La Gazette Drouot
La Gazette Drouot
L'agenda des ventes
Cartier Paris, vers 1934-1936. Bracelet manchette ouvert formé d’un bandeau en or gris laqué noir, terminé par deux clips de revers amovibles en platine pavés de diamants
de tailles princesse ou brillant ancienne, huit-huit ou baguette, en serti griffe, rail ou grain, dans son écrin d’origine, poids brut total 51,6 g.
Estimation : 20 000/30 000 €
Cartier, raffinement et simplicité
Si les diamants sont – paraît-il – éternels, certains bijoux les concurrencent sur le terrain de l’intemporalité. Prenons par exemple ce bracelet, réalisé par la maison Cartier, dont la dernière apparition en vente publique date d’octobre 1938. Il figura en effet dans la dispersion des bijoux de la princesse Paule Murat, dépendant de sa succession, qui se tint pendant trois jours à Drouot. Un événement relaté par la Gazette de l’époque : «Cet important écrin formant un catalogue de deux cents numéros présentera un ensemble de joyaux précieux». Les résultats sont dûment rapportés, avec notamment les 40 300 francs de l’époque (20 300 € en valeur réactualisée) pour «le n° 18, un bracelet formé de deux clips ornés de brillants». Ce même bijou opère un retour dans une vente également à Drouot, en décembre prochain, soit soixante-dix-neuf ans et près d’un mois plus tard. La princesse Paule Murat était une femme de son temps. En premières noces, en 1919, elle épouse un gentleman driver passionné de Bugatti, qui n’est autre que Bertrand Marie Ponce François Raphaël Lucinge, prince de Faucigny-Lucinge et Coligny, prince de Cystria. Se sentait-elle esseulée, délaissée au profit des circuits automobiles ? Divorcée, elle se remarie en 1928 avec Édouard Edmond-Blanc, petit-fils du fondateur de la Société des bains de mer de Monaco, François Blanc (1806-1877), et fils d’Edmond (1856-1920), député des Hautes-Pyrénées, propriétaire d’une écurie de courses et de L’Écho de Paris. Autre union qui se termine par un divorce, en 1936. D’une élégance raffinée, elle privilégie des parures, si l’on ose dire, «passe-partout». Les clips des extrémités du bracelet se détachent et peuvent orner les revers d’un tailleur. En tant que bracelet, la discrétion du bandeau de platine laqué noir fait jouer les facettes des diamants de diverses tailles – brillant, baguette, princesse, briolette, triangle –, participant à un jeu de réfractions subtil. Une alliance prônée par Jeanne Toussaint, créatrice de bijoux – dont la fameuse «Panthère», emblème de la marque – et directrice de la haute joaillerie chez Cartier à partir de 1933. Les modèles laqués, notamment bracelets ou bagues, sont apparus dans le travail de la maison en 1934, destinés aux femmes qui, tout en rivalisant de toilettes et de parures, savaient reconnaître le chic indémodable des créations du joaillier de la rue de la Paix. Un savoir-faire et une distinction, symboles d’un Paris élégant, qui attiraient la bonne société et l’aristocratie du monde entier.
Vendredi 15 décembre, salle 3 - Drouot-Richelieu.
Drouot Estimations OVV.
Costa Rica, versant atlantique, période de transition El Bosque a la Celva (vers 400-600 apr. J.-C.). "Metate" à panneau volant en pierre volcanique (basalte) d’un seul bloc polie et sculptée de trois pélicans et d’une figure de chamane en état de transformation, 45 x 75 x 58 cm.
