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| L'agenda des ventes aux enchères |
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| Henri Martin (1860-1943), Marseille, le port, huile sur toile signée, 60,5 x 81 cm. Estimation : 80 000/100 000 €.
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| À la une : le port de Marseille vu par Henri Martin |
| Henri Martin, peintre de marines ! Oui, le poète de La Bastide-du-Vert, avec ses champs colorés, ses hauts peupliers, les toits du village violets dans la lumière nappée de transparences brumeuses, a aussi planté son chevalet au bord de la mer. Il a peint les petits ports bretons, l’effervescence de Marseille, les barques des pêcheurs à Collioure, l’eau et le ciel de Venise. Est-ce à dire qu’Henri Martin, peintre symboliste, auteur de fresques célébrant l’activité humaine, voulait cacher son émerveillement devant des cieux se reflétant dans l’eau ? Nous n’irons pas jusque-là. La plupart des vues maritimes décrivent l’architecture, l’alignement des façades et l’horizon des toits, les bateaux à quai ou tirés sur la plage, leurs mâts élancés rythmant l’espace. Et pourtant, les hommes s’affairent. À partir de 1902, le peintre se rend plusieurs fois à Marseille, rapportant de nombreuses études très poussées, peintes depuis divers points de vue. Elles lui servent à composer, l’hiver venu, des tableaux en atelier. Il lui faut aussi honorer la commande de la Caisse d’épargne de Marseille, un triptyque intitulé Le Travail, exposé au Salon de 1904. Léonce Bénédite écrit dans son compte rendu publié dans Art et Décoration : "Il a traduit son sujet sous trois modes différents, correspondant aux trois âges de la vie en même temps qu’aux trois phases principales du jour. Comme décor, la ville de Marseille et comme milieu la vie moderne, notre vie à nous, celle de tous les jours." En 1917, on retrouve la cité phocéenne dans l’une des trois compositions commandées par l’État pour l’hôtel P. L. M. de Lyon, La France laborieuse se présentant devant le conseil d’État. Pour réaliser ses grands tableaux, Henri Martin s’entoure de ceux qu’il a déjà exécutés, y trouvant un angle, une annotation, une lumière utiles à la vérité de l’oeuvre finale. Peut-être a-t-il procédé ainsi pour notre toile, exposée au 42e Salon d’art moderne de Paris en 1922. Il a toutefois installé son chevalet Rive-Neuve, face au quai du port surmonté de l’église Saint-Ferréol, qui apparaît entre une forêt de mâts. Reconnaissable à son clocher de style néogothique sur module octogonal, elle est tout aussi emblématique que Notre-Dame de la Garde. Les façades des immeubles se fondent dans un miroitement lumineux, les toits de tuiles sont indiqués par de petites touches ocres, les habitations partent à l’assaut de la colline. La ville est plantée comme un décor, soulignant la présence d’un bateau à vapeur d’un rouge intense ; de même, le couple, au bord de l’eau, invite le spectateur à contempler les manœuvres de quelques barques et d’un voilier. Marine ou allégorie de l’activité humaine sur fond portuaire ? Henri Martin nous laisse décider, tant les occupations habituelles d’un port sont à peine suggérées. |
La Trinité-sur-Mer. Mercredi 22 juillet.
Ruellan SVV. M. Marumo. |
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Georg Wolfgang Knorr, Délices physiques choisies (...) pour en former un cabinet choisi de curiositez naturelles, Nuremberg, 1766-1767. Deux volumes in-folio, plein veau marbré.
Estimation : 3 000/3 500 €.
