La Gazette Drouot
Cote et tendance - Pendule "au nègre"
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La pendule «au nègre» est l’un des best-sellers des arts décoratifs français.
Focus sur un marché bien aiguillé.
L’histoire
Le mythe du bon sauvage ? Nourrie de récits de voyage, l’Europe du siècle des Lumières rêve d’exotisme. Elle cède volontiers aux rêveries bucoliques d’un Jean-Jacques Rousseau. Sous l’impulsion du philosophe, le temps se met à l’heure de la sensibilité. On pleure les amours contrariées de Paul et Virginie, celles de la belle Atala. Bernardin de Saint-Pierre, Chateaubriand et, avant eux, Daniel Defoe... la littérature fourmille de récits romanesques qui, en ce XVIIIe siècle libéré, exaltent l’image du bon sauvage et du paradis perdu. Les pendules au nègre produites à la fin du siècle sont la quintessence de ce courant préromantique. Ces objets de luxe sont destinés à une clientèle cultivée, qui connaît tout des aventures de nos héros. Une clientèle qui déjà s’évade, dans son salon, grâce aux papiers peints panoramiques contant les folles aventures du capitaine Cook ! Au succès littéraire du bon sauvage répond celui de ses noires interprétations décoratives. Et les artisans de tirer un parti esthétique du contraste des patines, sombre pour la peau des indigènes et dorée pour les accessoires. Un jeu qui n’apparaît guère avant la grande époque du Directoire et de l’Empire. Pour être précis, citons avec les auteurs du catalogue de l’exposition de Saint-Omer – première du genre en 1978 – quelques exemples datant du XVIIe siècle, dont des modèles allemands ou la fameuse horloge à carillon de Jean Kneefs, conservée au musée d’art et d’histoire de Bruxelles. Mais la plus belle pendule au nègre reste celle imaginée pour Marie-Antoinette, dès 1784, par les horlogers du roi Furet et Gaudron : la Négresse enrubannée. Un caprice royal qui coûta tout de même la bagatelle de 4 000 livres. On connaît quatre exemplaires de ce joli minois, dont l’un fait aujourd’hui les beaux jours d’un collectionneur (voir Gazette 2007 n° 39, page 5). Pour lire l’heure dans les yeux de la belle, celui-ci a tout de même dû débourser en novembre 2007 à Paris 809 979 € frais compris, à ce jour le record absolu pour une pendule au nègre.

La tendance
Aujourd’hui, le succès de nos pendules ne se dément pas, les plus beaux modèles se négociant toujours sur le marché international à des hauteurs astronomiques : comptez six chiffres ! Une tendance, donc, à la hausse depuis les belles heures des années 1980-1990. Signalons pour mémoire les 1 055 000 F obtenus par le modèle de L’Indien et l’Indienne enlacés signé Deverberie en avril 1990, à Paris (Mes Picard - Ader - Tajan) ou les 940 000 F prononcés à Nantes, en novembre 1989, sur une pendule représentant Robinson Crusoé et Vendredi (Mes Talandier - Couton). Sans oublier les 550 000 F obtenus sur La chasseresse au palanquin de la collection Roger Imbert le 23 juin 1995 à Paris (Audap, Godeau, Solanet et Velliet). Un engouement qui souscrit toutefois à un ensemble de règles... Certains thèmes ont en effet la préférence des amateurs, quelques variantes étant plus rares, l’état de conservation jouant évidemment, tout comme la finesse des ciselures, ô combien importante ! Vous l’aurez compris, le prix d’un modèle s’apprécie à l’aune de ces critères.
24 784 € frais compris.
Pendule symbolisant l’Amérique, bronze ciselé, doré, cadran signé Deverberie, vers 1800, 48 x 35 cm.
Paris-Drouot, 26 novembre 2007.
Bailly-Pommery & Voutier associés SVV.
27 676 € frais compris.
Pendule représentant la Délivrance de Chactas par Atala, bronze ciselé, patiné et doré, cadran signé Degresilliers à Arras, époque Directoire.
Paris-Drouot, 17 novembre 2006. Ferri SVV.
22 800 € frais compris.
Pendule au matelot, bronze doré et patiné, cadran signé Coquet à Paris, début du XIXe siècle, h. 38 cm.
Vannes, 28 juin 2008. Jack-Philippe Ruellan SVV. M. Décoret.
28 800 € frais compris.
Pendule au nègre, bronze ciselé doré et patiné représentant Paul et Virginie portés par deux noirs, premier quart du XIXe siècle, 47 x 30 cm.
Paris-Drouot, 31 mai 2006, Gros & Delettrez. M. Lescop de Möy.
16 800 € frais compris.
Pendule au nègre déversant un sac de café, bronze ciselé doré et patiné, cadran signé Gamont Pruvot à Lille, premier quart du XIXe siècle, 29 x 28,5 cm.
Paris-Drouot, 31 mai 2006, Gros & Delettrez. M. Lescop de Möy.
20 400 € frais compris.
Pendule au nègre poussant une brouette, bronze ciselé doré et patiné, premier quart du XIXe siècle, 35 x 39 cm.
Paris-Drouot, 31 mai 2006, Gros & Delettrez. M. Lescop de Möy.
16 500 € frais compris.
Pendule au nègre portant une balle de coton, bronze ciselé, redoré et patiné, époque Restauration, 36,5 x 27,5 cm.
Tourcoing, 9 juillet 2005.
Channel Enchères SVV.
20 250 € frais compris.
Pendule au nègre portant sur son dos un sac de grains, bronze ciselé et doré, cadran signé Jacquot à Paris, vers 1800-1820, 29 x 29 cm.
Paris-Drouot, 20 juin 2007. Piasa SVV.
34 200 € frais compris.
Pendule au nègre, bronze doré et patiné symbolisant l’Amérique,
premier quart du XIXe siècle, 47,5 x 35 cm.