Estimation : 30 000/50 000 €
Collection Berjonneau-Munoz
Remarquable à plus d’un titre (voir couverture Gazette n° 29 et Événement Gazette n° 30), la collection Berjonneau - Muñoz se distingue également par son ensemble de «metates» du Costa Rica. Pas moins de six. À quel usage ces dalles sculptées uniquement sur leur pourtour étaient-elles destinées ? Si certaines servirent de pierre à moudre le grain, d’autres, retrouvées couchées dans des tombes ou découvertes fortuitement, furent des autels de sacrifice ou même des trônes. Tel est le cas des deux plus spectaculaires «metates» de la collection. L’un, acquis en 1960 par le collectionneur auprès de la galerie de Saint-Germain-des-Prés Arts des Amériques, présente un décor de trois personnages debout à la langue démesurée, un aigle aux pattes posées sur des félins. Exécutée entre 100 et 500 de notre ère sur le versant atlantique du Costa Rica, cette table était utilisée pour la préparation des aliments et des drogues ingérées par les chamanes au cours des cérémonies. Elle est estimée 60 000/90 000 €. L’autre pièce de choix, acquise dans les années 1935-1950 par le diplomate uruguayen Alvaro Muñoz, beau-père de Gérald Berjonneau, est ornée de pélicans aux formes stylisées et de personnages, l’un allongé les yeux clos, l’autre sur la partie avant en état de transformation. Le jaguar symbolise force et pouvoir, tandis que le pélican est associé à un rituel de pêche. Oiseau présent dans les zones particulièrement poissonneuses, il était admiré par les hommes de l’Amérique précolombienne pour la puissance de son bec, l’envergure de ses ailes et ses qualités de pêcheur. Agile en vol malgré sa lourdeur apparente, l’oiseau, d’après les mythes de l’Antiquité, se déchirait du bec la poitrine pour nourrir de son sang ses petits quand il n’avait pas réussi à leur procurer leur pâture. Une légende qui ne pouvait que séduire les populations précolombiennes, pour qui la mort n’est pas une fin mais un voyage vers une autre vie…
Mercredi 20 septembre, salle 9 - Drouot-Richelieu, 15 h.
Millon OVV. M. Reynes.
Paris, chez Delamarche et Dien, vers 1800, d’après Nicolas Berey (1610 ?-1665). Plan de la ville et faubourgs de Paris, avec les armes des prévôts des marchands, en élévation, gravé et colorié, six feuilles assemblées, 110 x 123,5 cm.
Estimation : 3 000/4 000 €
Paris sous tous les plans
À de rares exceptions près, cette dispersion est consacrée à la collection d’un architecte parisien, constituée entre 1998 et 2014. Passionné par sa ville, ce dernier «est surtout un éminent connaisseur de son évolution urbanistique et architecturale», indique Ludovic Miran, consultant pour la vente. Comme celles des 5 avril 2011 et 19 mars 2014 (Pierre Bergé & Associés), elle constitue une référence en la matière, avec ses 150 plans gravés et lithographiés illustrant la physionomie de la capitale, de la Cosmographie de Münster vers 1570 aux représentations du Paris remodelé par le baron Haussmann et même le métropolitain. Le plus disputé devrait être le plan de l’abbé Delagrive, de 1742, comprenant également les environs de Paris, Versailles et Saint-Cloud ; réalisé en neuf feuilles coloriées et conservées dans une reliure de l’époque en veau blond, il est estimé 8 000/10 000 €. Mais le plus célèbre est bien sûr celui dit «de Turgot», dressé par Louis Bretez (1739), une fidèle représentation de la capitale sous l’Ancien Régime (5 000/7 000 €). L’atlas de Verniquet, composé de 72 feuilles, constitue pour sa part un reflet du Paris de la Révolution (2 500/3 500 €), le Pianta iconografica della citta di Parigi (vers 1689), colorié, du cosmographe italien Vincenzo Coronelli étant l’une des perles rares (400/600 €)… Pour le XVIIIe siècle, on ne saurait omettre les plans de Jouvin de Rochefort et de Roussel, ceux publiés par Nicolas de Fer et Jaillot (voir En couverture Gazette n° 28, page 6), par Maire, Pichon ou Pasquier. Exécuté vers 1800, ce Plan de la ville et faubourgs de Paris avec les armes de messieurs les prévots des marchands a été réalisé d’après les cuivres originaux de celui publié en 1656 par Nicolas Berey, enlumineur, éditeur et marchand d’estampes installé de 1644 à sa mort quai des Augustins. Une rareté, livrée en bonnes conditions, qui ne figure pas dans les collections de la BnF… Côté public, sont attendus collectionneurs, membres de sociétés historiques et grands établissements français et bibliothèques d’universités américaines. Tous les chemins mènent à Paris…
Lundi 18 septembre, salle 5-6 - Drouot-Richelieu.
