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| L'agenda des ventes aux enchères |
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| Italie, XVIe siècle. Clef dite "des Doges" en fer forgé damasquiné d’argent, l’anneau rehaussé d’une feuille d’or appliquée, l. 12,8 cm. Estimation : 20 000/30 000 €.
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| À la une : Une clef italienne du XVIe siècle |
| La clef est peut-être l’objet le plus ordinaire de notre vie. "Perdre les clefs de son appartement n’est pas dramatique... si en plus vous avez perdu l’adresse", remarque, non sans malice, Pierre Perret. C’est dire l’importance de ce petit objet dans notre quotidien. Symbole de la possession, donc du pouvoir, mais aussi d’ouverture et de savoir, la clef fut de tout temps recherchée... depuis environ quatre mille ans ! En effet, on en trouve mention sur des plaques d’argile retrouvées dans les fouilles de Babylone. Deux clefs - l’une en or et l’autre en argent - ornent les armoiries papales, rappelant l’origine divine de celles offertes symboliquement à saint Pierre. "Je te donnerai les clefs du royaume des cieux et tout ce que tu lieras sur terre sera lié dans les cieux", affirme le Christ dans l’Évangile selon Matthieu (16, 18-20). Rien ne saurait alors être trop beau pour ces symboles honorifiques. Les anneaux, les tiges et les pannetons épousent des formes extraordinaires, surtout à partir de la Renaissance. Les pertuis à garnitures deviennent, quant à eux, des chefs-d’oeuvre de complexité. La première partie de la vente de la collection Michel Rullier en propose de multiples exemples, de l’époque romaine aux clefs de maîtrise. On remarque en particulier une clef damasquinée d’argent, à l’anneau rehaussé d’une feuille d’or. Son décor, typique de l’Italie du Nord au XVIe siècle, ainsi que la préciosité des matériaux indiquent qu’elle était sans doute destinée à un doge ou à un haut dignitaire ecclésiastique. Ce type de clef - extrêmement précieuse - est souvent rattaché à celui dit "de chambellan", dont la fonction était d’ouvrir et de fermer les portes du domaine privé d’un souverain ou d’un prince de l’Église. La clef dorée était l’insigne de cet office honorifique. En l’absence de monogrammes et d’armoiries, il est impossible de savoir qui reçut notre petit chef-d’oeuvre. On ne peut qu’admirer l’excellence du travail de notre clef qui, en plus, est d’un modèle très rare. Seulement deux exemplaires de clef dite "des Doges" sont conservés, à notre connaissance, dans les collections publiques : l’un au musée Le Secq des Tournelles à Rouen, l’autre dans les collections du musée de la Renaissance, au château d’Écouen. Sa beauté, entourée de mystère, convoque notre imaginaire. "Il n’y a rien de plus beau qu’une clef, tant qu’on ne sait pas ce qu’elle ouvre", écrit le poète Maurice Maeterlinck. Formule fulgurante qui condense le symbolisme de la clef. |
Drouot-Richelieu - salle 7, à 13 h 30. Mercredi 10 mars. Fraysse & Associés SVV. Mme Houze. >>> En savoir plus |
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| Vue du salon.
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| Bien dans ses meubles |
| Classique, vous avez dit classique ? Difficile de prétendre le contraire de la succession de Gabrielle Pasquier-Monduit (1910-2009). Au menu : 238 tableaux, objets de décoration et meubles ayant garni sa résidence parisienne. Arrêtons-nous d’abord sur un panorama du Palais des Doges depuis le canal de la Grazia par l’un des spécialistes XIXe du motif, Félix Ziem. 30 000/40 000 € sont demandés de cette vue de la lagune vénitienne baignée d’une douce lumière de fin d’après-midi. On signalera ensuite un petit bureau de pente Transition, marqueté d’attributs de musique et d’oeillets, estampillé Bircklé (2 000 €), de nombreux fauteuils cabriolets Louis XV et Louis XVI, des pendules en bronze et des glaces en bois doré sculpté fin XVIIIe et début XIXe. Mais on ne manquera surtout pas, en lever de rideau, un petit ensemble de sculptures, en plomb ou en tôle patinés, provenant des établissements Monduit. Incontournable dans le paysage de l’ornementation architecturale de la seconde moitié du XIXe siècle et du début du XXe, la famille Monduit s’est taillé une solide réputation tant dans la restauration de monuments historiques que dans la création d’oeuvres originales. Sa spécialité : la plomberie d’art. L’histoire de cette famille débute dans les années 1820, avec Philippe Monduit (1795-1872), ferblantier lampiste, fontainier et couvreur, avant de continuer en 1845, avec son fils, Honoré (1824-1893). Celui-ci n’a que 35 ans quand il rachète