Paris-Drouot, 31 mai 2006, Gros & Delettrez.  Lescop de Möy.
36 817 € frais compris.
Pendule symbolisant l’Afrique, d’après un modèle de Deverberie, bronze patiné et doré, cadran marqué Geulin à Paris, début du XIXe siècle, 46 x 36 cm.
Versailles, 15 juin 2008, Versailles Enchères SVV.
30 600 € frais compris.
25 500 Pendule au nègre symbolisant l’Afrique, bronze doré et patiné, premier quart du XIXe siècle, 47 x 36 cm.
Paris-Drouot, 31 mai 2006, Gros & Delettrez. M. Lescop de Möy.
35 880 € frais compris.
Pendule symbolisant l’Afrique, bronze patiné et doré, époque Directoire, 46 x 36,5 cm.
Dijon, 14 juin 2008. Vrégille Bizoüard ventes aux enchères SVV. M. Dauger.
12 000 € frais compris.
Pendule au nègre représentant un matelot, bronze ciselé doré et patiné, premier quart du XIXe siècle, 34 x 31 cm.
Paris-Drouot, 31 mai 2006,
Gros & Delettrez. M. Lescop de Möy.
22 864 € frais compris.
Pendule symbolisant l’Afrique, bronze ciselé et doré, mouvement signé Lesieur, modèle attribué à Jean-Simon Deverberie, vers 1800, 46 x 36 cm.
Paris-Drouot, 15 juin 2007. Ferri & Associés.
19 060 € frais compris.
Pendule au «nègre fumeur» ou «Toussaint Louverture», bronze à deux patines, début XIXe siècle, h. 60 cm.
Fontainebleau, 1er octobre 2006. Osenat SVV.
70 764 € frais compris.
Pendule représentant Robinson Crusoé accompagné de Vendredi, bronze ciselé, doré et patiné, époque Directoire, 53,5 x 37 cm.
Paris, 11 juin 2002. Tajan SVV.
36 265 € frais compris.
Pendule au char dite «allégorie de la Louisiane», bronze doré et patiné, cadran émaillé «à Paris», époque Empire, 34 x 46 x 13 cm.
Morlaix, 30 octobre 2006.
Oriot-Dupont SVV.
809 979 € frais compris.
Pendule de nubienne enturbannée, bronze ciselé et doré, époque Louis XVI, mouvement signé de l’horloger Jean-Simons Bourdier, 77 x 42 x 23 cm.
Paris-Drouot, 23 novembre 2007, Delorme & Collin du Bocage SVV. MM. Dillée et Corpechot.
Un marché à la loupe
À l’amateur averti, l’observateur scrupuleux, le phénomène n’aura pas échappé. Les pendules au nègre, sans être aussi répandues que les commodes Louis XV, font des apparitions régulières sur le marché. Un modèle de-ci de-là, jamais vraiment une série, exception faite d’une collection particulière réunissant six pendules «au bon sauvage», dispersées le 31 mai 2006 à Paris par la maison Gros et Delettrez. Cette vente avait d’ailleurs reçu un bel accueil. Les modèles les plus vus n’étant pas les moins prisés, telles les fameuses chasseresses africaine et amérindienne, croisées ponctuellement ces dernières saisons. En bel état, le sujet se négocie entre 30 000 et 40 000 €, avec une préférence pour le modèle à palanquin tenu par deux nègres qui peut, lui, atteindre aisément 70 000/80 000 €. Appréciées, ces chasseresses sont toutefois devancées dans le cœur des amateurs par L’Indien et l’Indienne enlacés, disons-le, véritable must de la pendule «au bon sauvage». Autre modèle recherché, le nègre fumeur avec son ventre proéminent abritant le mécanisme, tout comme le Robinson accompagné de son Vendredi ou le chasseur amérindien, sujet plus marginal. On préfèrera toujours les modèles de belle taille et, pour le cas plus particulier du nègre fumeur, la version automate. En tête de ce classement se glissent évidemment les pendules inspirées par la littérature préromantique, Paul et Virginie, Atala, avec certaines variantes, de fait plus recherchées : la jeune chrétienne sur les genoux de Chactas, Virginie offrant à boire à Domingue... Viennent ensuite la série des noirs au travail, matelot, portefaix... plus communs. Pour ces classiques, comptez entre 10 000 et 20 000 €. Sachez que pour deux mêmes modèles, les enchères peuvent varier du simple au triple ! À cela, une explication ; outre la qualité du bronze – fonte, ciselure et dorure au mercure – critère ô combien décisif, certains détails font toute la différence. Si la présence d’une signature ne nuit pas, on s’en doute, un accessoire manquant, un cadran abîmé influent défavorablement sur le prix. Notez qu’un œil peint vaut moins qu’un bel émail. D’autres éléments, à coup sûr, apporteront une plus-value : la coiffe, par exemple, si rare chez la chasseresse africaine. En fin connaisseur, privilégiez les patines d’époque et proscrivez les exemplaires redorés. Côté mécanique, on préférera les modèles dotés d’un mouvement d’origine, même si celui-ci n’est pas gage d’authenticité. L’engouement pour nos pendules a en effet donné lieu à une production de faux, où la pratique du surmoulage fut fréquente – certains faussaires n’hésitant pas à utiliser quelque élément ancien pour mieux vous abuser. Vigilance, donc !