Kâ-Mondo OVV.
Le mas camarguais de Jean Lafont, sanctuaire à l’art troubadour.

 
Jean Lafont, gardian des arts
Certains ne jurent que par une époque, d’autres préfèrent le mélange des genres. Tel Jean Lafont (1922-2017) : sa « maison aux volets verts » révèle un éclectisme poétique et mystérieux du design à l’art néogothique. Ainsi règnait-il au mas des Hourtès, au Cailar, village de la Petite Camargue entre Aigues-Mortes et Vauvert, une atmosphère unique, à la fois légère et mélancolique. Plus qu’une collection, cet homme raffiné a construit au fil des années un décor, reflet de ses goûts avant-gardistes et éclectiques.
Collectionneur d’art nouveau dès les années 1970, il délaisse les productions de Louis Majorelle et d’Émile Gallé pour se tourner vers celles, méconnues, de l’art troubadour. On peut imaginer que c’est un certain Giuseppe Verdi qui a conduit ce passionné d’art lyrique, et tout particulièrement d’opéra romantique, vers ce style. Existe-t-il un lien entre son ensemble d’icônes et d’œufs de Pâques du XIXe siècle et sa mère, d’ascendance russe ? Plus évident peut-être est son intérêt pour la généalogie du marquis d’Aubais (1686-1777), ami de Diderot et d’Alembert, qui fut aussi le propriétaire des terres sur lesquelles paissaient les taureaux de Jean Lafont…  Au chapitre de l’art 1900, les vedettes devraient être un fauteuil à bascule en bois teinté vernissé du Viennois Josef Hoffmann, édité par la maison Kohn (8 000/12 000 €, voir photo Gazette n° 29 page 54), et une curieuse suspension en laiton et fer de Gustave Serrurier-Bovy, dont la silhouette évoque les cornes d’un taureau (15 000/25 000 €). Un peu plus loin, un pare-feu en fer forgé laqué de Pierre Chareau, estimé 20 000/30 000 €, lui fait écho avec ses lignes épurées. Il provient de la villa Noailles, construite en 1924 par Robert Mallet-Stevens. La véranda accueille des sièges des frères Campana et de Tom Dixon (comptez entre 1 000 et 3 000 €), et une délicate figure en marbre blanc d’Eugène Radius, Allégorie de la foi, se dévoilera à 2 000/3 000 €. La période troubadour représente toutefois le cœur de sa collection, entre pendules cathédrale, mobilier typique à arcatures, flacons à mélisse en opaline… Sans oublier un coffret en argent et métal argenté de François Désiré Froment-Meurice ayant appartenu à Louis-Philippe d’Orléans, comte de Paris (7 000/9 000 €), et une toile d’Ary Scheffer, Eberhard le larmoyeur (10 000/15 000 €), inspirée d’une ballade de Friedrich Schiller.
Vendredi 22 septembre, à 13 h 30, salle 5-6 - Drouot-Richelieu.
Maigret (Thierry de) OVV. Christie’s France OVV. Mme de Saint-Marcq, M. Charon.


 
Florence, début du XIXe siècle. Écritoire en argent et métal doré, réalisée d’après la fontaine des Dioscures de la place du Quirinal à Rome, ornée des figures de Castor et Pollux et d’un triton, poinçon de Luigi et Vincenzo Scheggi, 51,5 x 34 x 24 cm.
