La Gazette Drouot
Urbino, plat en céramique
Mythique majolique

Un plat d’un célèbre service d’Urbino refait surface... et tout le talent de Francesco Xanto Avelli nous éblouit. Gros plan sur un trésor de la Renaissance.

Quand la céramique se fit peinture, Urbino, dans les Marches, devint le centre artistique majeur de l’Italie. Comme le démontre superbement l’exposition “Majolique - La faïence italienne au temps des humanistes”, organisée jusqu’au 6 février prochain au château d’Écouen, le succès de la majolique résulte de plusieurs faits convergents. Le premier étant la découverte de la faïence par les potiers italiens. S’inspirant des pièces lustrées espagnoles, importées dans leur pays via l’île de Majorque, ceux-ci n’ont pas tardé à mettre au point leur propre production. La terre argileuse, cuite une première fois, est recouverte d’une glaçure stannifère, puis peinte avec des oxydes métalliques et, enfin, un second passage au four fixe le décor en vitrifiant la glaçure. Les couleurs acquièrent ainsi cette brillance inégalée qui donne tout leur caractère à ces pièces, dont la palette de jaune orangé, de bleu et de vert est reconnaissable au premier coup d’oeil. Outre la technique, ce qui distingue la majolique italienne du XVIe siècle, c’est bien sûr son décor historié. On n’hésite pas à s’inspirer des oeuvres des plus grands maîtres du temps, en tête desquels un natif d’Urbino, Raphaël, suivi de Giulio Romano, Pinturicchio, Francesco Francia ou Marcantonio Raimondi... Leurs travaux sont alors connus grâce à des dessins et, surtout, par la gravure, dont la diffusion s’élargit sensiblement au fil du XVe siècle en Italie. Ainsi les peintres de céramique disposent-ils d’un important corpus d’oeuvres des plus grands maîtres, dont eux-mêmes furent parfois élèves. Nous sommes bien en présence d’artistes parmi les plus talentueux, qui, au lieu de s’orienter vers la peinture de chevalet ou la fresque murale, ont choisi la majolique.

pendule
Adjugé 270 000 euros frais compris
Urbino, 1529-1530, attribué à Francesco Xanto Avelli de Rovigo (vers 1486-vers 1542).
Plat en faïence à décor polychrome en plein, représentant Apollon et le satyre Pan lors de leur concours musical, inscription au revers “De Appollon et Pangli / musicali acceti / fabula” et marque de l’epsilon, diam. 26 cm.

Tours, lundi 5 décembre. Hôtel des Ventes Giraudeau SVV. M. Vandermeersch.

Quand la céramique se fit peinture, Urbino, dans les Marches, devint le centre artistique majeur de l’Italie. Comme le démontre superbement l’exposition “Majolique - La faïence italienne au temps des humanistes”, organisée jusqu’au 6 février prochain au château d’Écouen, le succès de la majolique résulte de plusieurs faits convergents. Le premier étant la découverte de la faïence par les potiers italiens. S’inspirant des pièces lustrées espagnoles, importées dans leur pays via l’île de Majorque, ceux-ci n’ont pas tardé à mettre au point leur propre production. La terre argileuse, cuite une première fois, est recouverte d’une glaçure stannifère, puis peinte avec des oxydes métalliques et, enfin, un second passage au four fixe le décor en vitrifiant la glaçure. Les couleurs acquièrent ainsi cette brillance inégalée qui donne tout leur caractère à ces pièces, dont la palette de jaune orangé, de bleu et de vert est reconnaissable au premier coup d’oeil. Outre la technique, ce qui distingue la majolique italienne du XVIe siècle, c’est bien sûr son décor historié. On n’hésite pas à s’inspirer des oeuvres des plus grands maîtres du temps, en tête desquels un natif d’Urbino, Raphaël, suivi de Giulio Romano, Pinturicchio, Francesco Francia ou Marcantonio Raimondi... Leurs travaux sont alors connus grâce à des dessins et, surtout, par la gravure, dont la diffusion s’élargit sensiblement au fil du XVe siècle en Italie. Ainsi les peintres de céramique disposent-ils d’un important corpus d’oeuvres des plus grands maîtres, dont eux-mêmes furent parfois élèves. Nous sommes bien en présence d’artistes parmi les plus talentueux, qui, au lieu de s’orienter vers la peinture de chevalet ou la fresque murale, ont choisi la majolique.

La Gazette Drouot N°42 - 2 décembre 2011 - Caroline Legrand


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