Modèles et variantes
Le thème du bon sauvage se décline grosso modo en une trentaine de modèles et presque autant de variantes ! D’emblée, précisons que la confusion entre le Noir d’Afrique, l’Indien d’Amérique et les Noirs réduits en esclavage est monnaie courante. Il s’agit d’ailleurs bien souvent d’une image idéalisée du Noir, vue à travers le prisme de la littérature et de l’exotisme. Soit le nègre vivant dans un paradis non encore perverti par le conquérant blanc, image rousseauiste s’il en est. Ce postulat établi, on distinguera les sujets inspirés des romans à la mode, de Robinson Crusoé à Paul et Virginie. La littérature a en effet donné au genre quelques-uns de ses plus beaux sujets. Chaque thème est l’objet d’accommodements délicieux, dont les versions insolites sont évidemment recherchées des collectionneurs. Les deux héros de Bernardin de Saint-Pierre peuvent ainsi se tenir sur un palanquin porté par deux nègres plus ou moins athlétiques. L’histoire romanesque se poursuit généralement en petites saynètes sur la base de la pendule, à l’image du Naufrage de Saint-Géran, ou, dans une version plus rare, Virginie donnant à boire à Domingue, un exemplaire conservé dans la collection Duesberg. Inspirées du roman de Chateaubriand, les aventures de la jeune chrétienne Atala et du bel Indien donnent lieu à plusieurs mises en scène. Atala délivrant Chactas attaché au palmier est un classique ; les funérailles d’Atala décorent le socle. Plus rare en revanche, la pendule représentant la jeune chrétienne assise sur les genoux de Chactas. Autre catégorie : le nègre au travail. Un grand nombre de pendules déclinent le thème à la manière des petits métiers : portefaix, matelot, nègre poussant une brouette sont d’incontournables modèles. La nourrice africaine et le chasseur noir sont cependant moins communs ; ce dernier, assis sur un bateau ou un char, incarne l’Amérique. C’est aussi une allégorie du négoce maritime. Pour nos belles chasseresses, est-il encore utile de préciser que la coiffe de plumes, le palmier et l’alligator distinguent l’Amérindienne, quand l’Africaine a généralement pour attributs la lionne et la tortue ? À noter également, la pendule au nègre fumeur, volontiers bedonnant. Ce fumeur de pipe vêtu d’un élégant costume serait Toussaint Louverture, esclave noir affranchi, qui, devenu homme d’État haïtien, adressa à Bonaparte la fameuse lettre du «premier des Noirs au premier des Blancs».

