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| L'agenda des ventes aux enchères |
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Utagawa Hiroshige II
(1826-1869), Izumi Washitaki (Érables en fleurs) de la série "Shokoku Meisho Hyakkei (Cent vues célèbres
des provinces)", 1859.
Éditeur Uoei (sceau coupé), sceau de censure (coupé) aratame, année de la chèvre (1859), format oban tate-e, 35,3 x 24,2 cm. Estimation : 800/1 200 €.
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| En couverture cette semaine |
La contemplation d’un paysage doit élever l’âme, faire vibrer le corps d’émotion. À l’instar des poètes chinois, louant les beautés des eaux et des montagnes, des pins accrochés aux crêtes et aux fragiles ermitages abritant un lettré en méditation devant la grandeur incommensurable de la nature, leurs émules japonais s’inspirent des sites les plus prisés de l’archipel, et surtout des vues célèbres proches des capitales Edo et Kyoto. Les graveurs n’allaient pas tarder à illustrer les paysages nippons pour une clientèle aisée. Ainsi des premières estampes d’Hokusai. Hiroshige va bouleverser le genre, en pratiquant un art poétique très subtil et toutefois lyrique. Les moindres indications de la saison ou de l’heure du jour sont transcrites dans une gamme restreinte et sur un paysage savamment construit par des stylisations hardies. Certaines de ses estampes inspirèrent directement Van Gogh, notamment Pruneraie à Kameido de la série des "Cent vues célèbres d’Edo", en 1857. Une branche noueuse de prunier en fleur occupe le premier plan sur toute la hauteur, et la vue surplombe un verger longé par une route animée de passants sur un fond de ciel empourpré. Une épidémie de choléra emporta Hiroshige, laissant la série incomplète. Son meilleur élève, Shigenobu, prend alors le nom de son maître, signant désormais Hiroshige, et termine cette suite d’estampes. Une - et probablement la meilleure - de ses premières oeuvres personnelles est Cent Vues célèbres des provinces. Son style reflète la manière poétique de son maître, avec qui il a travaillé plus de dix ans. Né Suzuki Chimpei, il reçoit le nom Shigenobu d’Hiroshige, dont il épouse la fille Tatsu en 1845. Si on lui connaît des estampes de personnages et des illustrations historiques, il est surtout connu comme paysagiste. De 1849 à 1858, il signe parfois Ichiyusai, qui était aussi une des anciennes appellations d’Hiroshige. Sa dernière suite d’estampes, "Trente-Six Fleurs", date de 1866. Il habite alors Yokohama, après s’être remarié. Certaines planches sont sélectionnées pour l’Exposition universelle de Paris, en 1867. Elles ne lui rapportent pas cependant le succès escompté au Japon. Adoptant le nom de Ryusho, il se voit contraint de peindre des services à thé et des lanternes pour l’exportation. Utagawa Shigenobu, dit Hiroshige II, meurt en 1869 dans la plus grande pauvreté. Issue de la collection Huguette Berès, notre estampe évoque, comme à travers "une fenêtre enchantée", la beauté d’un torrent dévalant d’une montagne, aperçu entre des branches d’érable, deux promeneurs formant de minuscules silhouettes près de la rivière enfin assagie, près d’une maison de thé dont on n’aperçoit qu’un bout du toit. Le spectateur est placé ainsi au coeur de la nature. |
Drouot-Montaigne.
Samedi 18 septembre.
Pierre Bergé & Associés SVV. M. Robert G. Sawers. |
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François Pompon (1855-1933), Grande Panthère noire 1931, oreilles dressées,
pierre de Lens, signée, 31,5 x 82 x 16,6 cm.
Estimation : 150 000/200 000 €.