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| Coquillages et crustacés |
| Près de quatre-vingts gravures ornent les deux tomes de ce monument traitant des trois règnes de la nature, à savoir les plantes, les animaux et les minéraux. Son titre au complet ? Délices physiques choisies ou Choix de tout ce que les trois règnes de la nature renferment de plus digne de recherches d’un amateur curieux, pour en former un cabinet choisi de curiositez naturelles. Les planches, en coloris d’époque et dans un très bel état de fraîcheur, ont été gravées par des artistes au métier irréprochable, tels Eiseberger, Kleemann, Schmidt ou Eisenmann entre autres, d’après les planches de Georg Wolfgang Knorr (1705-1761). Notre homme, originaire de Nuremberg, était fort réputé pour ses gravures au burin de portraits, paysages et animaux d’après Dürer ou Kilian, notamment. Mais il cultiva aussi la peinture - en témoignent diverses vues de sa main - et une activité de marchand d’art. Les recueils scientifiques qu’il publia, mettant côte à côte des descriptions de diverses espèces et des gravures, recueillirent le succès en Allemagne, tout comme de ce côté-ci du Rhin où ils furent traduits. Avant les grandes transhumances de l’été, gageons qu’il aura tout autant les faveurs du public d’aujourd’hui... |
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Mercredi 8 juillet, salle 7 - Drouot-Richelieu.
Kapandji - Morhange SVV.
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Paul Eluard, "Liberté", manuscrit autographe signé, cinq pages in-4° montées sous verre, double encadrement de bois naturel
Estimation : 40 000/50 000 €.
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| Une seule pensée... |
| Composé pendant l’été 1941 ou l’hiver suivant, ce poème reçut presque coup sur coup deux titres, "Une seule pensée" et "Liberté". Passé à la postérité sous ce dernier, c’est cependant sous le premier qu’il eut le plus grand retentissement à l’époque, grâce à la traduction de William Planer au début de l’année 1943 et à sa nouvelle parution quelques mois plus tard dans La Revue du monde libre. Mais aussi et surtout quand, imprimé à Londres au format in-32, le poème fut parachuté à des milliers d’exemplaires par la Royal Air Force sur les territoires en guerre. En moins de dix ans, ces vers auront inspiré une cantate à Francis Poulenc, deux tapisseries à Jean Lurçat, un Poème-objet dépliant de Fernand Léger. Quant à la muse qui vient se poser sur l’épaule de Paul Eluard, elle pourrait bien se nommer Nusch, autrement dit Maria Benz, la femme aimée par le poète, bien que son nom ait ensuite été barré - à la suite d’une altercation entre les époux - et remplacé par le mot liberté. Une déclaration d’amour devenue hymne à la résistance... |
Mardi 7 juillet, salle 8 - Drouot-Richelieu. Millon & Associés SVV,
Cornette de Saint Cyr maison de ventes SVV. M. Romaneix.
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Arman, Colère brûlée, inclusion de contrebasse calcinée et résine dans un emboîtage en plexiglas, 1974, 200 x 160 x 22 cm. Estimation :
250 000/300 000 €.
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| Contrebasse désincarnée |
| Pilier de l’orchestre, auquel elle transmet sa pulsation, la contrebasse a perdu sa voix avec Arman. Les vibrations ne sont plus celles de ses cordes, mais celles des ondes de choc qui l’ont poussée à l’implosion. Cet instant fugace est figé à jamais dans la résine et le Plexiglas. Sacrilège, direz-vous ? Certes, mais oubliez l’objet pour considérer l’oeuvre. Derrière cet instrument de musique réduit au silence, se cache toute une symbolique. Écoutez plutôt l’artiste : "Si on casse une caisse rectangulaire, on obtient une composition cubiste : si on casse un violoncelle, on aboutit à un résultat romantique. Si l’on donne un grand coup sur un violon (violoncelle ou contrebasse), on en fait un violon abîmé, inutilisable. Si on les inclut dans une boîte, si on les fixe dans le Plexiglas, on change la qualité et l’identité de l’objet, puisqu’on pétrifie un état, arrête un instant"... À partir des années 1960, le travail d’Arman est donc centré sur la réappropriation d’objets quotidiens, dont il transforme l’impact grâce à des surenchères visuelles. Les "Poubelles" et les «Accumulations", ces entassements d’objets et de déchets, en sont une manifestation, tout comme les "Colères", dont fait partie notre oeuvre. Non content de donner une nouvelle identité aux objets, Arman dénonce la surabondance de biens et la perte consécutive de leur valeur. D’un geste, il a ici métamorphosé un instrument anonyme en objet unique, au statut d’oeuvre d’art. La même magie transportera-t-elle les collectionneurs dans la dimension armanienne ce dimanche ? |
Dimanche 5 juillet, Versailles.
