Coup de coeur - Une robe bustier de Dior 1956
 |
 |
| Retour au sommaire |
 |
| Un été 56 |
|
La maison Dior fête cette année soixante ans d’activités, qui au fil des collections
ont alimenté le marché en pièces vintage, désormais disputées à prix d’or.
|
 |
|
|
 |
Adjugé 8 183 € frais compris.
Christian Dior, collection printemps-été 1956, robe bustier en organdi blanc entièrement brodé de perles blanches. Numérotée 80448.
Paris, vendredi 6 juillet, salle 6.
Jean-Marc Delvaux SVV. Mme Daniel.
|
|
 |
Didier Ludo l’affirme sans hésitation : la robe bustier de Christian Dior de la collection printemps-été 1956, proposée aux enchères cette semaine, est un chef-d’oeuvre !
"C’est tout Dior, on y reconnaît sa fraîcheur et l’influence de Madeleine, sa mère, dont l’élégance le fascinait. Le travail des broderies de cette robe est une réminiscence des guipures et des dentelles qu’elle portait au début du siècle. Cette robe possède le même caractère fragile et diaphane que le modèle Muguet de 1957, notamment porté par Francine Weisweiller." Didier Ludo sait de quoi il parle : ce spécialiste de la haute couture vintage ne possède personnellement pas moins de six mille pièces griffées de la maison Dior.
Installé au Palais Royal, galerie Montpensier, il a fêté voici deux ans ses trente années de présence au sein du prestigieux quadrilatère, en investissant toutes les vitrines des boutiques alentour avec des créations Dior de sa collection. Bien entendu, il prête régulièrement des pièces pour des expositions, notamment au musée installé dans la villa familiale du créateur, les Rhumbs, à Granville. Cette institution propose d’ailleurs, jusqu’au 23 septembre, «Dior, soixante années hautes en couleurs», où défilent, comme au Palais Royal, des robes signées des couturiers de la célèbre maison, depuis le fondateur jusqu’à John Galliano, en passant par Yves Saint Laurent, Marc Bohan et Gianfranco Ferré... Concernant notre robe, Didier Ludo précise : "On n’est plus dans le New Look, la robe est beaucoup plus courte, même si le bustier est toujours conçu comme un corset, une véritable architecture qui identifie à coup sûr une pièce de Dior."
Signalons encore aux néophytes qu’au long d’une carrière construite en vingt-deux collections, de 1947 à 1957, le style de Christian Dior a connu des variations. Les trois premières années sont marquées par l’avènement du New Look, redonnant à la silhouette toute sa féminité : longueur de robe voilant le mystère des jambes, taille marquée, hanches arrondies et épaules douces. De 1950 à 1953, cette orthodoxie perd en rigueur : des angles apparaissent, le buste s’épanouit, la taille est plus souple et la longueur des jupes diminue.
À partir de 1954, le corps de la femme est plus fuselé, les lignes valorisant le buste et on renonce à marquer la taille. L’ultime collection, celle de l’automne-hiver 1957, délivre le corps de toute contrainte. Notre robe, quant à elle, nécessite encore l’intervention d’une camériste, pour enfermer le buste dans sa précieuse ganse d’organdi brodé de perles. "Il fallait savoir donner un coup d’ongle très spécial pour dégrafer les pressions sans abîmer le tissu." Un savoir-faire digne d’Irma, la femme de chambre du célèbre Rossignol milanais.
Laissons-lui le mot de la fin, tiré des Bijoux de la Castafiore : "Ce n’est pas que ce collier ait une grande valeur : ce n’est qu’un bijou de fantaisie. Mais il est de Tristan Bior... et Tristan Bior, on dira ce qu’on veut, c’est toujours Tristan Bior !" |
 |
| Sylvain Alliod |
|
|
|
 |
 |
|
|