Coup de coeur - Toile de Simon Vouet
 |
 |
| Retour au sommaire |
 |
| Détente en famille |
|
Accordons-nous une pause récréative, grâce à un chef-d’oeuvre de Simon Vouet,
atout majeur du 19e rendez-vous de Cheverny. Illustration du bonheur.
|
 |
|
|
 |
Adjugé 160 000 € frais compris.
Simon Vouet (Paris, 1590-1649), Le Repos pendant la fuite en Égypte, toile, vers 1647-1648, 85 x 94 cm.
Château de Cheverny, dimanche 10 et lundi 11 juin. Vente aux Enchères Vendôme Cheverny Paris SVV. M. Millet. |
|
 |
Qu’y a-t-il de commun entre l’Immaculée Conception, les saints Bernard de Clairvaux, Marguerite d’Antioche, Georges, Marthe et Sylvestre ? Un dragon. Tous, en effet, sont représentés en train de l’affronter. Si les civilisations orientales voient en lui une divinité bénéfique, tel n’est pas le cas en Occident chrétien, où il est synonyme de péché et symbolise rien moins que Satan ! La mythologie non plus ne lui donne pas souvent le beau rôle : Jason et Persée doivent le tuer, l’un pour s’emparer de la Toison d’or, l’autre afin de délivrer Andromède sur le point d’être sacrifiée ; Hercule et Atlas ont à vaincre sa vigilance pour entrer au jardin des Hespérides et s’emparer des célèbres pommes. Que d’affrontements avec cet animal habituellement représenté sous la forme d’un reptile crachant des langues de feu, souvent confondu avec un serpent et parfois ailé... Des ailes, mais point de flammes ici, à moins que l’on ne voie dans cette imposante aigue-marine une langue de feu sortie de la gueule de l’animal. Nous sommes vers 1900-1905, à l’apogée de l’art nouveau. La femme et la flore sont partout, pas un domaine des arts décoratifs où elles ne soient prises pour motifs. La bijouterie et la joaillerie ne font pas exception à la règle : le corps ou le visage féminins, la fleur, la feuille, la tige, le bourgeon et même les racines inspirent les broches, devants de corsage, pendentifs, colliers et autres peignes. Toutefois, les artistes ne dédaignent pas les fruits et les graines, les insectes, les oiseaux ou les reptiles. Aux pierres précieuses, ils préfèrent bien souvent les matières jusque-là injustement méprisées. Les pierres fines et dures, comme l’opale (réputée porter malheur !), sont associées à l’ivoire, l’écaille, la corne et, surtout, l’émail. Translucide et cloisonné à jour, il laisse en effet si bien passer la lumière... C’est en Orient, en Égypte ou en Phénicie, au deuxième millénaire avant J.-C. que la technique de travail de ce verre fusible composé de sable, de borax et de minium et mêlé à des oxydes métalliques fut découverte.
On sait peu de choses des émailleurs de la période art nouveau, si ce n’est qu’ils travaillaient librement pour divers fabricants et que l’engouement pour les bijoux de cette époque leur doit beaucoup. Étienne Tourrette fait partie des plus doués ; élève et collaborateur de Louis Houillon, il a exposé avec ce dernier entre 1878 et 1884, puis, seul, de 1893 à 1910. Tourrette a travaillé avec les plus grands, à commencer par Henri Vever, mais surtout Georges Fouquet, dont il devient le fournisseur attitré. Sa spécialité ? Les émaux pailletés aux reflets iridescents. Pour cela, il introduit à la surface de l’émail, lors de la dernière cuisson, une petite feuille d’or ou d’argent, qui réfléchira la lumière et donnera à la pièce ses éclats. On lui doit également l’invention d’une technique de gravure à l’acide à la surface de l’émail. Artisan de l’imaginaire, il est passé maître dans l’art de faire vivre cette matière ancestrale. "Si l’homme ne fermait pas souverainement les yeux, il finirait par ne plus voir ce qui vaut d’être regardé", a écrit un certain René Char.. Comme il avait raison !. |
 |
| Chantal Humbert |
|
|
|
 |
 |
|
|