l’entreprise de son ancien maître, fontainier plombier spécialisé dans la plomberie d’art et la couverture à destination de monuments historiques. Notre homme est sollicité par Viollet-le-Duc pour la restauration de la flèche en plomb de Notre-Dame de Paris, pour la réalisation de seize statues en cuivre martelé et la fabrication en plomb de gargouilles. Il laisse également sa marque au château de Pierrefonds, pour la réalisation du beffroi, à la fontaine Saint-Michel à Paris, et donne à l’Opéra sa coupole et son couronnement. En 1873, l’entreprise compte quelque 650 ouvriers, répartis sur les différents chantiers. À partir des années 1880, son fils Philippe (1857-1909) préside aux destinées de la société. Le Lion de Belfort, l’archange Saint-Michel au Mont-Saint-Michel, les Quadriges du Grand Palais, le campanile de l’Hôtel de Ville de Paris sont encore quelques-uns des travaux auxquels l’entreprise Monduit participe. Un talent récompensé aux Expositions universelles de Paris, mais aussi de Londres, Sydney, Saint Louis, Liège ou Gand. Si les établissements Monduit ferment leurs portes en 1970, le patronyme restera attaché à ces diverses réalisations, ainsi qu’à une trentaine d’oeuvres en cuivre et en plomb données par Gabrielle Pasquier-Monduit, petite-fille de Philippe, au château de Pierrefonds et exposées au premier étage de l’aile des invités... |
Jeudi 11 mars, salle 9 - Drouot-Richelieu. Maigret (Thierry de) SVV.
Mme Sevestre-Barbé, MM. Millet, de Louvencourt, Cabinet Dillée. |
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Adolf Wolfli (1864-1930), Der harzformige, nitnixa und dohrn = Roosali = Chnantz, 1925, crayons de couleur et crayon sur papier, entièrement annoté au dos, 51 x 67,8 cm.
Estimation : 30 000/40 000 €.
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| Wolfli, un peintre affranchi |
| Figure majeure de l’art brut, notre artiste est issu d’une famille très pauvre des environs de Berne. Resté seul avec sa mère, après le départ d’un père alcoolique qui mourra quelques années plus tard d’une crise de delirium tremens, Wölfli connaît une scolarité irrégulière avant de devenir ouvrier à l’âge de neuf ans, puis valet de ferme, bûcheron et manoeuvre au décès de sa mère. Une déception sentimentale vient bouleverser un équilibre déjà bien fragile. Arrêté en 1889 pour attentats à la pudeur, il est emprisonné pour deux ans avant de récidiver à sa sortie. Interné à 31 ans à l’hôpital de Waldau, près de Berne, le jeune homme n’en sortira qu’à sa mort, trente-cinq ans plus tard. C’est en 1899 qu’il commence à dessiner, mais aussi à écrire et à composer de la musique, du matin au soir. Son oeuvre, immense, comprend vingt mille pages partagées entre créations littéraires, partitions musicales et compositions graphiques. Des oeuvres minutieuses, troublantes, à l’expression presque sauvage et surhumaine, comme affranchie des conventions. Hors de "l’asphyxiante culture", comme disait le découvreur de l’art brut, Jean Dubuffet. |
Mardi 9 mars, 15 h, espace Tajan.
Tajan SVV. |
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Commode galbée plaquée de panneaux de laque de Chine bronzes dorés ciselé, dessus de marbre rouge griotte, estampille de Roussel et marque JME, époque Louis XV, 85 x 160 x 67,5 cm.
Estimation :
300 000/400 000 €.
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| Un sacré pedigree |
| Si l’ébéniste, Pierre II Roussel, maître en 1745, est l’un des ténors de l’époque Louis XV, l’habillage de notre meuble compte également parmi les plus prisés en ce milieu du XVIIIe. La technique consiste à revêtir ces grâcieuses formes de panneaux de laque de Chine (ou du Japon) - ici à décor de personnages dans des paysages -, soit en découpant un paravent ou un panneau de coffre que l’on adapte au meuble, soit en imitant des vernis de la Chine que l’on enrichit d’or ou d’argent. Même si l’Orient demeure le maître en ce domaine... Que dire enfin de l’un des propriétaires de notre commode, Jaime Ortiz-Patiño. Petit-fils de Simon Iturri Patiño (1860-1947), surnommé le "Rockefeller des Andes", neveu d’Antenor Patiño (1896-1982), Jaime Ortiz-Patiño s’inscrit dans la lignée des magnats boliviens de l’étain, collectionneurs de premier plan. Amateurs de beaux meubles et de pedigree, ne pas s’abstenir... Comme toutes les vedettes, notre commode se fera attendre jusqu’en milieu de séance. Restant dans le même esprit, mais négociable cette fois à 35 000/40 000 €, on a noté une paire d’encoignures galbées en vernis Martin, à décor de paysages animés, l’ensemble enrichi de bronzes dorés ciselés. |
Vendredi 12 mars, salle 5 - Drouot-Richelieu.