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| À pas de panthère |
Doucement, d’allure souple et assurée s’avance cette féline sculpture en pierre de Lens. Exemplaire unique sur terrasse de ce modèle, notre superbe panthère de François Pompon possède toutes les qualités requises pour susciter l’émoi chez les amateurs de l’oeuvre du sculpteur animalier. Retour aux origines de notre félin. Nous sommes au mois d’août de l’année 1931, quand le père des actuels propriétaires acquiert cette panthère auprès de l’artiste. François Pompon a alors 76 ans, mais cela ne fait qu’une petite dizaine d’années qu’il est reconnu pour son travail personnel. C’est en effet au Salon d’automne de 1922 que ses oeuvres étaient pour la première fois dignement célébrées. Jusqu’alors, pour gagner sa vie, l’artiste a travaillé pour les plus grands sculpteurs de son temps, parmi lesquels Mercié, Falguière et, bien sûr, Rodin. Issu d’une famille d’artisans -son père était ébéniste à Saulieu, où se trouve aujourd’hui un musée en son honneur -, il prit goût tout jeune au travail manuel. Après des cours auprès d’un marbrier de Dijon, puis de Dameron aux beaux-arts de la ville, il décide de monter à Paris. Mais, sans bourse, il faut travailler pour d’autres... Son talent inné et son aplomb lui permettent ainsi de collaborer avec Rodin pendant quinze ans. Le maître le considère d’ailleurs comme un grand artiste et n’hésite pas à lui confier la taille de nombreux marbres. Pompon a ainsi amplement participé à la réalisation de la Porte des Enfers. À partir de 1890, il se lance dans le sujet animalier, notamment sous l’impulsion de Rouillard, professeur aux Arts décoratifs, où il suit des cours du soir. Entre l’étude sur le vif des occupants du Jardin des Plantes et le travail dans son atelier de la rue Campagne-Première, Pompon élabore un style très personnel, en opposition avec la manière romantique en vogue à cette époque. Avec lui, la sculpture animalière entre de plain-pied dans le XXe siècle. Il crée en 1927, avec Sandoz, un événement dissident : le Salon des animaliers contemporains. Très modernes, ses créatures ne dévoilent pas tous leurs détails anatomiques, mais bien plutôt l’essence de leur être. Les formes épurées rendent à merveille le caractère de tous ces coqs, pintades, bisons, dindons, ours, hippopotames et autres félins naissant de ses mains. "Voici : quand j’ai pu vivre de près mon animal, que je l’ai reproduit le plus fidèlement possible, je m’éloigne de lui et me remets à l’oeuvre en ne m’attachant plus qu’aux masses, aux volumes que je développe de façon que la ligne soit vivante et décorative tout en affirmant le caractère de la bête", explique-t-il. Un regard unique qui s’exercera sur tous les supports, le bronze, le biscuit, le plâtre, mais aussi, bien sûr, la pierre, matériau ô combien révélateur du talent d’un sculpteur. Notre panthère acquiesce... |
Deauville, jeudi 19 août.
Artcurial Deauville SVV. |
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Italie, XVIIe siècle. Buste de l’empereur Marc Aurèle, bronze patiné et doré, porphyre et tuf, 158 x 105 x 40 cm.
Estimation : 1/1,2 M€.
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| Colossal Marc Aurèle ! |
Non, vous ne rêvez pas : les dimensions de ce buste sont bien de 1,58 m de hauteur, la largeur dépassant aussi le mètre ! Il faut dire que le modèle n’est autre que la statue équestre de l’empereur Marc Aurèle, que l’on peut admirer place du Capitole, à Rome. Cette oeuvre d’un artiste de l’Antiquité a eu la chance de rester intacte deux millénaires durant. Pour quelle raison Une confusion. Lors des destructions des symboles païens par les chrétiens, la statue fut en effet confondue avec un portrait de Constantin, cet empereur de Rome, qui, en 313, reconnut officiellement la chrétienté. D’abord installée sur un forum impérial de la ville, l’oeuvre sera déplacée au VIIIe siècle. C’est sous le nom de Caballus Constantini que Paul III la retrouve, au XVIe siècle, devant le palais du Latran, piazza San Giovanni. Sur les conseils de Michel-Ange, le pape