Estimation : 8 000/12 000 €
De l’outil à l’oeuvre d’art
Plus qu’un simple objet, cette écritoire est une véritable pièce décorative ! Si l’on ignore son commanditaire, on peut imaginer qu’il s’agit d’un éminent personnage, puisqu’il n’hésite pas à s’adresser à l’un des plus importants ateliers de Florence à la fin du XVIIIe siècle et au début du suivant : celui des frères Luigi et Vincenzo Scheggi, fournisseurs du grand-duché de Toscane. Réplique miniature de la fontaine des Dioscures de la place du Quirinal à Rome, cette création met en scène Castor et Pollux tenant leurs chevaux, posés sur des socles découvrant encrier et sablier, le tout dans un décor de guirlandes de lauriers, bornes reliées par des chaînes, statuette de triton et lions couchés. La base dissimule un tiroir, l’obélisque, un bougeoir. Commandée en 1588 par le pape Sixte V qui fait transférer les figures des Dioscures des thermes de Constantin, la fontaine fut enrichie de l’obélisque en granit d’Égypte en 1786 par Pie VI, puis à nouveau transformée en 1818 par Pie VII. De quoi fournir aux orfèvres et aux lapidaires l’opportunité d’imaginer de nombreuses écritoires, ces objets symboles de richesse, de puissance et de savoir à travers l’usage de l’écriture… Celle-ci fait partie, comme soixante-dix autres lots qui l’accompagnent, des souvenirs de la comtesse Isabelle de Bourbon-Parme (1922-2015), fille du prince Sixte de Bourbon-Parme (1886-1934) et d’Hedwige de La Rochefoucauld (1896-1986). L’ensemble est classique, qui comprend notamment un panneau de l’Allemand Basilius Grundmann, Cerfs et biches dans la forêt, daté 1790 (4 000/6 000 €), de l’argenterie, quelques dessins anciens et des porcelaines chinoises et françaises, dont une paire de bustes en biscuit de Sèvres (même estimation), d’époque Charles X, figurant le duc et la duchesse d’Angoulême, fille de Louis XVI et donc ancêtre d’Isabelle de Bourbon-Parme. Tout s’explique !
Lundi 18 septembre, salle 1-7 - Drouot-Richelieu.
Millon OVV. Cabinet Déchaut - Stetten.
Rhin supérieur, première moitié du XVIe siècle. Paire de statuettes figurant Adam et Eve, chêne sculpté en ronde bosse, h. 35,5 cm.
Estimation : 8 000/10 000 €
Fleurs et fleurons de la Haute Epoque
A Louviers, on célébrera la Haute Époque avec un millier de fleurs ! Tous les regards se tourneront en effet vers la tapisserie, tissée à Bruges aux alentours de 1540-1550, aujourd'hui attendue à 450 000/500 000 €. D’un bel état de conservation, complet avec ses bordures, cet ouvrage emblématique a a été commandé, au début du XVIe siècle, pour le somptueux palais florentin des Mozzi. Il devait passer ensuite par la prestigieuse collection de Mme Louis Stern. Si les tapisseries aux mille fleurs étaient très courantes aux XVe et XVIe siècles – Charles Quint en possédait lui-même un important ensemble aujourd’hui, exposé au Kunsthistorische Museum de Vienne et au Rijksmuseum d’Amsterdam –, seul un petit nombre est parvenu jusqu’à nous. Affichant la même provenance, un panneau de retable attribué au Maître du retable de saint Barthélémy, figure deux Anges musiciens  (90 000/110 000 €). Parmi les curiosités, comment résister au charme de notre couple Adam et Ève, deux statuettes sculptées en chêne et esquissant tout le naturalisme et l’humanisme de la Renaissance, se mêlant subtilement à la tradition médiévale germanique ? Quelques petits objets ne manqueront pas de susciter encore de belles batailles, telle une pyxide limougeaude du XIIIe siècle en émail champlevé bleu, blanc et noir (10 000/12 000 €), des verres de Murano ou une coupe en bronze doré en forme de coquillage de Nuremberg, datée vers 1600 (9 000 €). Une note de féminité pour conclure… Le doux visage de Gabrielle d’Estrées (1573-1599) rendra plus vivant que jamais un médaillon en or, estimé 3 000/4 000 €. Si cette pièce de la fin du XVIe siècle ne mesure que 4 centimètre de diamètre, le buste de la favorite et grand amour d’Henri IV, réalisé en or repoussé et finement ciselé, envahit tout l’espace et semble surgir en haut relief de sa surface. L’inscription "Marquise de Monceaux" rappelle le titre de Gabrielle d’Estrées, offert par le roi en accompagnement du château de Seine-et-Marne.