Europ Auction SVV. M. Bürgi. |
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| Manufacture nationale de Sèvres, R. Sivault et René Crevel, vers 1934. Vase en porcelaine à décor d’un cavalier et d’un personnage nu dans une forêt, h. 50 cm. Estimation : 8 000/10 000 €.
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| Tradition et modernité |
| Pourquoi faudrait-il toujours limiter le dynamisme et la qualité des oeuvres de la manufacture de Sèvres au XVIIIe siècle ? Ce vase, ainsi que quelques autres proposés dans cette dispersion, est là pour témoigner de la pérennité de la beauté et de l’originalité des productions de la fabrique parisienne à l’époque art déco. Roger Sivault, décorateur à Sèvres de 1920 à 1968, en a signé l’exécution. Le Rouennais René Crevel, son dessin. Régulièrement présent au Salon d’automne, sociétaire des Artistes décorateurs, ce dernier exposait des paysages, des portraits et des marines. Mais on lui doit aussi des panneaux décoratifs, des papiers peints, des cartons de tapis et de tapisseries - notamment pour la manufacture Coupé à Bourganeuf en Creuse -, des compositions pour Sèvres, puis pour Limoges. Quant à la forme de notre vase, appelée Aubert 19, elle est due à un autre décorateur art déco, Félix Aubert. Comme Henri Rapin, Jacques-Émile Ruhlmann, Anne-Marie Fontaine ou Jean Beaumont, Aubert conçoit pour la porcelaine des vases de toutes tailles, permettant des décors plus ou moins complexes. Pari réussi pour notre pièce, illustrant les liens intimes et indispensables entre motif ornemental et support. Et preuve, une fois encore, que dans tout atelier d’art, la tradition consiste à créer. |
Mercredi 10 mars, salle 5-6 - Drouot-Richelieu.
Claude Aguttes SVV. M. Plaisance. |
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| Paul Almasy (1906-2003), Pakistan, sécheresse, le paysan abandonné par Allah, 1950, tirage argentique postérieur, 21,5 x 17,8 cm. Estimation : 800/1 000 €.
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| Le monde sans frontières d’Almasy |
| Lorsque naît à Budapest Paul Almasy, en 1906, la Hongrie fait encore partie de l’Empire austro-hongrois. Après avoir étudié les sciences politiques à Vienne, puis à Heidelberg, le jeune homme opte pour le journalisme, avec une première mission au Maroc en 1925, pour couvrir la révolte d’Abd el-Krim. Dorénavant, Paul Almasy est le plus souvent sur les routes de tous les continents, effectuant des reportages pour des organismes comme l’OMS, la FAO et l’Unesco. Seule la Mongolie manque à son palmarès... Vers 1929, il décide d’illustrer lui-même ses articles et se consacre au photojournalisme. Dans la lignée d’un Walker Evans, le reporter transmet sans pathos, avec netteté, la condition humaine sous toutes les latitudes... Pendant quelque soixante années ! Non seulement certains souffrent des guerres tribales ou entre pays voisins, des crises économiques et des révolutions meurtrières, mais la détresse des hommes peut encore être provoquée par le climat, empiré par l’incurie des gouvernants, subi de plein fouet par les paysans, comme celui de notre photo, semblant pris au piège de la toile tissée par une terre asséchée, craquelée et stérile. Un constat qui se passe de paroles. "Quand une photographie contient un composant vivant [...], quel que soit le rapport entre sa taille et celle de l’image, il domine les autres et la lecture commence avec lui", a écrit notre photographe. |
Vendredi 12 mars, salle 7 - Drouot-Richelieu.
Le Mouel SVV. Mme Esders.
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| Rochas par Olivier Theyskens, collection automne-hiver 2004-2005. Robe bustier grand soir en gazar noir, rebrodée à partir des hanches de plumes de coq noires, turquoise et blanches. Estimation : 1 500/2 000 €.
