La Gazette Drouot
Une petite horloge de table du XVIe�si�cle
EN RÉGIONS / Trésor parlementaire rennais

D'exceptionnels manuscrits calligraphiés nous invitent dans les États de Bretagne sous Louis XV.
Pièce souveraine à ne pas rater !

Par l'édit de Fontainebleau, le roi Henri II crée en 1554 le parlement de Bretagne, garant du traité d'union avec la France, qui avait été signé vingt-deux ans plus tôt. Cette juridiction d'appel pour toute la province disposera aussi de pouvoirs administratifs et politiques. Le droit de remontrance l'autorise par exemple à s'opposer à l'application d'ordonnances royales. Dans un premier temps, le parlement siège tantôt à Nantes, tantôt à Rennes, avant de s'établir définitivement, en 1561, dans cette dernière ville. Les parlementaires – on en compte bientôt une centaine – animent vite la cité, qui devient la capitale judiciaire, administrative et politique d'une vaste province prospère. Bénéficiant d'une belle aisance pécuniaire, elle leur fait acheter des charges fort onéreuses pour se rendre inamovible et pouvoir gagner l'ordre de la noblesse. Ils se font alors ériger, dans la partie haute de Rennes, des hôtels particuliers magnifiques. Et puis, ils ont à cœur de disposer d'un palais digne de leurs attributions. Pour ce faire, ils en confient l'édification, au début du XVIIe siècle, à Salomon de Brosse, l'architecte du palais du Luxembourg. Au siècle suivant, le bâtiment est remanié par Jacques-Jules Gabriel, premier architecte du roi. S'accordant harmonieusement avec les façades de la nouvelle Place royale, il se manifeste comme l'un des premiers exemples en France d'un grand programme architectural judiciaire à la fois moderne et fonctionnel. Ce somptueux ensemble ornemental, qui avait échappé aux flammes en 1720, fut malheureusement la proie d'un gigantesque incendie accidentel dans la nuit du 4 au 5 février 1994, aux dégâts très importants. Un grand nombre d'œuvres sont endommagées, les ouvrages et les documents manuscrits quasiment tous perdus. Aussi ces archives des assemblées parlementaires provenant d'une bibliothèque privée bretonne se révèlent-elles fort précieuses : elles témoignent de nombreux actes administratifs et financiers ayant eu lieu entre 1730 et 1774. Plusieurs volumes présentent d'ailleurs les armes du comte Maurille Louis de Quelen, procureur général et syndic des États de Bretagne. En effet, une fois Louis XIV et l'absolutisme disparus, l'aristocratie bretonne reprend son rôle historique et investit complétement le parlement sous le règne de Louis XV. Les manuscrits rapportent également diverses querelles intestines entre la noblesse et le clergé, deux ordres en concurrence. Parmi les remontrances adressées au roi, certaines reflètent l'esprit nouveau des Lumières, notamment un regard plus attentif envers la nature et l'agriculture, producteurs de richesse. Y est enfin bien évoquée la rude fronde que mènent les élites bretonnes, refusant, entre autres, une politique fiscale plus dure exigée par le coût de la guerre de Sept Ans. Connue sous le nom de «l'affaire de Bretagne», elle met l'autorité royale en question et annonce des bouleversements plus profonds. Ils conduiront en 1789 à la convocation des États généraux, qui décideront avec la Révolution de la suppression des parlements provinciaux. Mais, nous sortons du passé régional breton pour entrer dans l'histoire de France …

Réunion de dix-sept volumes in-folio, manuscrits calligraphiés des archives des assemblées des États de la province de Bretagne, 1730-1774, reliures d'époque



QUAND ?
Mardi 12 mai 2015

OÙ ?
Brest. Adjug'Art SVV. M. de Broglie.

COMBIEN ?
Estimation : 80 000/100 000 euros

La Gazette Drouot n° 18 du vendredi 8 mai 2015 - Chantal Humbert


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