Versailles Enchères SVV. |
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Shako de carabinier du 1er régiment d’infanterie légère, premier Empire.
Estimation : 5 000/6 000 €.
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| Le prestige de l’armée |
| Rien ne sert de faire la guerre sans équipement adéquat. Entre efficacité et prestige, ce dernier est la clé d’une bonne et belle armée. Partons donc sur les traces de nos régiments, guidés par une aigle de drapeau de 1815 (10 000/15 000 €). Rapidement réalisé par Thomyre, afin de compenser la perte des aigles détruites en 1804, le modèle de 1815 gagne en puissance ce qu’il perd en finesse de ciselure. L’épreuve du feu subie par notre aigle témoigne sans doute de cette fin du premier Empire, où l’on préférait brûler celles-ci plutôt que de les voir tomber entre les mains de l’ennemi. Sur fond de roulement d’un tambour de régiment de ligne de la même époque (2 000/2 500 €), passons en revue les tenues militaires. Avec leurs coiffures, les hommes, reconnaissons-le, avaient fière allure. Chapeaux, casques schapskas, bonnets en fourrure ou shakos frappent par leur prestance. Ils étaient néanmoins avant tout destinés à distinguer, dans le feu du combat, les combattants instantanément et de loin. Outre la forme du couvre-chef, ses ornements galons, bourdalous, plaques à l’aigle, cocardes, crinières et marmouzets et autres carottes deviennent alors autant d’indices de reconnaissance. À partir de 1 500 €, et jusqu’à 10 000 €, vous pourrez vous couvrir de ces coiffures historiques, à moins que définitivement séduit par le prestige de l’uniforme, vous ne préfériez l’habit de général, probablement celui du roi Frédéric VI du Danemark. Rien que ça ! Il se compose d’un chapeau en feutre orné de plumes noires et blanches et d’un uniforme à basques en drap rouge brodé, à col et parements de manches bleues, auxquels sera jointe une miniature du roi (15 000/20 000 €). Place à l’orfèvrerie, raffinement ultime, avec une assiette en argent (30 000/35 000 €) et une petite timbale (15 000/20 000 €) réalisées par Biennais pour le service de campagne de Napoléon Ier. Également impériale, une plaque de chevalier de l’ordre de Saint-Hubert de Bavière, remise à Napoléon le 20 avril 1805, sera proposée entre 20 000 et 25 000 €. Clou d’une tenue, cette décoration sera peut-être également le point d’orgue de cette vente. |
Dimanche 5 juillet, Fontainebleau. Jean-Pierre Osenat Fontainebleau SVV.
M. Dey, Mme Lamort, M. Nicolas. |
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| Hermès, "musée Schlumpf", carré de soie, dans sa boîte d’origine, 90 x 90 cm. Estimation : 400/500 €.
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| Collection Schlumpf |
| L’idée de ce foulard est née d’une rencontre entre Fritz Schlumpf et Robert Dumas, le directeur d’Hermès. La maison de sellerie se lance alors dans ses premières productions publicitaires, l’industriel prévoyant, de son côté, d’ouvrir au public son exceptionnelle collection de voitures. Les deux hommes imaginent alors d’éditer un carré de soie, délicat ouvrage qui serait offert aux invités à l’occasion de l’inauguration du musée. Le modèle, confié à l’un des dessinateurs attitrés d’Hermès, Philippe Ledoux, reprend au centre le célèbre biplace Sage de 1906, l’une des voitures préférées de Schlumpf, et figure dans les angles le collectionneur en personne. En soie imprimée de différentes couleurs, le foulard est édité en mars 1971 en 1 000 exemplaires. L’histoire contredira le projet : l’inauguration n’aura jamais lieu et les foulards, sagement rangés dans leur boîte, en demeureront les seuls témoins.Dix-sept ans après la disparition de Fritz Schlumpf, l’éléphant dressé de Bugatti (80 000/100 000 €, voir Nos coups de coeurs) passe aux enchères. Cette vente est l’occasion de ramener l’actualité sur les Schlumpf, et surtout de découvrir l’univers