Dimanche 24 septembre, Louviers.
Prunier OVV.


 
Émile Gallé (1846-1904), Vase aux éléphants blancs, forme ovoïde en verre gravé à l’acide, à décor tournant d’éléphants parmi les palmiers dans les tons de blanc sur fond jaune, technique dite soufflé-moulé, signature stylisée, h. 38 cm.
Estimation : 50 000/70 000 €
Eléphants blancs et palmiers par Gallé
Si la maison Gallé demeure l’un des symboles de l’art nouveau français, elle s’est également illustrée lors de la période art déco. La preuve avec ce vase «aux éléphants», l’un de ses modèles les plus convoités ! Cette série a été créée pour l’Exposition universelle de 1925 à Paris. Cela fait alors plus de vingt ans que l’atelier est privé de son créateur. Après son décès, la veuve de l’artiste, mais aussi à partir de 1914 son gendre, le Dr Paul Perdrizet, et Victor Prouvé ont continué d’honorer le travail et la mémoire d’Émile Gallé. Aidés de quelque 300 ouvriers et artisans, ils font marcher les fours de la firme nancéienne jusqu’en 1931. Ils prolongeront l’œuvre de celui qui a révolutionné l’art du verre par des techniques novatrices de fabrication et de décoration, mais sauront également l’adapter à l’esprit de leur temps. Leur méthode ? Se tourner vers des productions industrielles mais de grande technicité, à l’image de leurs concurrents de l’époque tel Lalique, ainsi que vers des décors stylisés plus modernes. La nature tient toujours une place prépondérante dans leur création. Gageons qu’Émile Gallé n’aurait pas été insensible à nos fiers pachydermes exécutant lestement leur ronde autour d’élégants palmiers. Aux couleurs soutenues et aux formes sinueuses ont succédé les teintes exacerbées de jaune et ivoire et des lignes épurées – le jaune restant rare face aux brun, marron et vert, plus souvent usités. Quant à la technique, la firme a créé, spécialement pour cette Exposition universelle, la verrerie soufflée dans un moule, qui offre un volume inégalé. Les pièces soufflées proposent un décor de la haute précision, qui se dégage immédiatement de la surface du verre grâce à l’association de la gravure à l’acide en plusieurs couches. Cette technique fut réservée à des vases camée et à des luminaires datés autour de 1924-1925. Notre vase aux éléphants, dont le dessin est attribué à Auguste Herbst, directeur artistique depuis 1919, témoigne de cette courte période de création, stoppée par des coûts de production trop élevés.
Dimanche 24 septembre, Marseille.
Marseille Enchères Provence OVV. M. Roche.
Hans Wegner (1914-2007), fauteuil et son repose-pieds AP 69, dit New Papa Bear, en teck et toile de coton, AP Stolen, vers 1968, 92,9 x 92 x 93,5 cm et 41 x 70,5 x 42,3 cm.