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| Rochas par Olivier Theyskens |
| Ceci est une robe pour la femme de notre siècle émergent, celle qui en toute occasion se sent bien dans sa féminité. Du reste, elle fut portée par Nicole Kidman, sirène surgissant de cette houle de plumes de coq. L’actrice raffole des créations du nouveau directeur artistique de la maison Rochas, Olivier Theyskens. Ce jeune couturier belge prend les rênes de la vénérable maison de couture en 2003, et renoue avec l’esprit du fondateur Marcel Rochas. Lorsqu’il ouvre sa maison de couture en 1925, ce dernier lance une gamme de vêtements pour des femmes jeunes et sportives, qui veulent aussi représenter le chic parisien. Son succès est rapidement assuré par les actrices de cinéma, comme Marlene Dietrich, Jean Harlow ou Mae West, pour laquelle il crée une guêpière en chantilly noir. Rochas privilégie des coupes aux structures visibles, bien découpées, soulignées de ganses, ceintures, et au tissu savamment travaillé. La marque s’agrandit avec la création de parfums, dont les flacons sont habillés de dentelle noire pour le mythique Femme de 1944 dédiée à sa jeune épouse, Hélène, qui reprend cette activité à la suite de la fermeture de la maison de couture, en 1953, et le décès de Marcel, deux ans plus tard. Pourtant, tel un phénix, la maison de couture renaît sous la houlette du couturier irlandais Peter O’Brien, en 1988. La collection automne-hiver 2003-2004 réalisée par son successeur, Theyskens, est un coup de maître salué par la presse spécialisée. Sarah Mower, journaliste pour Vogue et Style.com n’hésite pas à parler de ses «constructions magiques de chantilly noir, de taffetas rose et blanc, de satin et de tulle», renouant avec l’élégance parisienne, adaptée à la génération actuelle. Il affectionne des silhouettes menues aux épaules bien serrées, aux lignes dansantes et aux volumes étudiés. Le public international est au rendez-vous, des actrices n’hésitant pas à jouer le mannequin d’un jour. Mais, en 2007, le contrat d’Olivier Theyskens n’est pas renouvelé et il part assumer les nouvelles collections de Nina Ricci. Restent ses modèles uniques de précollection ou commandes spéciales, qui vont défiler lors de cette vente, pour la plus grande joie des élégantes. |
Mercredi 10 mars, salle 10 - Drouot-Richelieu.
Piasa SVV. Cabinet Chombert-Sternbach. |
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| Jules Verne, Les Enfants du capitaine Grant, Hetzel, sans date, grand in-8°, percaline orangée éditeur, dos lisse orné, premier plat orné d’un décor personnalisé, tranches dorées (cartonnage restauré). Estimation : 2 200/2 400 €.
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| Voyages immobiles |
| D’abord diffusées par Pierre-Jules Hetzel sous la forme de feuilletons dans le Magasin d’éducation et de récréation, les fictions imaginées par Jules Verne tiennent rapidement en haleine un nombre croissant de lecteurs. Grâce à la publication en petites éditions brochées, puis en cartonnages de grand format, ces romans captivent bientôt un public élargi et leur popularité traverse très vite les frontières. Quoi de plus normal pour des oeuvres dont les personnages sont aussi cosmopolites et bourlingueurs ? Si Jules Verne doit à ses talents de conteur d’avoir séduit ses contemporains, la variété et l’exubérance des cartonnages d’Hetzel sont à l’origine de l’attrait des collectionneurs d’aujourd’hui. La plupart des plats de ces albums, il faut dire, s’ornent d’un décor exubérant. Certains sont beaucoup plus sobres, mais n’en présentent pas moins un grand intérêt. C’est le cas pour notre titre, Les Enfants du capitaine Grant, protégé par un rare cartonnage d’essai personnalisé, sans doute réalisé dans les années 1880. Sur le fond de percaline orange - une toile de coton enduite imitant le grain du cuir -, le décor appliqué au fer à la main se détache à merveille : un bateau voguant sous deux mappemondes. Sentez-vous l’appel du large ? |
Versailles, dimanche 7 mars.
Versailles Enchères SVV. M. Betis. |
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| Félix Nadar, Savorgnan de Brazza, photographie sur papier argentique, 9,5 x 7 cm. Estimation : 200/250 €.