Au coeur d'une collection
On la présente comme La référence. Et pour cause ! La collection du baron François Duesberg réunit quelques-uns des plus beaux spécimens de pendules exotiques dites «au bon sauvage». Tenez, par exemple, cette pendule de Paul et Virginie sur un palanquin porté par deux nègres, œuvre du grand Pierre-Philippe Thomire, offerte par Bonaparte à Bernardin de Saint-Pierre, qu’il admirait. Un modèle aujourd’hui inestimable. Il s’agit d’un des deux seuls exemplaires connus ; le second, seulement «attribué» à Thomire, fut vendu à Londres en juillet 2001 pour 130 250 £.
On citera encore les rares pendules «à la Robinson», inspirées du roman de Daniel Defoe, ou une pittoresque pendule automate dite au nègre fumeur par Thomire, sans oublier L’Indienne et l’Indien enlacés, les chasseresses africaines et amérindiennes... Voilà à quoi doit s’attendre le visiteur du musée François Duesberg, à la lisière du square Franklin-Roosevelt, dans la charmante ville de Mons. Deux étoiles au guide Michelin, s’il vous plaît. Cette collection unique fut présentée au printemps 1993 au musée Bellevue de Bruxelles à l’occasion de l’exposition «De noir et d’or». Depuis 1994, elle a trouvé un écrin digne de sa valeur dans l’ancienne banque nationale, édifice classé du XIXe. Le baron et son épouse ont fait donation de l’ensemble à la cité belge, soit près de deux mille objets d’art datant de la fin du règne de Louis XVI et du premier Empire, dont une quarantaine de pendules «au bon sauvage». Le fruit d’une vie de passion ! Car les Duesberg, grands collectionneurs devant l’Éternel, chassent avec impénitence ces pendules exotiques depuis plus de cinquante ans. Lui, ancien docteur en droit de l’université de Liège, a passé ses jeunes années à monter et démonter d’anciens mécanismes chez un vieil horloger bruxellois, Henri Vanderheyden. Elle, Betty Duesberg, s’est improvisée au fil du temps fée des patines. Elle n’a pas son pareil pour redonner de l’éclat aux dorures, dans le plus grand respect de la matière. Tous deux sont devenus les conservateurs honoraires des lieux, sans pour autant négliger leur quête. Ils ne cessent en effet d’enrichir la collection. Récemment, ils ont fait une nouvelle donation, à la ville de Liège cette fois. «De Louis XVI à Napoléon» présentait jusqu’au 12 octobre dernier à l’hôtel de Hayme de Bomal ces chefs-d’œuvre. Un avant-goût du Grand Curtius, futur pôle muséal liégeois, à découvrir au printemps 2009.
Par Stéphanie Perris Delmas - Gazette N°42 du 5 décembre 2008