fera alors installer le chef-d’oeuvre à sa place définitive, lui rendant ainsi sa véritable identité et une place digne de son rang. Car, à la grande qualité esthétique s’ajoute la rareté du matériau, le bronze. Soulignons en effet que les bronzes antiques ne survécurent aux affres du temps que très exceptionnellement. Bref, un destin à la hauteur de son sujet, le "divin Marc" ! Donné de son vivant à l’empereur, ce surnom illustre la fascination que le souverain pouvait susciter. Né en 121, mort en 180, Marc Aurèle - de son vrai nom Marcus Annius Verus - restera dans les mémoires comme chef puissant et juste, mais aussi comme philosophe stoïcien. Dernier des Antonins, il a su préserver la Pax Romana établie par ses prédécesseurs, notamment par Hadrien. Ce dernier avait très tôt perçu la valeur de Marcus et demanda même à son fils, Antonin le Pieux, de l’adopter. Il lui trouve également un surnom, verissimus, à traduire par "le plus véridique ou sincère". Marc Aurèle partage avec Hadrien une grande bonté, qui lui valut l’attachement de tous ses concitoyens. L’auteur des Pensées par moi-même se questionne constamment sur sa personne et ses choix, souvent opérés à contrecoeur, davantage pour la grandeur de son Empire que pour le bien de l’humanité... Adepte du stoïcisme, Marc Aurèle croit au cosmos, au fait que chaque acte et toute chose participent à un tout. Ainsi l’homme doit-il vivre en adéquation avec la nature. Cette personnalité à part croyait fermement aux qualités de ses semblables, même s’il lui fallut se confronter toute sa vie à la guerre et aux pires actes de trahison. La postérité lui rendra hommage à travers de nombreuses oeuvres, faisant même de lui l’empereur le plus sculpté de l’Histoire et ce, durant des siècles, comme en témoigne notre buste exécuté au XVIIe. Marc Aurèle, un souverain éclairé, modèle de sagesse et d’humanisme, de l’Antiquité jusqu’à la Renaissance... |
Cannes, mercredi 4 août.
Marc-Arthur Kohn SVV. |
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Marc Chagall (1887-1985),
Couple d’amoureux et violonistes, lavis,
encre de Chine, gouache et pastel sur papier, cachet de la signature en bas à droite, 57,7 x 75,5 cm.
Estimation : 100 000/120 000 €.
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| Chagall en musique |
Sur un air de violon, le petit village gris surplombé par un soleil froid s’étage à flanc de colline, de jeunes mariés se tenant sous le traditionnel dais rouge... Marc Chagall reconstitue à nouveau dans notre toile, authentifiée en 1988 par le Comité Chagall, une scène heureuse de la vie en Russie. La nostalgie de l’enfance bercera toute la première partie de la carrière du peintre. Ainsi, les images du ghetto de Vitebsk et les scènes traditionnelles de la culture hassidique envahissent ses toiles. Musique et religion sont ses deux leitmotive. Du Mariage russe (1909) à Zurich à La Grande Parade (1980) de la galerie new-yorkaise Pierre-Matisse, en passant par le Violoniste vert (1924) conservé au musée Guggenheim de New York, les musiciens prenant la tête des cortèges lors des mariages, dans son pays natal, rythment tout naturellement les compositions colorées et déconstruites de Chagall. Les règles du peintre sont simples : perte d’unité spatiale, couleurs saturées, dynamisme et poésie. Un charme qui opère sur bien des amateurs, toutes générations confondues... Proche de Robert Delaunay et de l’orphisme si cher à ce dernier, Chagall demeure pourtant un artiste à part dans l’école de Paris et du quartier de Montparnasse, où il s’installe en 1910. Son univers à la fois populaire et onirique lui est ainsi totalement personnel. Il confiera d’ailleurs : "Personnellement, je ne crois pas que la tendance scientifique soit heureuse pour l’art. Impressionnisme et cubisme me sont étrangers. L’art me semble être surtout un état d’âme." |
Cannes, dimanche 15 août.
Besch Cannes Auction SVV. |
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André Masson (1896-1987),
Rêve du matin, pastel sur papier
marouflé sur toile, 100 x 81 cm. Estimation : 25 000/30 000 €.