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| À la découverte du Congo |
| Visage émacié, barbe d’aventurier et regard fier... Décidément, Savorgnan de Brazza a tout du héros moderne. On connaît les actes de bravoure et les nombreuses actions en faveur de la libération des esclaves de cet officier de la marine française, qui reste dans les mémoires comme l’une des grandes figures de cette sombre époque de la colonisation française en Afrique. Né en 1852 à Rome, dans une famille aristocratique, Pierre Savorgnan de Brazza arrive à Paris très jeune, grâce au soutien de l’amiral Louis de Montaignac. Il suit les cours du collège Sainte-Geneviève puis entre à l’école navale de Brest, à seulement 17 ans. Après avoir navigué vers l’Algérie et les mers du Nord, il embarque, sous la IIIe République, sur la frégate Vénus, qui compte parmi ses principales destinations le Gabon. En 1874, il propose au gouvernement français d’explorer le fleuve Ogooué jusqu’à sa source. Si l’expédition est un échec - l’Américain Henry Stanley, à la solde des Belges, le devance dans la découverte du fleuve Congo -, Brazza établit déjà de bons contacts avec les peuples de la région. Il sera d’ailleurs à l’origine de la signature d’un traité de protection entre la France et le roi des Tékés, et de la fondation de Brazzaville. Mais bientôt, celui que l’on nomme le "père des esclaves" devient gênant pour la France. Opposé à un régime de concession des territoires du Gabon et du Congo, il est mis en disponibilité en janvier 1898. L’explorateur n’a jamais admis la soumission par les armes de ces terres africaines, dans une logique purement économique. Une rare personnalité, qui affleure dans ce portrait a priori conventionnel, saisi par un certain Nadar. Ce cliché fait partie d’un ensemble de documents et d’oeuvres d’art évoquant le Congo, à l’image d’une n’kissi, estimée 3 000/4 000 €. Cette statuette reliquaire s’orne d’une charge magique circulaire, comprenant notamment des coquillages et des dents, obturée par un fragment de verre fixé à la résine. Deux importants ensembles de documents anciens complèteront cette sélection. Un bel hommage à des hommes désintéressés partis à la découverte d’un pays qui ne les renie pas. En 2006, le gouvernement congolais a en effet souhaité rapatrier dans la capitale, qui porte son nom, la dépouille de Savorgnan de Brazza. |
Louviers, dimanche 7 mars.
Jean Emmanuel Prunier SVV. M. Frey. |
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Jules Noël (1810-1881), Pêcheur faisant côte, entre Fécamp et Étretat, huile, 71 x 110 cm. Estimation :
28 000/30 000 €.
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| Jules Noël face à la mer ! |
| Notre superbe marine figure en bonne place dans l’ouvrage consacré à Jules Noël par Michel Rodrigue et André Cariou. Paru à l’occasion de la grande exposition de 2005 et 2006, dans les musées de Quimper et de Dieppe, ce catalogue rend hommage à un artiste dévoué à la Bretagne et à la Normandie. Un attachement qui a mené Jules Noël jusqu’à mentir sur son lieu de naissance, Nancy et non Quimper comme il le laissait entendre, se rajeunissant au passage de cinq ans... L’homme est décidément facétieux, lui qui signe ses oeuvres d’un "N" inversé et adopte le prénom de Jules, quand son nom est Louis Assez. Il n’a que cinq ans lorsque ses parents s’installent à Quimper. Les talents de l’enfant seront vite reconnus. À treize ans, il entre à l’académie brestoise et suit les cours de Louis-Gabriel Charioux, qui lui offre son premier voyage à Paris. Là, Jules Noël se perfectionne auprès du paysagiste Jean-Victor Bertin, en même temps qu’un certain Corot. De retour dans sa chère Bretagne, Jules devient professeur de dessin, tout d’abord à Saint-Pol-de-Léon, puis à Lorient de 1835 à 1838, où il rencontre sa future femme. Il peint déjà de belles marines, exposées dans de nombreux salons. Le duc de Nemours deviendra un client mais également son bienfaiteur en lui obtenant, en 1847, la chaire de dessin au collège Henri IV de Paris. L’artiste occupera ce poste pendant trente ans. Dans son atelier, quai Malaquais, défilent alors de jeunes artistes avides de conseils, tandis que l’État lui achète de nombreuses oeuvres. Aux vacances scolaires, il file en Bretagne et en Normandie désormais facilement accessibles grâce au chemin de fer , y peignant avec bonheur des marines et des scènes de genre. Grand dessinateur, Jules Noël sait produire des oeuvres d’une précision absolue, doublée d’une parfaite maîtrise des couleurs - notamment son fameux vert posé après une sous-couche de jaune réfléchissant la lumière -, servie par une composition rigoureuse et efficace. Si la Bretagne reste la terre de coeur de notre artiste, la Normandie lui inspirera ses superbes marines. Les ciels tourmentés et les falaises déchiquetées ont visiblement accru son imagination ! |
Le Havre, dimanche 7 mars.
Le Havre Enchères SVV. |
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