Estimation : 10 000/12 000 €
Wegner, Papa Ours danois
Si le design scandinave est plus que jamais à la mode, il est apprécié depuis plusieurs dizaines d’années, grâce à des créateurs comme Hans Wegner. Le fauteuil New Papa Bear est l’un de ses modèles emblématiques, qui propose de se blottir… dans les bras d’un ours. L’alliance précieuse d’une ébénisterie élégante, de formes enveloppantes et esthétiques et d’une garniture offrant une assise d’un grand confort, grâce aux ressorts en métal et aux fibres de coton. Wegner crée ce siège en 1951 pour l’atelier AP Stolen, et PP Mobler fabrique en sous-traitance la structure, employant des techniques purement artisanales. Le succès est tel que sa production perdure, et en 2003, PP Mobler en reprend la fabrication, à l’occasion du 50e anniversaire de l’atelier. Édité vers 1968, notre exemplaire a été reproduit dans plusieurs ouvrages, dont la revue MobiliaI, n° 43 et n° 53 (février et décembre 1959). Les clés du succès de son auteur tiennent à son attention aux détails et à son intérêt pour les matériaux. Fils de cordonnier, Hans Wegner débute très jeune une formation d’ébéniste. S’il passe deux années à l’École des arts et métiers de Copenhague, il ne validera pas son diplôme et se lancera rapidement dans une fructueuse carrière. Il travaillera sur le mobilier de la bibliothèque de Nyborg, puis de l’hôtel de ville d’Aarhus, avant d’ouvrir son propre bureau durant la Seconde Guerre mondiale. En 1949, il dessine l’assise qui fera sa renommée mondiale, The Chair, éditée à partir de 1950 par Carl Hansen & Son. Pour le magazine américain Interiors, cette même année, il s’agit de «la plus belle chaise du monde». Le début d’une carrière de près de soixante ans et de la réputation du design scandinave.
Mardi 19 septembre, Marseille.
Leclere - Maison de ventes OVV.
Stéphane Couturier (né en 1957), Melting Point Moscou #1, 2004, impression en couleurs numérotée 3/5, 184 x 281 cm.
Estimation : 12 000/15 000 €
Fourmillement urbain
Ce sera une grande première. Le centre de création contemporaine Olivier-Debré, à Tours, inauguré en mars dernier, sera le théâtre d’une vente de design et d’art contemporain vendredi prochain. Une centaine de lots provenant de collections privées seront mis aux enchères. Des artistes bien connus de ce lieu seront présents, tels François Morellet, avec une table modèle Destabilisation (2 000/4 000 €), ou Per Barclay, avec une photographie numérique couleur, Untitled / Tours#4, 2017 (mise à prix à 5 000 €). Sans oublier bien sûr une toile d’Olivier Debré, Petit Lysne gris, datée 1974, sa période norvégienne (10 000/15 000 €). Stéphane Couturier a lui aussi été exposé au centre d’art contemporain, notamment en 2009, lors de la présentation de la collection de photographies de la Société Générale. Mais celui qui est devenu l’une des figures incontournables de la photographie contemporaine a fait l’ojet d’expositions partout dans le monde, Moscou ou New York en 2006, mais aussi Alger en 2016 ou Berlin en 2015. Son credo ? L’architecture. Depuis sa première série, consacrée à l’usine Renault de Boulogne-Billancourt, ce Parisien arpente inlassablement le monde urbain en quête de ses transformations, des maisons démolies de La Havane à une usine de production automobile de Valenciennes, en passant par Berlin ou Séoul. Dans ses grands formats pris à la chambre, afin d’obtenir une qualité optimale, ces architectures prennent vie ! Avec sa série «Melting Point», Couturier opère un changement technique et artistique, utilisant plusieurs images qu’il superpose et unifie grâce au procédé numérique. Il imprime ainsi sa propre vision aux villes modernes, telle Moscou, où les immenses immeubles de l’ère soviétique logent toujours des milliers de personnes. Ces images complexes, presque abstraites de loin, bâties sur des lignes verticales et horizontales, égarent un instant l’œil du spectateur avant qu’il ne se fixe sur la réalité de la vie de chaque individu.
Vendredi 22 septembre, Tours.
Rouillac OVV.

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