intime de cet entrepreneur et collectionneur fou de voitures. Et là, surprise. Point de tableau de maître ni meuble estampillé rare, mais un ensemble de mobilier classique, de style, voire rustique. Cela prouve une fois de plus que pour Fritz Schlumpf, seules comptaient ses voitures. Jusqu’à la passion, la déraison et, finalement, la faillite. C’était il y a trente ans, l’affaire défraiera la chronique. C’est ainsi que passera aux enchères le monumental ensemble de bureau de style Renaissance qui meublait son bureau de direction. Les estimations, quant à elles, ne sont pas monumentales : 800 à 1 000 € pour le bureau et le fauteuil de cabinet (même somme pour l’ensemble de son frère), 600 à 800 € pour la table à rallonge et les six fauteuils à garniture en cuir de la salle du conseil. Les nostalgiques des belles heures de l’industrie textile pourront s’offrir une toile de Paul Herzog représentant les usines Schlumpf à Malmerspach sans faire de folie, 300 à 400 € d’estimation de départ ou un buste de l’industriel en plâtre patiné pour 20 à à 300 €. Il fallait tout de même des voitures, elles ferment la marche de la programmation. En 1991, Fritz Schlumpf achète pour son usage personnel une Rolls Royce Silver Spirit, entièrement blanche. Proposé entre 20 000 et 25 000 €, il s’agit du dernier modèle de cette marque à avoir connu une fabrication traditionnelle et artisanale. En 1985, Schlumpf avait commandé une Ferrari Testarossa rouge possédant une sellerie beige, elle sera vendue aussi. Il fallait aussi une Bugatti dans ce catalogue. Il y en a une, que l’industriel ne revit jamais. Elle fut rendue à sa veuve en 1999. Il s’agit d’un modèle des années 1930, type 52 "Baby". Estimée 25 000 à 30 000 €, elle est l’ultime preuve de deux noms à jamais liés, ceux de Schlumpf et de Bugatti. |
Molsheim, dimanche 5 juillet.
Étude Gasser-Audhuy SVV. MM. Huet, Gasser. |
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| René-Yves Creston (1898-1984), Troménie, groupe en faïence de Quimper, Henriot, vers 1930, h. 39 cm. Estimation : 7 000/8 000 €.
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| Toutes voiles dehors |
| René-Yves Creston est un personnage engagé, haut en couleur et éminemment sympathique. En 1923, il fonde avec son épouse Suzanne et Jeanne Malivel le mouvement Seiz Breur, "union des sept frères» en langue bretonne. Leur volonté : réunir les plus créatifs des artistes régionaux et oeuvrer ainsi à la renommée de leur Bretagne natale. Vaste programme qui portera de beaux fruits. Le groupe est pluridisciplinaire, réunissant peintres et sculpteurs, mais aussi des artisans, écrivains et architectes. Peintre et décorateur lui-même, c’est en toute logique que Creston, par ailleurs travailleur infatigable, collabore avec la manufacture de faïences de Quimper Henriot à partir de 1922, illustrant les grandes traditions bretonnes. Parmi celles-ci, le salut des bannières, qui s’observe à l’occasion des pardons. La jeunesse défile, portant l’oriflamme du saint honoré. Il s’agit d’un véritable privilège, l’occasion d’exprimer non seulement sa ferveur, mais aussi sa vigueur, notamment auprès de la gent féminine. C’est ce moment symboliquement très fort que choisit René-Yves Creston dans un groupe intitulé Troménie. Il y révèle sa puissance expressive exemplaire, renforcée encore par une géométrisation des formes. L’ensemble dégage force et mouvement. Ces mêmes caractéristiques se retrouvent sur l’autre sculpture présentée : Nominoé en armure, sur son cheval lancé au galop. Cette pièce fulgurante, véritable condensé des conceptions artistiques de son auteur, est estimée 8 000 à 10 000 €. L’aventure Seiz Breur s’achevant en 1947, Creston s’impliquera dans de nouveaux mouvements avec une foi et une joie constantes. |
Morlaix, lundi 6 juillet.
Oriot-Dupont SVV. M. Pasquiou. |
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