Coup de coeur - Un gorille par François Raty
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| François Raty un artiste complet |
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L’atelier de cette figure de Vallauris, à la fois peintre,
sculpteur et céramiste sera bientôt dispersé à Rennes. Gros plan.
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Adjugé 11 500 euros (13 800 euros frais compris).
François Raty (1928-1982),
Le Gorille, 1958, bronze,
signé et daté, H. 31, L. 23, P. 15 cm.
Mardi 7 novembre 2006. Rennes.
Bretagne Enchères SVV. Mme Lajoix.
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En 1951, trois ans après Pablo Picasso, c’est au tour de François Raty de poser ses valises à Vallauris, petite ville des Alpes-Maritimes célébrée pour son art de la terre et du feu. Véritable centre d’émulation artistique des années cinquante, où dans la même journée, selon Robert Perot, “vous pouviez rencontrer Picasso, Eluard, Cocteau, Prévert, Verdet...”, Vallauris devient même le lieu symbolique de la liberté intellectuelle. Les nouveaux venus aiment le jazz et le feu des projecteurs, qui envahissent déjà la croisette lors du festival de Cannes. Mais ils viennent aussi à Vallauris pour se ressourcer. Baptisés les “essistansialistes” par les potiers traditionalistes de la ville, ces artistes donneront néanmoins un salvateur coup de jeune à la technique de la céramique, désormais considérée comme un art à part entière. Parmi eux, François Raty, qui n’a pas reçu de formation dans ce domaine. À dix-huit ans, il choisit en effet d’étudier le dessin et la peinture à l’académie parisienne de la Grande Chaumière, pendant deux ans. Dès 1949, il expose ses oeuvres à la galerie La Peau de porc, à Paris. Cet aspect de son travail sera d’ailleurs mis en lumière dans notre vente, grâce aux nombreux dessins et huiles présents. En 1951, comme beaucoup d’autres artistes voulant redécouvrir les origines de l’art par la manipulation de la terre, il fait donc le voyage à Vallauris. Il rencontre alors René Maurel, qui lui transmet son savoir-faire. À partir de 1968, les créations de Raty évoluent vers la sculpture, en métal, en cuivre, en zinc, en fer, en laiton ou en bronze, comme notre Gorille. Fortement influencé au départ par les oeuvres de Picasso, reprenant même ses thèmes des oiseaux de nuit, des taureaux et des chèvres, il saura s’en détacher et trouver sa propre voie. Son don d’observation, mais aussi un penchant pour un univers fantasque, voire surréaliste dans ses peintures notamment où l’influence de son ami Oscar Dominguez se fait sentir , caractérisent son oeuvre. Dans le domaine de la céramique, s’il a d’abord pratiqué le tournage, il le délaisse pour façonner à la main, afin de s’écarter de toute production mécanique et de créer des pièces uniques. Travaillés au colombin et d’après nature, ses animaux sont une totale réussite technique. Ce procédé, impliquant une simplification des volumes et des plans, convient à la perfection à son répertoire animalier aux formes dépouillées, d’inspiration orientale et précolombienne.
À partir de 1952, il expose chaque année au Nérolium, avec les autres artistes de Vallauris. Raty recevra aussi, trois ans plus tard, une médaille d’or à l’Exposition internationale de céramiques d’art, à Cannes. Se succèdent ensuite des manifestations à l’étranger, notamment en Allemagne et au Japon. Ce talent complet s’exprimera encore au travers d’autres médiums. Il produit ainsi, en 1962, un dessin animé, qui sera primé au festival du film amateur de Cannes, ou crée des bijoux dont plusieurs modèles seront proposés à Rennes. François Raty quittera finalement Vallauris pour s’installer à Valbonne, puis en Normandie, avant d’ouvrir, en 1976, sa propre galerie à Beaumont-en-Auge, dans le Calvados. |
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| Caroline Legrand |
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