La Gazette Drouot
Une toile de Monet
Monet peint en rose

Au fil de ses nombreux séjours sur la côte normande, au gré des lumières du pays de Caux, Claude Monet a construit son regard sur la nature. Impressionnant.

Au milieu de somptueuses compositions de l’opéra italien se font entendre des envolées de tarentelle, des comptines populaires. Annibale Oste sait jouer de tous ces registres – de l’ardeur lyrique aux quelques notes pleines d’une pétillante joie de vivre, qui sentent bon le soleil, la mer, le vent. Depuis ses études de sculpture à l’Académie des beaux-arts de Naples, cet élève d’Emilio Greco et d’Augusto Perez ne cesse de faire des recherches sur les matériaux susceptibles de traduire sa sensibilité poétique. N’étant pas Napolitain pour rien, il ne rechigne point devant les beautés baroques. Dans son article paru dans La Reppublica à la mort de l’artiste, Donatella Bernabo Silorata le décrit comme “Un extraordinaire demiurge” transformant les matières, le bronze, le bois, les résines et les pierres dures en surfaces qui captent la lumière. Dès sa première exposition, en 1967, le travail d’Annibale Oste frappe par sa musique intérieure, son attention aux éléments naturels, la lumière, l’eau, le vent. Il nomme son premier cycle “La Vie et la Mort”... Quelque temps après, il montre une série, “Palloncini”, à partir de ballons d’aluminium. C’est le début d’une exploration de la nature dans ce qu’elle a de plus aérien, de plus fluide, de plus quotidien. Une gageure ! Il lui faut par exemple figer l’eau dans du métal sans alourdir l’ensemble et tout en préservant cette notion de fantaisie du hasard quotidien. Dans les années 1970, Annibale Oste est reconnu, remportant notamment, en 1973, le prix Fiorino pour la sculpture. Des cônes bien solides, bien compacts concrétisent la lumière, tant naturelle qu’artificielle. Sans elle, comment faire chanter les surfaces, rendre la vie qu’elle insuffle aux matières inertes ? Aucune difficulté technique ne rebute le designer. À la fin des années 1970, il s’attaque au vent, à ses manifestations observées dans la vie de tous les jours. Les rideaux volètent en se plissant, il en saisit le mouvement dans de la fibre de verre. Le contraste entre l’imaginaire et la représentation fait naître le sentiment poétique. Il faut dire qu’Annibale Oste vit à Naples, ville où l’on croise les antiquités à tout bout de champ. Le sculpteur intègre des notations de la statuaire antique dans son oeuvre ; l’aboutissement, en 1982, se nomme Ulysse, une robe blanche dévoilant des plis produits par le contact d’un corps imaginaire.

monet
Estimation : 300 000/500 000 €.
Claude Monet (1840-1926), Sapins à Varengeville,
toile portant le cachet de la signature en bas à droite, 60 x 81 cm.

Dreux, samedi 13 avril. Laurent Bernard - Maison de ventes aux enchères SVV. M. Jansem.
Parmi eux, sept toiles préparatoires aux Nymphéas sont aujourd’hui proposées aux enchères (attribuées, 3 000 à 15 000 €), ainsi que notre tableau, pièce phare de cet ensemble inédit sur le marché. Ce paysage de Varengeville, répertorié et certifié du Wildenstein Institute, est baigné d’une lumière sereine, rose et turquoise. Adoptant un point de vue élevé, Monet piège l’instant juste et précis... car ce moment-là ne reviendra jamais. Obstination, acharnement, amour du travail bien accompli : “Je suis tout à fait d’aplomb, mais bon dieu, que c’est beau et difficile, que j’ai du mal à faire ce que je veux !” écrit le peintre à sa femme, en perfectionniste. Sa composition, pleinement impressionniste, pratique une juxtaposition des aplats de couleur, recourt à la simplification des formes. L’artiste use aussi d’effets d’optique exagérés pour mieux exprimer les sensations visuelles. Captant les éléments à l’état pur, Claude Monet indique les fluidités superposées et révèle ainsi un univers sans pesanteur, empli de transparences diaprées. Les lignes courbes des feuillages et des nuages sont parfaitement contrebalancées par les verticales des troncs. Contrairement à ses Meules adhérant à la terre, l’allure effilée et élégantedes sapins aspire au final le regard vers le ciel. Au seuil de l’informel.
La Gazette Drouot n° 13 - 5 avril 2013- Chantal Humbert


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