et gravé par Labouret sur fond métallique, auxquelles il convient d’ajouter les appliques de verre de 5 m de haut et douze pots à feu de 3 m signés Lalique, le tout illuminé par quelque 13 200 kW. L’une des passagères du voyage inaugural, Colette, a évoqué ses impressions pour Le Journal. Dans cette «basilique, au soleil d’une futaie de colonnes lumineuses (...) À perte de vue des icebergs givrés et géants, orgues de cristal», comment ne pas se sentir tout petit ? "Je suis seule et j’hésite à commander ce qui me paraît être, par contraste, le plus petit café au lait du monde". L’argenterie détenait bien sûr un rôle primordial dans ce décor. Le privilège de créer le service de table soit 50 000 pièces d’orfèvrerie et près de 60 000 de verrerie revint à la maison Christofle. Simplicité et robustesse sont les termes les plus utilisés pour le décrire. Ces pièces au profil géométrique sont frappées du monogramme circulaire de la compagnie gravé sur le manche. Ce fut bien l’unique fois dans l’histoire que des possesseurs d’un billet de première classe mangèrent avec des couverts marqués "CGT" !
Presque totalement renouvelée suite à son passage par-dessus bord dû à un mouvement d’humeur des plongeurs en cuisine, cette argenterie a connu bien des aventures, avant d’être débarquée par les Américains, lors de la réquisition de 1942. Si vous envisagez d’acquérir toutes les pièces de la table reproduite, sachez que l’estimation oscille de 45 000 à 60 000 euros ! Créés par Luc Lanel, les couverts furent baptisés du nom titanesque d’«Atlas», tandis que les pièces de forme adoptèrent celui de "service transat". Évoquant une époque disparue ce luxe tranquille de l’entre-deux-guerres ce service d’argenterie conserve peut-être aussi le goût de la subtile cuisine du chef Magrin ! |
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| Caroline Legrand |
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