Coup de coeur - Miniature indienne
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| Parade princière au royaume du Ratlam |
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L’exposition “De l’Inde au Japon, 10 ans d’acquisitions au musée Guimet”
s’achèvera jeudi prochain. Rendez-vous la veille à Drouot, pour des miniatures indiennes.
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Adjugé 49 336 € frais compris
Inde centrale, Ratlam,
milieu du XIXe siècle.
Parade du Raja Shrî Bhamvarjî
Bhuvâni Singhjî, gouache sur page
d’album cartonnée, 36,5 x 47 cm.
Paris, mercredi 12 décembre, salle 2. Pescheteau-Badin SVV. Mme David.
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Entre le cavalier et son cheval, notre coeur balance : ils ont si fière allure. L’homme, martial, brandit une épée. Sa tunique est tissée de fils d’or, tout comme son heaume surmonté de plumes et d’une aigrette ; son bouclier est orné de tigres dévorant des boeufs et d’un homme attaquant un tigre... Pourtant, la monture est aussi belle si ce n’est plus que son cavalier. L’artiste s’est délecté à rendre la douceur de l’oeil, juste aperçu derrière le chanfrein brodé comme la tunique de son maître, la crinière nattée de fils rouges et or, le collier de quatre rangs de perles attaché sous l’encolure, les bracelets à chaque sabot. Le plumet et l’aigrette sont même plus imposants. À l’évidence, nous sommes face à un personnage important ! Rien moins que le raja "Shrî Bhamvarjî Bhuvâni Singhjî", nous apprend l’inscription.
Pour souligner le pouvoir du raja, une suite de personnages l’accompagne probablement des roitelets vassaux. Bref, nous sommes en présence d’un bel exemple de l’art hindou développé depuis la seconde moitié du XVIIe siècle dans l’ouest de l’inde, dans les régions de Mewar et de Malwa. Le royaume de Ratlam, situé dans cette dernière province, fut fondé par Ratan Singh, qui régna de 1652 à 1658. Selon la légende, le grand Chah Jahan lui aurait offert ce territoire pour le remercier d’avoir calmé son éléphant favori, qui dévastait les jardins du palais à Agra ! Ratan Singh a aussi accompagné l’empereur moghol dans ses campagnes contre les Perses, à Kaboul et Kandahar. Nul doute qu’il en ait rapporté des exemples de leur somptueux art de cour, et les peintres de miniatures vont atteindre une maestria jamais égalée par la suite. Chaque seigneur désire son portrait de profil sur un fond neutre, réclame des scènes le montrant fier guerrier, se délassant auprès d’une de ses épouses, ou encore partant à la chasse. Un art courtois, en somme, à l’instar de notre culture médiévale, qui se perpétue dans l’école rajpoute. La noblesse indienne appartient à la caste des guerriers kshatriyas, qui s’appelaient donc «rajpoutes», c’est-à-dire fils des rois. Ralliés aux conquérants moghols, par la force des armes ou par persuasion (souvent financière ou territoriale), ces chefs guerriers s’efforcèrent dans leur palais fortifié d’imiter la magnificence de la cour impériale longtemps après le déclin de la dynastie Moghol. Ainsi, en plein milieu du XIXe siècle, un prince cavalier, précédé de ses armes portées par des serviteurs, accompagné de ses chiens et suivi avec déférence par des vassaux, caracole sur un fond jaune vif souligné lignes d’arbres et de fleurs. Pour notre plus grand ravissement... |
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| Anne Foster |
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