Coup de coeur - Une théière de Jean-Adrien Duval
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| L’épopée du thé |
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Deux théières début XVIIIe présentées cette semaine sont l’occasion d’évoquer cette boisson arrivée en Europe au siècle précédent. Dégustation.
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Adjugé 20 000 euros.
Jean-Adrien Duval. Théière de forme balustre sur piédouche, en argent à décor de croisillons fleuris, bec verseur terminé en tête d’oiseau.
Calais, 1756-1760. Poids : 796 g.
Vendredi 10 novembre 2006, salle 3.
Fraysse & Associés SVV. M. de Sevin.
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C’est toujours l’heure du thé», annonce le Chapelier à Alice, dans l’ouvrage d’un des plus célèbres sujets britanniques, Lewis Caroll. Breuvage des dieux et des hommes, le thé est aujourd’hui le liquide le plus consommé au monde, après l’eau. Mais cela ne s’est pas fait en un jour, bien sûr, et le voyage de la petite feuille verte depuis la Chine, son berceau, fut fort long. Une légende raconte que vers 2730 av. J.-C., l’empereur Chen Nung s’était un jour endormi au pied d’un arbre, après avoir pris soin de faire bouillir l’eau qu’il s’apprêtait à boire. Pendant son sommeil, un vent léger fit voler quelques feuilles de l’arbre jusque dans l’eau. À son réveil, Chen Nung boit le breuvage et le trouve fort bon... Le thé était né. Au VIIIe siècle de notre ère, un traité du thé voit le jour sous la plume d’un moine bouddhiste. L’exportation avait débuté cent ans plus tôt, vers le Tibet d’abord, pour atteindre le Japon au Xe siècle. Marco Polo l’évoque dans ses récits comme une boisson exotique, à réserver aux femmes et aux vieillards ! On ne sait si les Européens ont retenu le conseil, mais une chose est sûre, c’est qu’il faut attendre le début du XVIIe siècle pour que les Hollandais, grâce à leur Compagnie des Indes, rapportent en Occident les premières caisses de thé. Les Anglais sont immédiatement séduits. En France, c’est une autre affaire...
Qui dit "thé" dit "théière", cela va de soi. Les récipients fleurissent, en faïence, en porcelaine, en étain, mais surtout en argent, les métaux précieux conducteurs de chaleur étant en effet parfaitement appropriés. Les orfèvres se lancent dans leur fabrication au cours de la seconde moitié du XVIIe siècle. Les théières remplacent alors les sortes de coupes dans lesquelles le breuvage est non seulement préparé, mais aussi consommé. Puis apparaissent des récipients verseurs couverts, où infusent les feuilles séchées. Les premières théières offrent une silhouette trapue, une panse large et basse, un couvercle à charnière s’ouvrant perpendiculairement à l’anse. Changement de siècle, changement de style : le XVIIIe apprécie les modèles piriformes, les longs becs, souvent placés au bas du récipient et en forme d’animal, les couvercles bombés dont la charnière peut encore s’ouvrir dans l’axe de l’anse. Celle-ci, en bois fruitier ou en ébène, est fixée au vase soit par des douilles cylindriques unies, soit, comme ici, par des hottes à disques. Un réchaud se glisse sous la verseuse, à fond plat (dit "marabout"), parfois sur piédouche, plus rarement au piétement tripode. À la fin du XVIIIe siècle, anglomanie oblige, la consommation de thé se généralise dans l’Hexagone, avant de devenir une véritable mode au siècle suivant. La théière piriforme, cylindrique, à corps droit ou oblong s’accompagne alors d’un ensemble d’accessoires, allant du sucrier au pot à lait ou à crème, en passant par la passoire, la boîte à thé ou la cuiller à feuilles servant de mesure. Qui a dit que le thé est une simple boisson d’eau chaude ? |
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| Claire Papon |
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