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| Les rêves de Masson |
Rêve et érotisme sont étroitement liés dans l’oeuvre d’André Masson. Tout comme ses amis surréalistes, il considère que le sommeil conduit à un stade éminemment créateur où l’inconscient, libre de toute censure, peut enfin s’exprimer pleinement. Quoi de plus normal, ces artistes souhaitent se libérer des tabous sexuels de la même manière qu’ils ont affranchi leur art des contraintes sociales et culturelles. Parmi les solutions, l’écriture automatique, dont André Masson fut l’un des plus grands utilisateurs. "L’érotisme est la clé de voûte d’André Masson", dira Breton en découvrant ses dessins automatiques. La violence demeure indissociable des oeuvres de notre artiste, comme le montre ce pastel à la composition concentrique, où semble émerger un inquiétant visage d’homme menaçant le corps nu féminin. Masson a abandonné le cubisme dès sa découverte du surréalisme, au début des années 1920. Deux ans plus tard, il rencontre le marchand Kahnweiler, qui lance sa carrière et ses fameux "tableaux de sable". L’artiste participe aussi à l’illustration de plusieurs ouvrages, notamment pour son ami Georges Bataille. À son séjour aux Etats-Unis, de 1941 à 1943, correspond un certain assagissement de sa peinture : si la thématique de l’érotisme demeure, les couleurs et le dessin se font moins violents. Au final, une oeuvre homogène et entière en quête de rêve et de connaissance de soi. |
Deauville, dimanche 15 août.
Massol SVV. |
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Johannes Janssonius (1588-1664),
Nouvel Atlas ou Théâtre du monde,
comprenant les tables et descriptions de toutes les régions du monde universel, Amsterdam, Joann. Jansson, 1649-1653.
Cinq volumes in-folio, vélin doré à recouvrements, reliure d’époque.
Estimation : 70 000/80 000 €.
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| À la conquête des terres et des océans |
Au XVIIe siècle, une guerre sans pitié fait rage en Europe, celle de la cartographie. Son épicentre se situe aux Pays-Bas. Grâce à ses richesses, au développement de nouveaux instruments de mesure et à la domination sur les mers de la Compagnie néerlandaise des Indes orientales, ce pays sort vainqueur de la bataille. Après Lucas Janszoon Waghenaer, les frères Blaeu ou encore Anthonie Jacobsz, c’est Johannes Janssonius qui entre dans la mêlée. Fils d’un expert en la matière, l’éditeur et libraire Jan Janszoon l’ancien, il naît à Arnhem en 1588. L’histoire se poursuivra en famille, puisqu’il épouse ensuite la fille d’un autre graveur et cartographe, Jodocus Hondius. Janssonius collaborera de nombreuses années avec son beau-frère, Henricus Hondius, entre autres pour notre ouvrage. Bien que son activité se concentre sur Amsterdam, notre cartographe possède également de nombreuses librairies à travers l’Europe, notamment à Francfort, Genève ou Lyon. Le Nouvel Atlas se révèle un ouvrage majeur dans l’histoire de la cartographie, résultant du travail de plusieurs grands scientifiques, dont Mercator n’est pas le moindre. Le beau-père de Janssonius a en effet acheté des cuivres du grand géographe, plaques que nos deux collaborateurs réutilisèrent largement. On y trouve également des cartes d’Ortelius et des frères Blaeu, améliorées et précisées, mais aussi des créations inédites de notre homme. Janssonius et Henricus Hondius entendent ici élaborer un atlas le plus complet possible, contenant les informations les plus récentes et les plus détaillées. Aux trois volumes d’origine, parus en 1638, s’ajoutent bientôt un quatrième sur l’Angleterre, un cinquième faisant office d’atlas maritime puis, en 1657, un sixième et dernier, historique celui-ci et dédié à l’Antiquité, qui fera du Nouvel Atlas... l’Atlas Major ! Outre leur remarquable exhaustivité, nos cinq volumes valent pour leurs illustrations, gravées en taille douce et enluminées à la main. Huit frontispices et pas moins de quatre cents cartes, en coloris d’époque, qui ne manqueront pas de provoquer à nouveau une belle bataille... d’enchères, cette fois ! |
Montignac-Lascaux, du lundi 23 au jeudi 26 août.
Étude Galateau SVV. M. Poulain. |
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