Zoom sur la technique
La fabrication d’une pendule «au bon sauvage» demande l’intervention de plusieurs corps de métier, une bonne douzaine : de l’ornemaniste qui dessine le modèle – tels Deverberie, Michel, Croutelle aîné ou Reiche, dont nombre de dessins préparatoires sont conservés au Cabinet des estampes de la BNF –, à l’horloger, en passant par le fondeur, le ciseleur et le doreur... Hormis quelques modèles dus au plus grands noms de la spécialité – Thomire, Galle –, la majorité de ces pendules ne se distingue pas par une grande qualité. Certains sujets, comme la nourrice africaine, sont même jugés «médiocres» par les connaisseurs. Toutes en revanche se composent de la même façon, à la manière d’un puzzle ; les différentes parties du corps, bras, buste, jambes, viennent se fixer sur le pagne – la base –, les bracelets et autres ornements venant dissimuler les assemblages. Une méthode qui permettait de satisfaire une clientèle désireuse d’ajouter tel ou tel attribut. Quant à l’horloge proprement dite, elle utilise un mécanisme des plus simples, toujours un mouvement de Paris, alors produit de façon quasi industrielle. Certains peuvent offrir quelques complications, quantième ou troisième aiguille pour le mois... Mais, d’une manière générale, l’horlogerie n’a qu’un rôle secondaire. L’esthétique, toujours, l’emporte sur la mécanique !


Portrait d’artiste
Disons-le tout net, Jean-Simon Deverberie, c’est un peu le Michel-Ange de la spécialité ! Ses pendules restent les plus belles créations du genre. Pour s’en convaincre, admirons seulement ce couple d’Indiens enlacés. L’élégance de la pose, la beauté du geste, la finesse des détails...

Bref, un chef-d’œuvre adjugé 1 055 000 F en avril 1990 à Paris (Ader - Picard - Tajan). Le dessin de ces «Deux figures en costume africain se donnant un baiser» fut déposé au dépôt légal, le 22 janvier 1799, comme douze autres modèles. Deverberie est en effet l’auteur de plusieurs sujets de pendules au nègre – la Chasseresse amérindienne, l’Africaine, la Promenade en boguet pour ne citer que les plus célèbres –, dont il a laissé de nombreux dessins préparatoires réalisés à la plume, rehaussés de lavis et souvent aquarellés. Ils sont aujourd’hui conservés au Cabinet des estampes de la Bibliothèque nationale. Le citoyen Deverberie y est cité comme horloger mais aussi bronzier, ciseleur, doreur... En réalité, notre homme est à la tête d’une petite entreprise réunissant plusieurs corps de métier. Il officie jusqu’en 1800 rue Barbette à Paris, quartier du Marais, avant de gagner le boulevard du Temple en 1804, puis la rue des Fossés-du-Temple. On reconnaît son style à la qualité de ses pendules et à certains détails, repérés des seuls connaisseurs. Ainsi, ses bronzes sont-ils toujours patinés, et non vernis, les oreilles des figurines percées, agrémentées de ravissantes pendeloques colorées. Les yeux sont émaillés, jamais en verre, l’iris délicatement bleuté ou rosé. L’ensemble toujours du plus bel effet. Autres subtilités : la présence d’un rang de perles à la base de la pendule, ou encore, chez l’Amérindienne, les yeux émaillés orange de l’alligator, dont la gueule ouverte laisse entrevoir une langue en bronze argenté... Bref, en tous points, l’excellence comme signature.


À VOIR : Les pendules «au bon sauvage» sont peu présentes dans les collections publiques. On peut toutefois admirer quelques exemplaires aux Arts décoratifs de Paris, au musée Sandelin de Saint-Omer, à la maison de Chateaubriand de Châtenay-Malabry, ainsi qu’au musée Paul-Dupuy de Toulouse. Mention spéciale pour le musée du Nouveau Monde à La Rochelle, qui possède sept pendules dont Le Portefaix noir ou Atala et Chactas, publiées aux Éditions des Musées d’art et d’Histoire, en 2002.

À LIRE : En 1978, le musée de l’hôtel Sandelin à Saint-Omer consacrait l’une de ses expositions aux pendules au nègre. Le catalogue reste une référence. On citera également De noir et d’or, pendules au «bon sauvage», édité en 1993 à l’occasion de l’exposition des musées royaux d’art et d’Histoire de Bruxelles, qui présentaient la collection du baron François-Duesberg. Enfin, le catalogue du musée François-Duesberg à Mons, édité en 2005, soit la bible des collectionneurs.
http://www.gazette-drouot.com/static/resultat_vente_encheres/liste.html http://catalogue.gazette-drouot.com/ref/ventes-aux-encheres.jsp